Chronique film – Le Troisième homme

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Titre : Le Troisième Homme
Réalisation : Carol Reed
Scénario : Graham Greene, Alexander Korda, Carol Reed et Orson Welles (les trois derniers non crédités)
Genre : Film noir, Thriller
Durée: 104 minutes / 93 minutes (USA)

Résumé :

L’Américain Holly Martins, petit écrivain besogneux, se rend à Vienne sur l’invitation de son ancien compagnon d’études Harry Lime, qui lui a fait miroiter l’occasion de gagner de l’argent. Mais il y arrive pour assister aux obsèques de son ami, qui a été écrasé par une voiture dans la rue. Désireux d’en savoir plus, Martins rencontre d’anciens amis de Lime, tous quelque peu louches. Officiellement, deux d’entre eux auraient recueilli le corps de Lime juste après l’accident. Mais le concierge de l’immeuble où habitait Lime assure qu’un troisième homme se trouvait là.

Le concierge est retrouvé assassiné peu après. Martins échappe de justesse à des tueurs. Un officier de la police militaire britannique, le major Calloway, lui déclare que ce qu’il a de mieux à faire est de quitter Vienne, et lui révèle que Lime était impliqué dans un réseau qui trafiquait de la pénicilline frelatée sur le marché noir. Martins choisit de rester, résolu à tirer au clair cette affaire et à identifier le troisième homme, soupçonnant que Harry Lime puisse en fait être toujours en vie, et attiré aussi par Anna, l’amie de Harry.

Martins va aller de surprise en surprise dans les décombres de cette Vienne misérable et cynique de l’immédiat après-guerre, divisée en quatre secteurs d’occupation alliés. La ville est dépeinte par Carol Reed avec un véritable souci documentaire, et en même temps la force d’un style cinématographique qui se ressent de l’influence de l’expressionnisme allemand.

Mon avis

Une semaine avant le Nanowrimo, donc qui annoncera probablement un mois sans chronique du tout, j’ai décidé de rédiger au moins deux chroniques et pour cela, j’ai décidé de vous proposer en premier lieu l’un des films qui a marqué mon adolescence et probablement mon goût pour le cinéma, en particulier pour le cinéma en noir et blanc.

Découvert grâce à une prof qui nous aimait à nous à intéresser à des oeuvres visuelles ou littéraires en un peu en dehors du circuit classique ou qui n’aurait pas attiré des adolescents de treize ans (oui, je l’avoue, je n’aurai probablement pas regardé en dehors de ce cadre à cet âge, j’aurai plutôt préféré voir MIB ou Bad Boys), Le Troisième homme est un bijou du cinéma britannique et cinéma noir où on y retrouve deux grands noms sacrés du 7eme Art : Joseph Cotten et Orson Welles.

Ce qui se présente comme la quête de vérité d’un homme empli d’illusions lors de son arrivée sur celui qu’il considère comme un ami dans une Vienne d’après-guerre et qui porte encore les stigmates,  Le Troisième Homme est aussi une galerie de personnages, tous marqués par la guerre et ses désastres, cherchant chacun à tirer parti de la situation d’un monde en reconstruction, à commencer par le héros, idiot un peu heureux en quête de lendemains qui chantent, les amis de Limes, cyniques et escrocs sans scrupules, prêts à vendre de la pénicilline frelatés pour quelques billets, la troublante actrice Anna à la beauté de glace, amoureuse éplorée d’un homme qui prétend l’aimer mais qui, finalement ne représente qu’un faire-valoir, jouant des comédies pour faire oublier la misère, dont le physique et la classe rappelent ces femmes de films noirs, d’Ingrid Bergman ou Lauren Bacall, et aussi Limes lui-même qui est finalement le vrai héros de l’histoire, « baladant » son « ami » et reste celui par qui tout arrive, passant de l’ami généreux au le vil profiteur cynique qui n’hésite pas à mettre en scène sa mort pour fuir la police. La venue de son « ami », ironiquement, sera l’artisan de sa propre chute. Finalement, à travers le polar, Carol Reed nous montre finalement une Vienne occupée, à moitié en ruine comme une sorte de documentaire. Le parcours de Martins, écrivain raté qui considère tous les policiers comme des shérifs, verra peu à peu les illusions du personnage s’effriter et douter de l’honnêteté des gens qui gravitent autours de lui avant de perdre totalement à la fin, à la fois celui qu’il considèrait comme son meilleur ami et la femme qui l’attirait, pour repartir en Amérique, désabusé et, quelque part, brisé.

L’une des forces de ce film, c’est la beauté de ses grands moments cultes, comme l’éclairage soudain du visage de Limes (Orson Welles) dans l’embrasure de la porte qui ajoute du mystère et de la fascination d’un personnage adoré, craint ou détesté, la course-poursuite dans les égoûts, moment unique de cette ambiance propre aux films noirs. Les cadrages, considérés comme innovants pour l’époque, offre un visuel de très haute qualité encore aujourd’hui. Les ombres comme l’éclairage sont au diapason pour un des films pionniers sur des effets de style comme le cadrage oblique. On y ressent toute l’influence du cinéma expressionniste allemand, comme les films de Fritz Lang dans un condensé parfaitement maîtrisé.

La célèbre musique à la cithare joué par Anthon Karas rythme le film et reste pour moi l’un des bande-son que j’apprécie toujours autant.

Pour moi, indéniablement, Le Troisième homme est un grand classique qui est classé dans mon top de mes mes films favoris.

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2 réflexions sur “Chronique film – Le Troisième homme

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