Chronique Documentaire – Graphic Sexual Horror

Année : 2009

Durée : 86min

Genre : Documentaire  (interdit aux moins de 16ans – non précisé en réalité mais au vu du contenu, c’est un minimum)

Réalisatrices :  Anna Lorentzon, Barbara Bell

Résumé :

Une plongée documentaire sur l’envers du décor d’un des plus célèbres sites spécialisés en bondage et BDSM extrême, insex.com aujourd’hui fermé suite au mouvement antipornographie, site tenu par Brent Scott, plus connu sous le nom de « pd ».

Mon avis :

Attention, documentaire choc et réservé à un public très averti (et je pèse mes mots).

Je vais être honnête, j’ai vu ce documentaire entièrement en VO, je n’ai pas tout compris mais les images diffusées étaient suffisamment parlantes pour comprendre que ça ne rigole pas. Ce documentaire nous montre tout un univers un peu particulier : celui du bondage et du sadomasochisme extrême.

Tout d’abord, première chose qui m’a marquée et pas des moindres, dès les premières minutes du doc, une carte du monde apparaît avec plein de petits points jaunes illustrant les membres du site insex.com au moment de sa fermeture. Et, à la fois surprise et sans surprise, tout le continent nord américain et l’Europe sont devenus jaunes. Après tout, le site comptait pas loin de 35 000 membres en 2005 (à sa fermeture donc).

Puis, sans transition, on nous montre le règlement interminable avant de pouvoir se connecter au site lui-même. Et là, sans surprise non plus, on voit bien une clause qui, grosso modo, dit : « le site décline toute responsabilité si un membre reproduit ce qu’il voit et que ça tourne mal. » Ok, on comprend bien qu’on aura affaire à du porno extrême. Et que le créateur se protège d’éventuels procès. Normal, quoi. Après tout, si vous décidez de balancer votre femme attachée dans un aquarium géant sans précaution, il y a des chances que ça finisse aux urgences. Et dans un pays comme USA, coutumiers des procès en tout genre, vous pourriez très bien attaquer le site le justice. On voit que le créateur a aussi une certaine connaissance des notions juridiques et de ses propres limites.

Puis, entrecoupé d’images sans trucage aucun des diverses « modèles » attachées, souvent telles de vraies poupées de chiffons dans des contorsions à la limite du supportable, (en tant qu’ancienne gymnaste et danseuse classique, j’ai essayé de reproduire sans les attaches les positions… c’était à la limite de mes possibilités), supportant diverses tortures (comme l’asphyxie érotique, torture avec décharge électrique, pseudo-noyade) mais montré avec tout ce qui entoure la scène et les divers moyens pour assurer la sécurité des mannequins, et ce, le plus souligné possible, le créateurs mais aussi les modèles ainsi que le directeur de la société kink.com (un site dans le porno assez gratiné et assez spécialisé dans le SM, le gang bang ou même le porno gay) sont interviewés afin d’expliquer le pourquoi de leur fascination pour ce type de sexualité et d’images sexuelles, pourquoi les modèles acceptent de faire ce genre de choses etc.

Sans surprise, « PD » nous avoue qu’il a été très marqué par le kinbaku (l’art japonais des liens érotiques) et que, depuis, il désire explorer cette facette très particulière de la domination et de la soumission. De même pour les modèles qui n’hésitent pas à insister sur le côté expérimental de ce qu’elles peuvent endurer pendant ces séances très particulières.

Je ne pourrai pas tout vous expliquer, beaucoup de choses dans les interviews m’ont échappées. Je vais surtout revenir sur deux trois points qui m’ont marquée.

Tout d’abord, c’est un documentaire qui livre certes son lot d’images choc (le passage de la pseudo-noyade m’a honnêtement mis très mal à l’aise) mais c’est un documentaire instructif qui ne juge pas les pratiques de ces personnes. Il permet de les découvrir et d’en comprendre une certaine complexité. On peut éprouver (et ça a été mon cas) à la fois une certaine horreur (la suspension par les seins… OUILLE!!!!) mais aussi une certaine fascination. Ensuite, il livre aussi une réflexion sur l’industrie pornographique (qui, ne l’oublions pas, est une des plus florissantes, avec le marché des armes et de la drogue) et nous propose un début de piste à travers les intervenants. « PD » parle de lui-même d’une liberté créative. Il faut reconnaître que certaines mises en scène ont vraiment un côté artistique et recherché. Oui, il y a un public demandeur en matière d’images ou de vidéos pornographiques comme il y a aussi des amateurs de ce genre de mises en scènes et de pratiques sexuelles. Ces pratiques existent depuis la nuit des temps mais sont devenues beaucoup plus accessibles avec l’ère Internet.

Je n’ai pas objectivement d’avis sur ce documentaire. En toute franchise, il m’a un peu perturbé mais plus par la vision de la souffrance consentie des mannequins (et je me pose une question toute conne ; ces mannequins ont, pour la plupart, des seins silliconés… Comment les implants n’éclatent-ils pas quand elles sont fouettées??????). Bien sûr, comme toujours, il en est pour se demander l’impact de ces images sur ceux qui seraient tentés de les pratiquer. Mais pourquoi dans ce cas, n’interdirions-nous pas les ouvrages du marquis de Sade, la pornographie « classique », les films violents au cinéma si cela avait réellement un impact négatif sur la psychologie des personnes? Ce n’est que mon avis, mais un tueur ne se met pas à tuer UNIQUEMENT s’il a vu Saw ou un violeur ne se met pas à agresser des femmes ou des enfants après un film porno. L’influençabilité d’une personne dépend de tout un tas de facteurs éducatifs, environnementaux etc et pas uniquement d’un film ou d’images violentes et/ou pornographiques.

Bref, un documentaire subversif à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui permet une certaine découverte d’un monde très particulier.

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4 réflexions sur “Chronique Documentaire – Graphic Sexual Horror

  1. « j’ai vu ce documentaire entièrement en VO, je n’ai pas tout compris « : c’est clair que ça ne devait pas être tjs évident à comprendre. Sinon, je constate que ce docu (que je n’ai pas vu) s’inscrit ds la lignée des « Mondo », entre autres, faces of death.

  2. agossipcoco: je possède le dvd de Graphic et j’en avais touché deux mots sur l’article des films trash de naveton. Un shockumentary intéressant quoiqu’un peu répétitif. C’est vrai que le sous titrage manque cruellement. Mais niveau SM, c’est quand même léger par rapport à Eccentric Psycho Cinema par exemple. Par contre, je vois mal le rapport entrece doc et Face à la mort.
    à oliver: on pourra s’arranger pour que tu le voies celui là!

  3. à inthemood: c’est pr le côté documentaire et tortures que je fais la comparaison… Après, comme je ne l’ai pas vu, il est fort possible que les 2 films ne se ressemblent pas du tout

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