Chronique film – Tatanka

 

Réalisateur : Giuseppe Gagliardi
Genres : Drame, Policier

Résumé

Vivre pour la beauté du sport ou dans l’enfer de la mafia, Michele est tout au long de sa vie face à ce choix.

Adolescent, entraîné par un camarade, il entre au service de la Camorra. Un jour, pour échapper à la police, il se réfugie dans une salle d’entraînement, l’Excelsior. C’est la planche de salut pour Michele qui découvre un nouvel univers, la boxe, sous l’autorité du vieux coach Sabatino. Lors de chaque combat, de chaque round, c’est sa propre survie que le jeune homme remet en jeu. Toute nouvelle victoire l’éloigne, pas à pas, des ennuis et l’amène à grandir, à trouver une certaine stabilité.

Mon avis

En 2007, sortait un roman qui va changer la vie de son auteur : Gomorra de Roberto Saviano qui explore Naples et la Campanie dominée par la criminalité organisée, loin de l’image véhiculée dans des films comme Le clan des Siciliens ou Le parrain, révélant la complexité et les jeux de pouvoirs au sein de la Camorra. A la suite de ce roman et de son adaptation au cinéma puis en série télé, Saviano sera la victime de nombreuses menaces de mort de la part de l’un des clans et sera ainsi placé sous protection policière. Suivi par ce roman, un autre qui évoque lui aussi l’emprise de la mafia, la Beauté et l’enfer qui contient la nouvelle qui a inspiré le film chroniqué aujourd’hui et qui raconte l’histoire véridique de Clemente Russo, champion du monde et médaillé olympique de boxe.

Découvert lors d’un des festivals du film italien d’Annecy, Tatanka m’a énormément et agréablement surprise. Je craignais une pâle copie de Rocky, et, n’étant pas fan de ce type de films, je me demandais si je n’allais pas m’endormir pendant la séance. Tout au contraire, si la boxe est le moyen pour Michele de s’offrir un vrai avenir hors de Naples, on plonge dans cette ambiance particulière du sud de l’Italie, gangréné par la mafia et les trafics en tout genre, les descentes de polices et ses interrogatoires plutôt musclés, y compris envers ceux qui font de la « simple surveillance » pour les dealers locaux. Tatanka est, avant même l’histoire de l’ascension d’un champion de boxe, l’histoire de ces enfants manipulés par les groupes mafieux, vivant souvent dans la pauvreté et la précarité car tous n’ont pas eu la chance de Michele. Beaucoup deviendront à leur dealers ou vivant d’autres petits trafics avant d’échouer en prison quand ils ne succomberont pas à une overdose.

Le retour aux sources de Michele est dans la logique des choses afin qu’il prenne la pleine mesure de ses victoires successives, du chemin qu’il a accompli pour s’éloigner de ce monde de violence et de la rédemption qu’il a trouvé à travers la boxe.

En conclusion, Tatanka est un petit chef d’oeuvre méconnu du cinéma italien qui mérite de s’y attarder.

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2 réflexions sur “Chronique film – Tatanka

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