Chronique film – Sexe Intentions (Cruel Intentions)

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Réalisation : Roger Kumble
Genre : adaptation, drame
Durée : 97 minutes

Résumé

L’histoire se déroule à Manhattan au sein de la haute bourgeoisie américaine.

Kathryn Merteuil, étudiante populaire et très respectée d’une grande université américaine, reçoit Madame Caldwell et sa fille, Cécile, pour préparer la rentrée de l’adolescente dans cet établissement de renom. Elle a en réalité décidé de se venger de son ancien petit ami, Kurt Reynolds, nouvellement épris de Cécile Caldwell. Pour ce faire, elle demande de l’aide à son demi-frère par alliance, Sebastian Valmont.

Mon avis

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos est un de ces grands classiques de la littéature française et qui a connu de nombreuses adaptations cinématographiques ou télévisuelles, l’adaption la plus célèbre (et aussi la plus fidèle à mon avis) restant bien évidemment celle de Stephen Frears avec Glenn Close (Madame de Merteuil), John Malkovich (Valmont), Michelle Pfeiffer (Madame de Tourvel), Uma Thurman (Cécile de Volanges) et Keanu Reeves (Danceny). Le roman, avant même d’être un simple croisement de passions amoureuses, est d’abord une critique féroce d’une société en pleine déliquescence avec une aristocratie en fin de règne et en pleine débauche. Ecrit en 1782, soit 7ans avant la Révolution française, on y perçoit les derniers feux d’un monde à bout de souffle.

Sexe Intentions (Cruel Intentions en VO) se veut une transposition moderne du roman et reprend peu ou prou les grandes lignes de l’intrigue mais oublie l’essence et le message du roman. Totalement calibré pour les ados, l’histoire se passe désormais dans les quartiers très chics de Manhattan avec l’étallage de bling bling d’une jeunesse dorée à la Gossip Girl (je soupçonne d’ailleurs Cécile von Ziegesar de s’être largement inspirée du film pour écrire sa saga Gossip Girl adaptée à son tour en série TV).

Là où Glenn Close avait eu l’immense talent d’incarner véritablement une Marquise de Merteuil raffinée, dissimulant sa perversité sous le visage d’une veuve vertueuse à la réputation irréprochable, Sarah Michelle Gellar, malgré des efforts visibles, n’atteint pas le niveau de cruauté de son illustre aînée. Il est vrai que l’exercice était difficile, Glenn Close qui sait, à chacun de ses rôles de méchante, parfaitement faire ressentir toute la malveillance d’un personnage non seulement dans la façon de parler mais surtout dans son regard et l’expression de son visage et a su le porter à un très haut niveau dans ses Liaisons dangereuses. Je le cacherai pas, j’ai adoré Sarah dans la série Buffy mais j’ai eu du mal à accrocher à la Sarah dans Sexe Intentions. On sent trop qu’elle veut justement casser l’image de tueuse de vampire qui lui colle à la peau.

Quant au rôle de Valmont, joué par  Ryan Phillippe, il est lui aussi, très loin du jeu de John Malkovich, sombrant presque dans le mélo lorsque Annette tombe dans ses bras. Le personnage du roman est un personnage réellement blasé, à la personnalité bien plus complexe qu’un simple homme à la recherche d’un amour pur et sincère comme présenté dans le film.

Je ne vais pas non plus m’attarder sur les autres personnages, en particulier Cécile qui est juste insupportable.

L’un des rares bons points du film reste la bande son qui fait partie des bandes son avec chansons que j’apprécie de ré-écouter. Mais malheureusement, ce n’est pas suffisant pour sauver tout un film.

En conclusion,  cette adaptation est très loin d’être aussi sulfureuse que son modèle malgré la tentative à travers quelques scènes restées célèbres (le baiser entre Cécile et Catherine notamment) et un langage plus direct que dans le film avec Glenn Close. Mais tout ce qui faisait l’essence de l’oeuvre littéraire et de ses personnages a été passé à la trappe. Dommage car cela partait d’une bonne intention (sic) mais le modèle est bien meilleure que la copie.

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6 réflexions sur “Chronique film – Sexe Intentions (Cruel Intentions)

    • Très perso, je te recommande plutôt la version avec Glenn Close, elle est vraiment la version qui non seulement respecte le mieux le roman mais les acteurs ont su transcender les personnages qu’ils ont incarnés. Après Sexe Intentions peut être amusant à regarder.

  1. Les liaisons dangereuses version « teenagers », donc un thriller bancal qui cherche avant tout à séduire le public prépubère. C’est finalement son plus gros point faible puisqu’il passe totalement à côté de l’essence même du roman

    • Tout à fait. Comme quoi, réussir une adaptation d’un livre en film, ce n’est pas juste respecter l’intrigue mais aussi savoir lire entre les lignes.

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