Chronique film – Megan is missing

Réalisateur : Michael Goi
Durée : 1h 25min
Genres Drame, inclassable (int -16ans)

Résumé

Malgré des caractères opposés, Megan Stewart, et Amy Herman, 14 ans sont meilleures amies. Elles passent beaucoup de temps à communiquer en ligne. La plus dévergondée des deux, Megan, va disparaitre après être partie rejoindre un inconnu -se faisant appeler Josh- rencontré en ligne. 14 jours plus tard Amy va disparaitre à son tour.

Mon avis

Laissez-moi vous présenter un film qui vous ferait regretter d’avoir posté vos dernières photos de vacances sur Facebook et vous ferait surveiller vos enfants dans tous leurs faits et gestes sur les réseaux sociaux.

Choquant, choc, Megan is missing est un film dérangeant qui délivre un sacré unpercut dans la figure. Il n’est pour autant un film gore qui balance des litres d’hémoglobines. La violence n’en est néanmoins pas moins présente et éclate intelligemment et de façon à marquer durablement les esprits mais sans tomber dans la surenchère et l’excessif.

Présenté comme un montage des échanges via webcams ou des caméras de leurs téléphones portables entre les deux adolescentes, le film nous plonge dans la vie de ces deux jeunes filles totalement opposées mais liées par une grande amitié et auxquelles on vient à s’attacher et à redouter le moment où le titre du film prendra tout son sens. Megan, adolescente rebelle, sexuellement active, en conflit avec sa mère, probablement abusée plus jeune dans un camp de vacances, tranche avec la petite Amy, complexée et souvent moquée par ses pairs. Leurs conversations tournent essentiellement autours de la sexualité et des garçons. Jusqu’à la disparition de Megan qui fera l’objet d’émissions de télévision d’un goût plus que douteux. Viennent alors les fameuses 25 dernières minutes les plus éprouvantes. L’une des séquences clés tient en deux images retrouvées sur un site fétichiste et adulte où l’on voit la malheureuse attachée de telle sorte qu’on y lit la terreur dans ses yeux. On ne peut que tenter de chasser les sévices atroces  qu’elle subit et a subi sans pour autant y parvenir. Puis, vient au tour d’Amy de disparaître après avoir parlé du mystérieux Josh à la police. On comprend qu’on a affaire à un prédateur pédophile dangereux qui n’a pas peur de jeter la caméra d’Amy près du lieu de sa disparition et qui a enregistré son terrible calvaire. Calvaire, le mot est encore trop faible  pour qualifier ce qu’on nous laisse voir et ce qui nous est suggéré. Le viol d’Amy est l’autre séquence ultra éprouvante où la caméra ne filme que le visage de la jeune fille  pendant que l’on comprend que son bourreau est en train de la violer.  La fin, atroce et inéluctable, finit de nous achever avec l’enterrement d’une Amy encore vivante, enfermée avec le cadavre de sa seule amie.

Megan is missing n’est définitivement pas un film pour rigoler. Il dénonce l’ultra voyeurisme d’une société qui semble désormais incapable de vivre sans caméra avec sa mode des selfies et autres vidéos directement postées sur Periscope. Le besoin absolument maladif de reconnaissance pour exister est d’autant plus exacerbée que les réseaux sociaux, les émissions télé et autres encouragent ce comportement. L’objectif de partage que voulaient les pères fondateurs du Net est totalement dévoyé dans une course sans à la célébrité, à la consommation de sensationnel et autres likes, quitte à faire dans le cynisme le plus abject. Finalement, Josh, le prédateur, n’est peut être que le produit ultime qui résulte de cette société. Et avoir choisi de ne jamais montré son visage rend le personnage encore plus inquiétant. En aucun cas, je ne justifie ni même et encore moins excuse le fait que des individus enlèvent des enfants pour les agresser, les pédo-criminiels n’ont pas attendu l’ère d’Internet pour cela mais cette ère les ont objectivement favorisés puisqu’avec ces adolescentes qui n’ont pas conscience qu’en exposant leur vie privée et leur intimité, elles créent une sorte de supermarchés pour les tordus en tout genre. Même si le film en lui-même reste du cinéma, il ne s’en est pas moins inspiré de faits réels. Et c’est là tout le mérite des deux actrices qui incarnent Megan et Amy qui parviennent à semer le doute quant à la réalité des images.

En conclusion, Megan is missing, pour moi, vaut bien mieux que les nombreux discours sur les dangers du surf sur le Net et de l’exposition de sa vie privée sur la Toile. Un film qui, définitivement, rappelle que le Net et la culture de l’image sont certes de très bons outils mais qui peuvent être parfaitement utilisé pour satisfaire consommation et voyeurisme.

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4 réflexions sur “Chronique film – Megan is missing

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