Chronique film – La Chute (Der Untergang)

Réalisation : Oliver Hirschbiegel
Genre : Drame, historique, guerre
Durée : 148 minutes

Résumé

Berlin, avril 1945. Le IIIe Reich est à l’agonie. Tandis que les Soviétiques préparent l’offensive finale contre les troupes allemandes défendant Berlin, Adolf Hitler se réfugie dans son bunker en compagnie de ses proches et de son état-major. Malgré l’imminence de l’inévitable défaite, le Führer s’obstine à continuer la lutte, et ce malgré le manque toujours plus criant d’effectifs et de munitions.

Le film présente ainsi les douze derniers jours de la vie d’Adolf Hitler passés dans son bunker, lors de la bataille de Berlin et les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. L’action suit les points de vue des témoins de cette période, dont principalement Traudl Junge, la dernière secrétaire d’Hitler.

Mon avis

Voici une toute nouvelle chronique sur un film hautement polémique, à savoir La Chute qui relate les derniers jours d’Adolf Hitler, enfermé dans son bunker ainsi que de ses derniers fidèles et de leurs sorts alors que le IIIeme Reich s’écroule et que Berlin n’est plus qu’un champ de bataille. Il s’agit, en ce qui me concerne, d’une chronique qui me sera sans doute difficile à rédiger mais ce que je pense de ce film est très personnel et n’engage évidemment que moi.

Je vais être honnête, c’est un film que j’ai apprécié.   Il m’a happé totalement et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, la première des raisons et pas des moindres, c’est la prestation de Bruno Ganz en Hitler en fin de règne qui est sans doute l’une des meilleures que j’ai pu voir jusqu’à présent. On sent qu’il a étudié soigneusement tous les aspects d’un des plus terribles dictateurs et meurtriers du XXeme siècle pour parvenir à l’incarner. Il s’agit très certainement d’un personnage historique le plus difficile à jouer, sans tomber dans l’exagération ou le grand guignolesque, comme on le voit souvent. Et Ganz insuffle totalement la mégalomanie, l’enfermement dans ses délires, ses colères et ses ordres contradictoires alors que tout s’écroule, surtout l’édifice de mensonges, d’illusions et de manipulations de la réalité qu’il avait bâti sans pour autant tomber dans certains excès comme dans la Rafle. Mais pas que.  L’une des polémiques autours de ce film est d’avoir humanisé l’un des pires tyrans que l’humanité ait connu. Ce qu’on oublie, c’est qu’Hitler était bien un être humain, pas un extra-terrestre ou une sorte du super monstre sorti de l’enfer. Pour moi, proposer un film où l’on voit Hitler avec son chien ou sa femme, Eva Braun, n’est pas là où pour absoudre, éprouver de la sympathie ou pardonner, bien au contraire. Il rappelle que les plus grands monstres de l’Histoire sont d’abord et avant tout des humains. Qu’ils peuvent être nos voisins, nos amis, nos collègues (comme le dirait, trop justement et malheureusement, Ted Bundy, un monstre lui aussi, dans un autre genre), qu’on peut les trouver sympathiques voire mêmes éprouver une fascination et une admiration pour ces personnes. Ce fut le cas d’Hitler, grand manipulateur et électriseur de foules. Ayant lu les mémoires de de Traudl Junge sur lesquelles se base en partie le film, cette femme reconnait elle-même que Hitler pouvait se montrer attentionné avec ses fidèles et ses secrétaires dans le privé et en même temps, envoyer à la mort des centaines de milliers de gens dont le seul tort était d’être « différent ». Et c’est cet aspect  que veut souligner le film.

Enfin, j’ai trouvé plutôt que le parti pris de ne pas filmer le suicide d’Hitler et d’Eva Braun était une bonne chose.

Autre point qui paraîtra contradictoire et paradoxal, c’est d’avoir montré la rivalité qui régnait entre les proches d’Hitler, leur dévouement absolu envers leur chef (qui a entraîné le suicide de certains d’entre eux) et en même temps, la lucidité que chacun avait concernant la réalité et qu’ils refusaient d’exposer au Führer pour ne pas lui déplaire. On ne peut que se poser évidemment la question de leur responsabilité sur la Shoah et les milliers de morts que leur idéologie et la soif de pouvoir et de conquête avaient provoqués. Durant les procès, notamment celui de Nuremberg, excepté Goering qui n’a jamais véritablement nié sa responsabilité, tous se sont réfugiés derrière le fait que « c’était un ordre et qu’il ne serait jamais venu à l’esprit de désobéir. » Pour moi, cette lucidité dont ils ont fait preuve contredit le fait qu’ils n’étaient que des exécutants dociles qui ne mesuraient pas l’ampleur de leurs actes. Enfin, dans l’ensemble, les autres acteurs qui jouent les principaux proches sont assez convaincants. Le personnage de Joseph Goebbels est effrayant avec ses yeux de serpent. On pourrait éventuellement regretter le rôle d’oie blanche de Traudl.

J’ai également envie de revenir sur l’un des points polémiques du film, à savoir qu’on n’évoquent que peu les crimes contre l’humanité dont le nazisme s’est rendu coupable. Je ne crois que c’était le but de ce film. Tout d’abord, le titre, la Chute, signifie bien ce que ce film veut raconter : la fin d’un des pires totalitarismes de l’histoire avec les derniers jours de son acteur principal. Ensuite, même s’il n’est ouvertement évoqué qu’avec les cartons de fin qui rappellent le nombre de morts, l’assassinat de millions de personnes est à lire entre les lignes, il n’est donc pas occulté. Enfin, il ne faut pas oublier une chose importante : les nazis, pour parler de leur crime, ont volontairement utilisé des termes comme « solution finale », « traitement spécial » ect., qui sans contexte évidemment, peut dire tout et n’importe quoi mais, dans l’état nazi, faisaient partie intégrante de la terreur qui régnait en Allemagne. (A ce titre, je vous recommande les lectures des ouvrages de Primo Levi mais aussi d’Eugène Kogon qui expliquent tout cela bien mieux que moi).

En conclusion, la Chute n’est pas un film qui veut expliquer l’avènement du nazisme ou les raisons même de la guerre mais bien un film qui veut montrer la déchéance et la fin du régime hitlérien.

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8 réflexions sur “Chronique film – La Chute (Der Untergang)

  1. Faudrait vraiment que je le revoie mais j’avais trouvé le film assez pertinent à l’époque. Excellente chronique en tout cas.

    • Merci pour le compliment. Je sais pas si c’est le genre de film qui pourrait être chroniqué sur Cinema Choc mais si tu le fais, sois sûre que j’irai la lire.

  2. oui éventuellement pourquoi pas. Et je me permets une petite « blagounette ». Pourquoi Hitler portait-il la moustache ?
    La blague viendra après ta réponse…

  3. alors je reformule la blague : Pourquoi Hitler s’est il suicidé ?
    Réponse : parce qu’il a reçu la facture de gaz !

    Oui je sais, désolé…

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