Chronique film – Trainspotting


Réalisation : Danny Boyle
Genre : Drame (interdit aux moins de 16ans)
Durée : 94 minutes

Résumé

Trainspotting décrit la vie tragi-comique d’un groupe de jeunes marginaux, accros à l’héroïne, dans la ville d’Édimbourg. Mark Renton, au chômage, comme la plupart des jeunes Écossais de sa génération, pose un regard lucide sur sa condition de drogué. Renton traîne dans la banlieue d’Édimbourg avec ses copains : Sick Boy (un fanatique de James Bond perfide et tombeur de filles), Spud (un crétin sympathique et docile), Begbie (un dangereux désaxé cherchant toujours la bagarre) et Tommy (un gars honnête et adepte de la musculation). Pour pouvoir se payer l’héroïne qu’ils prennent, sauf Begbie (qui s’en tient à l’alcool) et Tommy (qui ne touche à rien et mène une vie saine), dans l’antre du dealer Swanney (surnommé la « Mère supérieure »), ils commettent de petits délits.

Mon avis

Pour ma reprise de chroniques de films post-Nanowrimo, je vous propose une chronique sur mon film préféré, le film qui a initié mon intérêt pour le cinéma, notamment ce que je considère comme l’underground (même si Trainspotting n’entre plus dans cette catégorie).

Tout d’abord, Trainspotting est un film générationnel. Sortie en 1996, Trainspotting est, comme Requiem for a Dream ou Moi Christian F., d’abord un film sur une génération post-68, loin des lendemains qui chantent, loin de la période du plein emploi, en pleine épidémie du SIDA, désenchantée, paumée, livrée à elle-même, plus tentée par les paradis artificiels que par le métro-boulot-dodo et surtout qui n’a pas envie de finir comme leurs parents. La célèbre introduction du début : « Choisir sa vie. Choisir un boulot. » avant de conclure par « Pourquoi ferai-je une chose pareille? J’ai choisi de ne pas choisir la vie. » entre directement dans le vif du sujet, celui de jeunes adultes qui ne trouvent de raison de vivre et d’être que dans l’addiction ou la déliquance (drogue, alcool, défier la société).

Renton, pur anti-héros, avec sa bande de copains, aussi loosers les uns que les autres, cherche dans un premier temps à sortir de la drogue en utilisant des méthodes quelques peu douteuses avant de replonger les deux pieds dedans dans une fuite en avant et qui symbolise cette déchéance où les efforts ne sont pas toujours récompensés à leurs justes valeurs. La déréliction des personnages, y compris de Diane, la copine de Renton, s’incarne également dans les lieux où évoluent nos héros junkies avec, bien évidemment, le célèbre passage des toilettes les plus répugnantes d’Ecosse mais aussi l’appartement ou plutôt le squat sordide où ils se retrouvent tous pour se défoncer à l’héroïne.  Malgré l’humour très caustique et les répliques devenues cultes, au delà même de la thématique de la drogue, Trainspotting est aussi un cri de désespoir, un gros fuck de la part de toute une génération à l’attention d’une société décadente et individualiste qui a abandonnés ceux qu’elle était censée protéger au chômage et à l’ennui.

 Chaque personnage incarne une facette de cette jeunesse désespérée et égocentrique qui a renoncé et même rejeté les valeurs des générations précédentes. Même « l’amitié » qui lie nos protagonistes haut en couleur est une amitié de surface qui ne résiste ni aux ravages de la drogue ni à la tentation de l’argent facile. La mort de Tommy marque la fin de ce lien qui unit les héros puisqu’à peine mort et enterré, ses anciens potes ne pensent déjà qu’à revendre la drogue de Mikey Forrester pour avoir de l’argent. Le jeu des acteurs est excellente, notamment l’interprétation délirante de Robert Carlyle (Begbie) et de Ewen Bremner (Spud).

La bande-son avec les chansons d’Iggy Pop ou de Blur se fond parfaitement dans le décor et l’ambiance particulière et déjantée du film. On remarquera le petit clin d’oeil aux Beatles quand Renton et ses amis se rendent à l’hôtel pour revendre la drogue.

Pour conclure, Trainspotting est un film, non seulement qui a lancé la carrière d’Ewan McGregor, mais qui a su mettre, à travers l’humour très noir, la déchéance de toute une frange de la jeunesse qui s’est reconnue à travers les personnages.

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5 réflexions sur “Chronique film – Trainspotting

  1. Un film culte, à la fois « léger » et sombre, qui arrive à délivrer un message fort. Les acteurs sont tous top, la réalisation est énergique, la BO culte… J’ai très hâte de découvrir la suite qui est en préparation ! 😀

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