Chronique Anime – Berserk – L’Âge d’or

Auteur: MIURA Kentarô
Type: Film
Genre: Médiéval, Aventure, Fantastique  (int -16ans)
Date : 2011
Nbr de film(s): 3x80min
– « Berserk L’Age d’Or partie I : L’oeuf du Roi Conquérant »
– « Berserk L’Age d’Or partie II : La bataille de Doldrey »
– « Berserk L’Age d’Or partie III : L’Avent »

Résumé

Midland: un royaume pris, depuis un siècle, dans l’étau d’une guerre sans merci. Sur les champs de bataille, Guts, un jeune mercenaire, lutte pour survivre au quotidien. Malgré son jeune âge, il se bat avec la rage d’un chien fou, déploie une effroyable dextérité et traîne derrière lui une épée au gabarit impressionnant.
Alors qu’il sort d’une énième bataille, il est pris à parti par une bande de mercenaires qui s’imaginent pouvoir le détrousser. Le choc est rude, et leur chef est obligé d’intervenir pour éviter que ses lieutenants ne se fassent massacrer en quelques instants.
Après ce combat singulier, Guts se retrouve embrigadé et découvre qu’il a affaire à la Troupe des Faucons, des mercenaires aguerris dirigés par Griffith, un jeune homme charismatique et mystérieux, qui semble promis à une ascension fulgurante…

Mon avis

Et voici la dernière chronique avant ma petite semaine de vacances au bord de la mer. Pour cela, j’ai choisi de vous présenter les trois films qui reprennent l’arc l’Âge d’or du manga Berserk de Kentaro Miura (donc, approximativement du volume 3 au volume 14 sur 37 volumes en cours encore de publication). Il faut savoir qu’il existe une série de 25 épisodes réalisés en 1997/1998, les films sont en quelque sorte des reboots de la série originelle.

Le manga comme l’anime sont des Seinen (oeuvres destinées à un public plutôt adulte). Si, en comparaison de certaines « oeuvres » nipponnes, Berserk est moins gore (on a quand même des belles scènes de charcutage), il n’en demeure pas moins une oeuvre trash, violente et très sombre. On est dans un univers médiéval et on y retrouve évidemment, des contextes de guerres, d’intrigues, de trahisons, mais aussi de solides séquences de sexe et de viol. L’interdition aux moins de 16ans est parfaitement justifié.

Pour mieux recontextualiser, le héros, Guts, est d’abord présenté comme le guerrier noir, dont la rage n’égale que la soif de vengeance. On le reconnaît aisément à sa très longue épée, la Dragonslayer (la pourfendeuse de dragon) capable de défaire le plus impressionnant des monstres qui peuplent son monde fait de violence, de combat, de sang et de mort et qu’il porte en permanence dans son dos. Les films que je vous propose reviennent sur le traumatisme originel qui a fait passé Guts de simple guerrier aimant le combat à la machine à tuer, hanté et traqué par d’étranges créatures. L’arc Golden Age nous présente l’antagoniste, Griffith envers qui Guts éprouve tout d’abord un sentiment de rivalité (Griffith étant le seul qui l’a défait en combat singulier) avant qu’un profond respect et une admiration récriproque s’établissent entre eux. Casca, la seule femme de la troupe n’est pas juste un faire-valoir mais porte en elle les prémices du drame qui va déchirer nos deux personnages.

Comparativement à la série de 1997, il est évident que les nouvelles techniques d’animation offrent un visuel extrêmement fluide, beaucoup moins old school, les combats en particuliers sont plus dynamiques, le chara-design est très soigné, on y retrouve certains personnages oubliés dans la série comme le Skullnight, d’autres comme Zodd l’immortel retrouve une nouvelle jeunesse. N’oublions pas la God Hand avec une Slan absolument divine (alors qu’elle est Roi démon, incarnation de la luxure). Néanmoins, j’ai préféré, très personnellement, l’OST de la série à celui des 3 films mais cet OST est quand même d’une grande qualité musicale.

A travers ces trois films, au delà des thématiques classiques comme celui de la fatalité et de la causalité, les notions de bien et de mal se confondent et ne sont absolument pas enfermées dans un schéma type, tout au contraire. En effet, le héros, Guts, incarnation du guerrier solitaire et froid, est loin de la figure de la justice à la recherche d’un monde meilleur. C’est flagrant lorsqu’il choisit d’assassiner Adonis, le petit prince innocent et malheureux témoin du meurtre de son père. Non, il est simplement le personnage qui cherche sa place dans le monde au travers le fil de son épée. Quant à Griffith, le leader charismatique de la Troupe du Faucon, faucon lui-même dévoré par l’ambition et l’envie, sa chute après le « viol » sur la princesse Charlotte (plutôt consentante, il faut le dire), tout cela contribue à son basculement dans la destruction de ce qui faisait Griffith pour renaître en tant que Femto, le cinquième de la God Hand, donc en tant que seigneur démoniaque. Il n’hésite pas, pour satisfaire sa soif d’ambition, de sacrifier tous ceux et celle qui l’avaient soutenu dans la réalisation de son rêve, les livrant à l’appétit pantagruélique des monstres qui les encerclent. Inutile de vous dire que le festin auquel se livrent les monstres propose de sérieux moments gores.

Il est à noter que le choix des couleurs n’est pas anodin. Brun et portant des costumes sombres, Guts n’est pas le héros blanc et immaculé que l’on rencontre habituellement. D’ailleurs, si vous avez la curiosité de lire le manga, il semble sombrer de plus en plus dans les ténèbres jusqu’à ce qu’il mette l’armure du Berserker où il s’incarne pratiquement en démon. A contrario, Griffith, jusqu’au viol de Charlotte, possède une épaisse chevelure blanche et une armure blanche, archétype du chevalier. Surpris par le roi, père de Charlotte, il sera torturé, frappé, humilié au fond d’un cachot sordide avant d’être sauvé par les fidèles de la troupe et Guts pris de remords d’avoir abandonné son ami. Ce sauvetage sera finalement l’instrument de leur destruction, réalisant la prophétie à Guts que Zodd lui prédit après avoir remarqué que Griffith était porteur de l’un des cinq Béhélit pourpre, symbole de ceux qui sont appelés à devenir des dieux :
« Fais attention, car le jour où son ambition s’effondrera, ta mort t’attendra, une mort dont tu ne pourras te soustraire ! »

Revenons enfin sur le troisième film « L’Avent« , notamment la séquence qui, encore aujourd’hui, déchaîne les débats entre fans, le viol de Casca par Griffith/Femto. Pourtant habituée aux films chocs et extrêmes, cette séquence est le paroxysme du terrible massacre précédant qui est parvenue à me mettre ma à l’aise, bien qu’il s’agisse d’animation. Sous le regard de Guts qui n’hésite pas à se couper un bras et à perdre un oeil pour tenter de la soustraire de Femto, ce dernier, à travers le viol de Casca, amante de Gutts, soutien le plus fidèle de Griffith, se venge de son amitié avec Guts qui l’a détourné de son ambition. Cette scène se grave dans les yeux du héros qui s’en nourrit pour ne plus combattre avec passion mais avec sa seule haine. Marqué tant dans sa chair (avec le symbole sur son cou) que tant dans sa psyché, à l’instar de Griffith, Guts renaît en tant que guerrier noir.

En conclusion, les trois nouveaux films sur Berserk ont permis de dépoussiérer une oeuvre ambitieuse, riche et complexe. Pour les fans, nous aurions préféré la suite de l’anime plutôt qu’un reboot (surtout qu’il y a de quoi!). Pour les autres, les films peuvent constituer une découverte et une approche de l’univers imaginé par Kentaro Miura.

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Une réflexion sur “Chronique Anime – Berserk – L’Âge d’or

  1. Je dois avouer que je ne connais pas du tout mais une sorte d’épopée chevaleresque assez violente voire même déroutante visiblement

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