Chronique film – The Witch

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Réalisation : Robert Eggers
Genres : Horreur, thriller (int -12ans)
Durée : 93 minutes

Résumé

1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres.

Mon avis

Tout d’abord, si vous vous attendez à un film d’épouvante classique, notamment à cause du titre, The Witch, je préfère vous prévenir avant même la lecture de la chronique. Ce film est loin, très loin d’un film d’épouvante type Paranormal Activity ou même s’il peut même être confondu avec le Projet Blair Witch à cause du titre, bien qu’il puisse être dans une certaine mesure catalogué de la sorte. Ne vous laissez donc pas entraîner sur cette fausse impression ou vous seriez fortement déçu. Pour vous dire, ce film a été une grosse surprise me concernant. Au départ, je croyais, naïvement qu’il s’agissait d’une sorte de préquelle au Projet Blair Witch et qu’il racontait l’histoire d’Ellie Kedward (la sorcière de Blair). Très personnellement, dans une certaine mesure, cela pourrait presque être le cas (mais ça, c’est mon côté de fanficqueuse qui parle). Mésestimé, j’ai envie, à travers cette chronique, de rendre hommage à ce film qui possède de solides atouts qui le démarquent clairement des films d’épouvante avec found footage pondus à la chaîne.

Même s’il n’est pas trash ou extrême, ce film possède ce petit quelque chose qui le rend à la fois fascinant et dérangeant et amène plusieurs niveaux de lecture.

Loin des effets spectaculaires, des chaises qui bougent toute seule et des portes qui claquent, The Witch est d’abord un drame à huit clos, l’histoire d’une famille dévote jusqu’à l’extrême, mise à l’écart par la communauté de colons de par ses pratiques sans doute trop rigoristes. Condamnés à l’exil, les membres de la petite famille s’installe aux abords d’une forêt sinistre. Un premier drame se produisit, la disparition inexpliquée du plus jeune fils de la famille alors que sa soeur aînée, Thomasin, était chargée de le surveiller. A partir de là, les convictions et les croyances de chaque membre de la famille seront mises à mal, la paranoïa s’installe peu à peu les poussant à s’accuser mutuellement avant de tomber à terre pour prier encore plus intensément. Le film mise avant tout sur l’ambiance qui règne dans ces terres encore vierges de l’Amérique du XVIIeme siècle. Les plans sont soignés, les teintes sont grises et atones, comme pour souligner encore plus l’austérité dans laquelle vivait la famille. Les acteurs qui incarnent le père rigoriste et la jeune Thomasin sont des plus convaincants et investis dans leurs rôles. Le décors ne sert pas uniquement au cadre de l’histoire mais fait partie intégrante de la tragédie qui frappe la famille, seule face à l’inquiétante forêt.

Véritable et violent réquisitoire envers l’intégrisme religieux, Robert Eggers opacifie son propos à travers les nombreuses références aux plus célèbres contes des frères Grimm, d’Hansel et Gretel à Blanche-Neige. La sorcière, si sorcière il y a, est d’abord l’incarnation de la sexualité refoulée, personnage à la fois invisible et omniprésente. L’existence même de cette sorcière s’incarnant uniquement de manière fantasmagorique seme le doute quant à son existence physique et réelle et mène à l’hypothèse d’une famille en proie à une psychose collective, psychose renforcée par leur isolement, leur obsession religieuse et la claustrophobie ambiante. Il est intéressant de noter que le Loup, personnage récurrent dans les contes, est évoqué mais s’incarne en une de ses victimes présumée, le Chaperon rouge, devenue tentatrice et dévoreuse d’enfants, pour mieux attirer le petit Caleb dans ses griffes.

The Witch offre également une vision intéressante du passage délicat de l’enfance à l’âge adulte tant à travers l’évolution de Thomasin et le twist final avec son émancipation à la fois terrifiante mais nécessaire. On peut remarquer cette évolution à travers sa chevelure, symbole par excellence de la sexualité, qui peu à peu se libère. Mais aussi à travers l’évolution de son père qui passe du père protecteur au père qui refuse à sa manière que sa fille est devenue femme.

En conclusion, The Witch constitue une bonne surprise, offrant plusieurs niveaux d’interprétation

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