Chronique Manga/Anime – Claymore

Auteur : Norihiro Yagi
Type : Shonen
Genre : Fantastique, horreur
Editeur japonais : Shueisha
Prépublié chez Monthly Shonen Jump
Editeur français : Glénat
Nombre de volumes parus au Japon : 27 terminé
Nombre de volumes parus en France : 26 en cours
Nombre d’épisodes : 26
Opening : Nightmare -« Raison D’être »
Ending : Riyu Kosaka -« Danzai no Hana~Guilty Sky »

Résumé

Les humains sont terrorisés par des êtres démoniaques capables de se fondre parmi eux. Leur seule chance de survie réside dans les mains des Claymores, des femmes hybrides mi-humaines mi-démons qui possèdent des pouvoirs gigantesques, dépassant même ceux des démons. Habitant d’un petit village, Raki rencontre l’une d’entre elles, envoyée en mission pour trouver et exterminer le démon qui décime les siens. Subjugué par la beauté de la jeune fille, il va découvrir les terribles secrets qui se cache derrière l’organisation Claymore et le destin tragique qui attend chacun de ses membres…

Mon avis 

Laissez-moi vous présenter un de mes mangas et animes préférés : Claymore de Norihiro Yagi.

Je vais être franche. Au départ, je trouvais que le manga louchait un peu sur un autre poids lourd du manga de type heroic fantasy, à savoir Berserk de Kentaro Miura (qui est, rappelons-le, en cours de publication depuis 1989! et compte à ce jour, 37 volumes). En effet, on se retrouve dans un univers médiéval avec une mystérieuse guerrière répondant au prénom de Claire qui va de ville en ville avec une épée immense pour tuer des monstres, ce qui est assez proche des premiers chapitres de Berserk. Le symbole de cette Claire rappelle aussi le sceau maudit de Guts dans Berserk, comme Raki rappelle un peu Puk, les deux compagnons (inutiles, faibles et insupportables de nos deux héros). Mais si le pitch de départ est assez sembable à son illustre grand frère, Claymore parvient totalement à s’en démarquer avec sa propre histoire, ses personnages, à son style narratif et bien sûr à grâce à un style graphique qui s’améliore de chapitre en chapitre pour nous proposer des planches absolument sompteuses. On sent que Yagi prend de l’assurance et ne sent pas obligé de reprendre les codes qui ont fait le succès de Berserk pour proposer son histoire et nous faire pénétrer dans l’univers de Claire, Miria et les autres guerrières.

Je reviens dessus mais Claymore a au début beaucoup souffert de la comparaison avec Berserk qui, il faut le reconnaître, est un petit chef d’oeuvre. D’ailleurs, les deux premiers arcs des deux mangas sont assez semblables. Premier Arc « Présentation du héros/héroïne et de l’univers dans lequel il/elle évolue » puis, l’arc « flash-back » où l’on découvre la naissance et l’enfance de Guts pour Berserk, la rencontre entre Claire et la numéro 1 de l’époque, Thérèse la souriante et les évènenements qui ont conduit Claire à devenir une hybride mi-humaine mi-démon dans Claymore. Mais, déjà à la fin de cet arc, Claymore commence à prendre sa propre indépendance et à suivre sa propre voie. L’apparition de Riful avec l’Arc sur la Sorcière est l’un des premiers points qui se démarque de Berserk (bien que rappelant un peu le château où se terrait Zodd, l’un des Apôtres de la God Hand).

L’un des grands moments phare de la série a été l’Arc la Guerre du Nord qui, en terme de violence, dans un autre genre certes, se rapprochait du banquet de Berserk. En effet, pas de viol dans cette Guerre mais plus de vingt guerrières, consoeurs de Claire, perdent la vie dans un conflit durant lequel elles savaient qu’elles ne représentaient que des pions sacrifiés. D’ailleurs, durant cet arc, je me suis demandée si Claymore n’était pas plutôt un Seinen (manga pour adulte) qu’un shônen (manga pour adolescent). C’est d’ailleurs durant cet arc que le talent de dessinateur de Nagi s’est pleinement révélé. L’éveil (ou l’exaltation, selon la traduction Glénat) de Claire, donc une transformation en monstre a été particulièrement soigné.

Les Arcs suivants avec quelques détours (découverte des capacités particulières des Numéro 1 et Numéro 2 en place, Alicia et Beth, flash back du passé de Raphaëlle qui restent très intéressants) ont marqué un véritable tournant dans l’intrigue puisqu’on entre plus dans l’ère Miria et sa quête de vengeance envers l’Organisation qui les employait et que, désormais, les sept survivantes à la guerre doivent absolument échapper. Sans devenir un personnage secondaire, Claire s’efface (sans pour autant oublier ses propres objectifs) et Nagi nous développe chaque personnage, bien plus individuellement. Le point noir, c’est que, comme Naruto en son temps, Nagi offre une foule de personnages et n’en développe que peu, à comparaison. (D’un autre côté, chaque génération de guerrières compte 47 soldates, sans compter tous ceux et celles ayant survécu et/ou sont devenus des monstres, sur plus de 70 générations. Ce n’est pas 27 tomes qu’il faut pour pouvoir tous nous les présenter mais bien des centaines).

L’autre point noir du manga, c’est sa fin. A la décharge du mangaka (et aussi tout à son honneur), il a tenu à terminer son histoire en raison d’une loi en cours de débat au Parlement japonais sur la censure dans les médias (y compris les mangas) sous la pression de groupes luttant contre la pornographie et la violence dans les médias (les mangas et les oeuvres animées étaient particulièrement visés). Comme d’autres mangakas, en signe de protestation, Nagi a choisi de stopper son oeuvre (comme le fit également, l’auteur de Naruto). Qu’on le veuille ou non, l’art du manga contribue au rayonnement du Japon dans le monde et, vouloir les censurer risquerait (et à raison) faire perdre ce qui fait le succès du manga, non seulement au Japon mais aussi dans le monde occidental (notamment en France, deuxième pays consommateurs des BDs nipponnes.) A l’heure où la censure et la question de la liberté d’expression est plus que jamais d’actualité, Nagi a pris de gros risques en interrompant son manga qui avait son public. Je trouve, très personnellement, sa démarche courageuse. Fin de la parenthèse.

Donc, pour revenir à la fin elle-même, même si l’histoire est quelque peu expédié avec pas mal de power up dans tous les sens (nous rappelant DBZ ou Naruto), on ne peut pas passer sur les plus belles planches du manga. Imaginer des monstres et variés qui plus est est un des gros points forts de Nagi. Que ce soit la fusion Raphaëlle/Lucielle en une arme de destruction massive, l’éveil des anciens Numéros, Hystéria, Roxanne, Cassandre ou Octavia, Nagi frappe très fort dans le changement de ces filles au visage d’ange en monstre absolument effrayent (surtout Cassandre, elle faisait bien flipper).

Concernant l’anime, il est très fidèle aux 11 premiers volumes, presque à la case près avec un chara-design fidèle à l’oeuvre d’origine. Les musiques sont belles et l’ending est vraiment un de mes favoris. C’est toutefois regrettable que le studio l’ait stoppé, offrant une fin totalement ridicule (deux épisodes) en comparaison du reste de l’anime.

En conclusion, Claymore est une petite perle de manga, souvent délaissée mais qui mérite qu’on le découvre. Des rumeurs circulent comme quoi Nagi reprendrait Claymore mais d’un tout autre point de vue. Certains avancent que le manga se passerait avec Irène le sabre véloce. Mais aucune information n’est pour le moment venir confirmer ou infirmer ces rumeurs. En croisant les doigts…

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2 réflexions sur “Chronique Manga/Anime – Claymore

  1. Je viens de finir Claymore et je dois dire que je reste sur ma faim tellement ce manga est bien. J’aimerais bien que Norihiro le reprenne comme Masashi avec Boruto. Très bon article que tu as écrit sinon.

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