Chronique film – Metropolis

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Réalisation : Fritz Lang
Genre : science-fiction / fantastique
Durée : 145 minutes (version restaurée en 2010)

Résumé

Le film se décompose en trois actes, Auftakt (commencement) (66 min.), Zwischenspiel (interlude) (28 min.) et Furioso (52 min.).

En 2026, Metropolis est une mégapole dans une société dystopique divisée en une ville haute, où vivent les familles intellectuelles dirigeantes, dans l’oisiveté, le luxe et le divertissement, et une ville basse, où les travailleurs font fonctionner la ville et sont opprimés par la classe dirigeante.

Maria (Brigitte Helm), une femme de la ville basse, essaie de promouvoir l’entente entre les classes, et emmène clandestinement des enfants d’ouvriers visiter la ville haute ; le groupe se fait repousser par les forces de l’ordre, mais Freder Fredersen (Gustav Fröhlich), le fils du dirigeant de Metropolis, tombe amoureux d’elle. En descendant dans la ville basse pour la retrouver, il voit un ouvrier épuisé défaillir à son poste de travail, le rythme imposé par les machines étant trop élevé, une violente explosion se produit sur la « machine M », tuant des dizaines de travailleurs. Dans la fumée, Freder voit la machine M se transformer en Moloch, une divinité monstrueuse à laquelle les travailleurs infortunés sont sacrifiés.

Freder se rend chez son père, Johhan « Joh » Fredersen (Alfred Abel), pour le mettre au courant des conditions extrêmement pénibles dans lesquelles travaillent les ouvriers et lui demande d’améliorer cela. Voyant qu’il ne peut convaincre son fils des bienfaits de cette société ségrégative, Johhan le fait suivre par un espion.

Freder retourne dans la ville basse où, voyant un ouvrier au bord de l’épuisement, il persuade celui-ci d’échanger leurs vêtements et de le remplacer à la machine, tandis que l’ouvrier, Georgy, matricule 11811, monte à la ville haute où il goûtera aux plaisirs de la vie. Après une pénible journée de travail, Freder se rend dans des catacombes à une réunion secrète en suivant un plan trouvé dans une poche des vêtements de l’ouvrier qu’il a remplacé. Là, il découvre Maria en train de s’adresser aux ouvriers et d’annoncer l’arrivée d’un médiateur qui apportera l’égalité entre les habitants des villes haute et basse.

Entre-temps, Joh reçoit des plans trouvés dans les poches d’ouvriers morts au travail et se rend chez Rotwang, l’inventeur du monstre mécanique qui fait fonctionner toute la ville. Celui-ci lui indique qu’il s’agit du plan qui mène aux catacombes où se tient la réunion secrète. Joh épie la réunion sans reconnaître son fils parmi la foule. Craignant la menace, Joh ordonne à Rotwang de façonner un robot à l’image de Maria afin de semer le chaos parmi les ouvriers. Mais ce que Joh ignore, c’est que Rotwang a d’autres plans…

Mon avis

En cette période d’Euro de foot, opium du peuple et générateur de comportements plus débiles les uns que les autres (je ne trouve pas d’autres qualificatifs du bordel qui règne à Marseille, qu’importe que ce soit les Anglais, les Russes, les Marseillais eux-mêmes ou voire des extra-terrestres qui ont commencé cette pagaille et ce déchaînement de violence, c’est juste du grand n’importe quoi, d’un niveau à peine plus élevé qu’une cours d’école primaire), j’ai eu envie de vous proposer quelques chroniques qui relèvent un peu le niveau. Je m’excuse auprès de fans de foot, je n’ai rien contre ce sport en particulier ou même les compétitions (moi-même, je ne loupe jamais la finale de Roland Garros, seule compétition sportive que je suis chaque année), mais je déteste cette ultra-médiatisation et surtout ultra-monétisation autours de cette compétition (vente de tee-shirts fabriqués au Pakistan à 100 balles  ne valant en réalité même pas un dixième du prix de vente et qui ne remplissent au final que les caisses des sponsors, l’Euro à toutes les sauces, pas moyen de faire un pas dehors sans être gavé comme une oie par « Allez les bleus » et gnangnan gnangnan). Voila,  ça, c’est dit. Donc, je vais essayer de vous proposer trois chroniques de grands films du cinéma ainsi que, si je parviens à le visionner, une chronique sur un spectacle. Aujourd’hui, je vais m’atteler à un (très) gros morceau, Metropolis de Fritz Lang.

Je ne vais pas faire une analyse complète du film, qu’il faudrait pratiquement réaliser séquence par séquence tellement ce film regorge de symbolismes et de métaphores qui, à l’heure actuelle, ne peuvent que trouver de curieux échos au monde actuel.

Tout d’abord, sans Metropolis,  les Star War, Blade Runner, Retour vers le futur et autre Cinquième Elément (pour citer les influences les plus connues mais il en existe tant qu’il est difficile de toutes les énumérer. D’un point de vue personnel, je ne peux pas non plus oublier d’évoquer une autre oeuvre influencée par l’oeuvre de Fritz Lang, le manga Gunnm qui fait partie des meilleurs mangas cyberpunk mais aussi l’univers de Final Fantasy VII) n’auraient sans doute jamais existé, en tout cas, pas tels qu’ils l’ont été. Metropolis est LE film SF fondateur qui a durablement (il a pratiquement 90ans!) les esprits et les réalisateurs encore aujourd’hui. Les effets spéciaux sont tout simplement époustouflants. Même si, pour ceux qui sont biberonnés aux effets spéciaux numériques, le film « peut » (et je mets de très grands guillemets) paraître « vieillot », il possède une esthétique qui fait encore des envieux de nos jours.

Au delà des effets spéciaux qui, il faut le rappeler, nous sommes en 1927, les ordinateurs, Photoshop et Cinema 3D n’existant pas, restent indubitablement de très haut niveau, Metropolis est aussi tout simplement d’une grande beauté visuelle, une sacrée claque esthétique. On se souvient évidemment de Maria/l’androide et de sa danse délirante mais aussi et surtout l’incroyable chorégraphie des ouvriers-esclaves, y compris lors de la révolte de ces derniers. Le cadrage, les effets d’ombres et de lumières sont incroyablement soignés. On y retrouve tout le talent, devrais-je dire le génie absolu, de Fritz Lang que je considère comme l’un des plus grands réalisateurs du 7eme Art.

Bien que le film soit muet, on n’en néglige absolument pas le jeu des acteurs, particulièrement expressifs, parfois à l’excès mais c’est ce qui en fait aussi son charme avec les regards hallucinés de Freder ou plein de folie de Maria. N’oublions pas l’autre élément important du film : la musique, clairement un hommage à Wagner et à Richard Strauss, qui est elle aussi au diapason.

Si je ne vais pas livrer une analyse complète du film (il me faudrait un mois pour cela), je souhaite revenir néanmoins sur la thématique de l’ouvrier-esclave, une thématique qui est, encore trop malheureusement, d’actualité. Sans la relier à l’actualité directe avec la loi travail qui secoue la France, ces personnages de Metropolis qui se ressemblent tous, sorte de zombis travailleurs, symbolisé par le dos voûté, signe de soumission, le visage inexpressif et le regard éteint,  peuvent être totalement déshumanisés et réduits à un rouage d’une immense machine infernale, rouage pouvant être annihilé, sacrifié à dieu du rendement, symbolisé par Moloch, l’énorme tête qui avale les ouvriers morts. Je parlais plus haut des tee-shirts fabriqués au Pakistan vendus 100 balles et quelque part, c’est le même type de situation. Des centaines de milliers de petites mains travaillent pour que les sociétés nanties et consumméristes puissent continuer à vivre dans l’illusion d’une opulence infinie. Dans nos pays occidentaux, si la lutte des classes n’est, à mon avis, certes plus celle que décrivaient Zola ou Marx mais elle existe toujours à une autre échelle et avec des conséquences à long terme beaucoup plus inquiètantes de « simples » blocages (simple à mettre évidemment entre guillemets).

En conclusion, Metropolis est l’un de ces pères fondateurs du cinéma actuel qui imprègne encore la rétine près de 90ans plus tard. Mais il est plus que cela car, avec les thèmes abordés, il se fait poser la question de la pérénité de nos sociétés fondées sur la consommation et la course à la richesse sans tenir compte de ceux qui produisent ces richesses.

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5 réflexions sur “Chronique film – Metropolis

  1. Clairement un chef d’oeuvre de la science fiction qui n’a pas usurpé son statut de classique du Septième Art. Un long-métrage ambitieux et visionnaire sur le sort du prolétariat et l’avènement de la mondialisation

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