Chronique Anime – Ghost in the Shell – Stand Alone Complex

Titre : Ghost in The Shell – Stand Alone Complex
Genre : drame, aventure, science fiction, cyberpunk, postcyberpunk, action, policier, film noir
Réalisateur : Kenji Kamiyama
Épisodes : 26

Résumé

« C’est une époque où toutes les consciences ont été converties en photons et électrons dans un unique complexe. Seuls les individus indépendants du système n’ont pas été convertis. »

La série se déroule en 2030 dans une ville de « Niihama-shi », nouvelle capitale du Japon dans un monde qui a connu une Troisième Guerre mondiale nucléaire et une quatrième conventionnelle. Elle raconte l’histoire d’une brigade d’intervention spéciale appelée Section 9 de la Sécurité Publique, ou plus simplement la « Section 9 ». GitS : SAC met en scène les exploits des agents de la Section 9, qui sont issus de l’armée (Batô) ou de la police (Togusa), et la façon dont les événements les affectent alors qu’ils tentent de résoudre chaque cas, ce qui finira par les conduire au personnage mystérieux appelé The Laughing Man (Le Rieur) par les médias.

La Section 9 de la Sécurité Publique est une unité d’élite de sécurité intérieure chargée de prévenir les actes criminels et terroristes liés à la technologie. Ses principales missions sont les enquêtes sur les cyber-crimes importants (infiltration, prise de contrôle de cyber-cerveaux ; cyber-terrorisme), sur les scandales qui touchent des membres du gouvernement et aussi sur des cas de meurtres commis par des personnalités. De temps à autre, la Section 9 assure également la protection de dignitaires nationaux et étrangers.

La série est émaillée de nombreuses références littéraires depuis Des fleurs pour Algernon dont un des épisodes s’inspire directement, en passant par Infinite Jest de David Foster Wallace, L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger qui est cité de manière récurrente et plus généralement l’univers du Neuromancien de William Gibson à l’origine du concept de cyberespace.

L’affaire du Rieur est inspiré d’un fait divers réel et des scandales financiers des années 1980 au Japon.

L’intrigue est articulée sur le concept du double et l’existence de nombreux imitateurs en référence à la théorie mémétique (un des épisodes de la saison 1 s’intitule d’ailleurs en anglais mème) et aux Copycats.

Mon avis

Pour cette chronique, j’ai choisi sciemment de vous présenter uniquement la saison 1 de l’oeuvre Ghost in the Shell (abrégé GitS) de Masamune Shirow. Faire une chronique sur l’ensemble de l’oeuvre qui compte pas loin de sept films d’animation (en comptant la série de films Arise), les deux saisons de la série animée et bien sûr l’oeuvre papier, ce qui rendrait trop compliquée à chroniquer et à analyser en un seul et unique article. La saison 1 est considérée, à juste titre, comme plus facilement abordable que les films Ghost in the Shell et Ghost in the Shell : Innoncence qui auront droit à leur chronique prochainement.

Tout d’abord, pour commencer et mieux comprendre l’univers complexe de GitS, je vous propose quelques petites notions à la fois de l’oeuvre mais aussi de l’univers informatique. Dans GitS, le Ghost est la référence de l’âme humaine. Ce qui différencie entre l’homme au sens large (donc comprenant les humains en partie, totalement ou non cybernétisés) et la machine  pure (avec ou sans intelligence artificielle). Mais dans le monde informatique, le vrai, le nôtre, il existe un logiciel appelé Ghost (General Hardware-Oriented System Transfer) dont le but est de dupliquer ou plus exactement de cloner des disques durs, permettant d’éviter de fastidieuses réinstallations dans un parc informatique par exemple. Bien que GitS soit antérieur à la création de ce logiciel, on peut presque considérer que les Ghost dans GitS sont des clones de l’âme (le cas de l’héroïne est évidemment le plus parlant puisque seul son cerveau semble être d’origine, on peut se poser la question si c’était vraiment son cerveau quand elle était humaine). A noter la différence entre un cyborg et un androïde : le cyborg est un humain à l’origine, il est robotisé par exemple suite à un accident ou pour des objectifs militaires et conserve une part de sa conscience qui fait qu’il reste humain. L’androïde n’est ni plus ni moins qu’une poupée dotée d’une intelligence artificielle plus ou moins développée en fonction de ses attributions (un androïde domestique sera moins évolué par exemple qu’un androïde de combat).

Autre point essentiel à savoir concernant la série, on distingue deux types d’épisodes, les Stand Alone en vert, qui peuvent être regardés de façon indépendantes et les Complex qui correspondent à l’intigrue du Rieur et se suivent.

L’oeuvre connue pour aborder des thématiques comme, bien évidemment la relation mais aussi la frontière entre l’homme et la machine, la définition même de l’humanité dans un monde ultra connecté, la définition de l’être vivant, l’émergence d’une conscience collective ou même d’une forme de vie à partir du réseau informatique, les lois de la robotique, ces thèmes sont largement développés dans la série et propose, à la fois à travers les histoires stand alone et à travers l’intrigue du Rieur des pistes de réflexions. Kusanagi en particulier soulève probablement le plus la thèmatique et la question  de ce qu’est l’humanité durant une ère où la frontière n’existe plus ou presque plus. Entièrement cybernétisée, la jeune femme semble inhumaine avec une personnalité froide, détachée, parfois cynique, cruelle et sans pitié. Mais certains épisodes nous montrent qu’elle n’est pas insensible, comme l’épisode sur les étudiants qui s’adonnent au trafic d’organe. Togusa pose même cette question durant cette épisode : « de quel espèce appartient le Major? ».

Mais bien sûr, le thème dominant de la série qui est présent dans le titre est le Stand Alone Complex, littéralement le complexe de la solitude que l’on peut résumer par cette phrase : « L’absence d’original qui produit des copies sans original. » A travers cette définition, on peut y englober le terrorisme, les phénomènes de mode, les comportements d’imitateurs ou même le phénomène des Anonymous. Dans une société où l’impact des images et des médias influencent forcément, consciemment et mais aussi inconsciemment, les individus qui la composent, ce type de phénomène possède à la base un terreau fertile pour s’y développer. Les derniers attentats en sont un parfait exemple mais aussi les différentes actions des Anonymous, quand ils ont fait parler d’eux lors l’Acta ou pour dénoncer certains comportements (les cas de harcèlement en ligne). D’ailleurs, on peut faire un véritable parallèle entre Anonymous et le personnage du Rieur. Dans les deux cas, n’importe qui peut devenir Anonymous ou devenir le Rieur.  L’épisode « La Sarabande des imitateurs » est le plus illustratif de ce phénomène.

L’épisode final de la série est sans doute le plus marquant, par la découverte de l’identité du Rieur, ou plutôt, d’une autre copie du Rieur original mais aussi par les nombreuses références littéraires (avec Salinger), travaux sociologiques (ceux de Fredric Jameson et Masachi Osawa sur la régulation sociale) ou même cinématographique avec une citation de Dziga Vertov qui permet d’attiser une certaine curiosité et d’approfondir plus avant les thématiques de la série. Cette dernière ne propose pas de solution toute faite ou de réponse claire aux questionnements mais invite clairement le spectateur à s’interroger sur un monde qui, au regard des évolutions technologiques, ne paraissent plus si futuristes que cela. Chaque jour apporte de nouvelles découvertes, notamment sur le plan médical avec des greffes ou des implants qui auraient paru inimaginables il y a encore de cela une dizaine d’années. Entre une main robotisée que l’on a vu pour le petit garçon créée grâce à une imprimante 3D et un cerveau boosté à la GitS, la frontière semble devenir plus mince. Sans parler de l’hyperconnectivité qui devient là aussi une réalité tangible. Il s’agit aussi d’une thématique de la série. Dans une société où on peut se connecter sur Facebook et autres réseaux sociaux via son smartphone  ou même une montre à presque n’importe d’où sur la planète, il ne semble plus si inenvisageable d’ici quelques années, si on excepte évidemment, des questions ethiques, que l’on puisse se connecter directement depuis son cerveau. Il existe même des petites sociétés, notamment aux Etats-Unis, un peu secrètement il faut le dire, qui tentent de réaliser ce rêve en essayant d’implanter des puces électroniques permettant d’exécuter des tâches à distance comme ouvrir son garage via le réseau nerveux. Peut être même que l’immortalité ne sera plus symbolisée par des créatures mythologiques comme le vampire mais par la possibilité de télécharger sa conscience sur le Net. (oui, je vais très loin). Le transhumanisme sera (et commence à l’être) très certainement la prochaine étape de l’évolution de l’espèce humaine.

Concernant les graphismes de la série, ils sont vraiment soignés et ne baissent pas en qualité au fil des épisodes. Les musiques sont toujours très belles.

Pour moi, cette série figure parmi mon top 10 des meilleurs animes que j’ai pû regarder.

A découvrir!

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2 réflexions sur “Chronique Anime – Ghost in the Shell – Stand Alone Complex

    • J’ai même presque envie de dire mon top 3. Mais oui, je te recommande vraiment cette série et aussi les films (le 1er est un peu « vieux » mais c’est l’un de mes films préférés). Les films sont plus compliqués car il y a beaucoup de références à de nombreux domaines, en particulier les nouvelles et les hautes technologies et si on est pas familiers avec ces notions, cela peut apparaître un peu difficile à appréhender.

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