Chronique film – The Girl Next Door (2007)

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Réalisation : Gregory M. Wilson
Genre : Dramatique – Thriller (interdit aux moins de 16ans)
Durée : 91 min

Résumé

Dans les années 1950, nous assistons à la vie d’un jeune garçon, David Moran (Daniel Manche), dont la voisine, Ruth Chandler (Blanche Baker), alcoolique, vit entourée de tous les enfants du quartier qui ont fait de sa maison leur terrain de jeu.

Les deux nièces de Ruth, Meg (Blythe Auffarth) et Susan (Madeline Taylor), lui sont confiées lorsque les parents de ces dernières meurent dans un accident.

Rapidement, les deux jeunes filles deviennent la cible d’insultes, de coups, de tortures et d’abus sexuels de la part de Ruth, assistée par ses fils et quelques enfants du quartier.

Mon avis

La voici, la voila, je vous propose enfin ma chronique sur le film The Girl Next Door (2007), un film absolument terrifiant et bouleversant sur l’enfance violée et détruite alors…

Attention, film choc et perturbant en perspective!

Adapté du roman éponyme de Jack Ketchum, The Girl Next Door relate un fait divers absolument sordide dans l’Amérique des années 60, le long calvaire de Sylvia Likens battue par sa famille d’accueil, en particulier par Nadine Baniszewski Gertrude. Au bout de plusieurs semaines d’horreur, après un ultime acte de cruauté sans nom, la malheureuse Sylvia perdra la vie. Sa tortionnaire sera condamnée à la réclusion à la perpétuité mais sortira au bout de 18 ans de prison. Je n’aime pas parler de religion mais, sincèrement, j’espère que cette ordure subit en enfer tout ce qu’elle a fait subir à cette jeune fille.

Le maître de l’épouvante, Stephen King, dira de ce film : « C’est le premier film américain réellement choquant que je vois depuis Henry, portrait d’un serial killer il y a plus de 20 ans. Si vous êtes facilement perturbé, ne regardez pas ce film. Si par contre vous êtes prêts pour un long voyage en enfer, façon banlieue, The Girl Next Door ne vous décevra pas. C’est la version « face cachée de la lune « de « Stand by Me« . ». Et en effet, avec ce film, on plonge directement en Enfer, l’enfer de Sylvia/Meg torturée, martyrisée, abusée durant des semaines non seulement par la femme censée prendre soin d’elle mais aussi par les fils de cette dernières et quelques enfants du quartiers, rendant ce drame familiale encore plus abject, dans cette atmosphère particulière des années 50-60 et on se surprend à chercher du regard les héros de Stand By Me.  De plus, le début et la fin semblent se référer à leur illustre modèle où l’on retrouve le seul personnage qui a tenté d’aider Meg, devenu désormais adulte mais encore hanté par ce passé tragique et la perte de son premier amour.

Le point fort de ce film, c’est qu’il ne tombe pas dans le voyeurisme avec une sucession de tortures de plus en plus éprouvantes mais il n’en résulte pas moins un profond malaise face à la souffrance endurée par la victime et la cruauté dont peuvent faire preuve des enfants lorsque ceux-ci sont en plus encouragés par un adulte. Filmé du point de vue de Meg et du point de vue de David, on suit la longue descente en enfer d’une jeune fille et la destruction de l’innocence et de l’enfance. Au delà de cette thématique de l’enfance martyrisée, brutalisée, foulée au pied, on y retrouve ce passage délicat entre l’enfance et l’âge adulte, non seulement à travers David mais aussi des autres enfants et adolescents du film, qui,  en tentant de devenir des hommes, suivent les conseils du pire exemple qui soit.

Comment alors ne pas éprouver un sentiment de colère et de révolte quand, sous prétexte de les endurcir, un adulte incite des enfants à en frapper un autre qui ne peut se défendre, les félicite alors qu’ils réduisent ce même enfant à l’état d’épave ou les réprimande parce qu’ils n’ont pas cogné assez fort ? Les adultes, censés servir de modèle et d’exemple, semblent étrangement absents ou peu impliqués dans la vie de leurs enfants et la seule personne qui joue ce rôle est cette femme monstrueuse qui a inversé les valeurs morales. Au delà de l’horreur, il s’agit d’abord d’un drame dans une cellule familiale où les repères classiques ont volé en éclat derrière les rideaux proprets d’une maison typique d’une banlieue américaine. Personne ne semble s’inquiéter réellement du sort de Meg hormis David qui tente de sauver son amie de la cruauté de sa tante. La fin, inéluctable et tragique, m’a, je l’avoue, profondément émue. Je ne ferai pas le détail de tout ce qu’a infligé la tante envers sa nièce mais sachez cependant que ces tortures ont véritablement été commises sur la jeune fille. L’humain est vraiment un loup pour ses congénères et cette tragique histoire en est malheureusement une illustration de plus.

Le jeu des acteurs, tous d’illustres inconnus, est irréprochable, le réalisateur a su planter à la fois le contexte et les protagonistes de cette terrible affaire, d’où le fait qu’il s’agit bien d’un drame et non d’un film d’horreur classique. On peut même dire que ce film rappelle douloureusement que, non seulement la maltraitance est majoritairement commise par des membres de la famille ou des proches mais cette maltraitance qui doit être dénoncée et sévèrement punie continue dans le silence et l’indifférence coupable de ceux qui pourraient protéger les victimes.

En conclusion, je ne peux pas dire que j’ai aimé The Girl Next Door dans le sens classique du terme mais c’est un film incroyablement poignant qu’il faut voir.

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2 réflexions sur “Chronique film – The Girl Next Door (2007)

  1. Content qu’il t’ai plu. Enfin plu, je ne sais pas si c’est le terme. Mais le film est à la fois touchant et bouleversant. Grosse claque pour ma part

    • Ce qui est paradoxal, c’est qu’on ne peut pas dire qu’on l’aime mais en tout cas, il ne laisse pas et ne peut pas laisser indifférent. Et on ne peut que repenser à toutes les affaires de maltraitances qui, malheureusement, sont encore légion et font la une des journaux. Assurément, une claque, ce film.

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