Chronique Anime – School Days

Année : 2007
Genre : Romance, drame, psychologie, Ecchi (int -16)
Nombre d’épisodes et durée : 12 épisodes de 22 min

Résumé

Makoto est amoureux de Kotonoha. Il la voit chaque jour dans le train qui les mène à l’école, seulement, il n’a pas le courage de lui dire quoi que ce soit et se contente de la regarder de loin. Tout change lorsqu’il prend une photo d’elle avec son téléphone portable. Photo que Sekai, une de ses camarades de classe, voit avant de proposer au timide Makoto de lui arranger le coup avec la jeune fille. Le trio se retrouve donc à un déjeuner improvisé par l’entremetteuse, afin que les deux tourtereaux fassent plus ample connaissance. Mais si Sekai est elle aussi amoureuse de Makoto, pourquoi tient-elle tant à le voir avec Kotonoha ?

Mon avis

Cela faisait un moment que je voulais rédiger cette chronique et bien, c’est fait ! School Days, comme un certain nombre d’animés, est à l’origine un jeu vidéo type novel game avec plusieurs fins selon les choix de l’utilisateur. Mais c’est de la version animée qu’aujourd’hui je vais évoquer.

Alors depuis, en matière de visionnage, les Japonais ont proposé largement pire mais School Days est un anime absolument dérangeant, malsain avec le héros le plus méprisable qu’on puisse imaginer pour un anime de type school romance. Mais j’y reviendrai. Cet anime a choqué un certain nombre de personnes et qui, encore aujourd’hui, divise les internautes.

Si les deux premiers épisodes semblent être un copié collé d’un millier d’autres animes avec de la romance lycéenne, du triangle amoureux et même le côté harem, on réalise, au fur et à mesure que la série prend une tournure beaucoup plus cynique et sombre, où les relations entre les personnages deviennent de plus en plus tordues et perverses. Sous son air nonchalant, le héros Makoto est en réalité un adolescent manipulateur dont le peu de cerveau qu’il avait a migré en dessous de la ceinture et dont les actes totalement irréfléchis le conduisent à sa perte dans un final halluciné. Mais les personnages féminins ne sont pas non plus réduites à l’état de victimes de la soif de sexe de Makoto puisque leurs comportements contribuent à l’ambiance malsaine de la série. On peut vraiment parler dans le cas de anti-héros et ce, pour absolument tous les personnages. Leurs objectifs se concentrent finalement sur leur seule satisfaction égoiste d’un moment de plaisir. Les conséquences de leurs actes ne semblent pas les inquiéter outre mesure.  Même si les aspects psychologiques sont caricaturales, ils proposent quand même quelque chose de crédibles, loin d’Epinal de l’adolescence au coeur pur et innocent qui mène une vie agréable au lycée dans un cadre idyllique. Tout au contraire, chacun possède ses vices et ses défauts et certains thèmes, en l’occurrence le harcèlement scolaire, sont loin d’être occultés. Le viol de Kotonoha par le meilleur ami de celui qu’elle croit être son petit ami (même si, en la matière, on a, malheureusement, fait bien pire) et la fête de l’école où les élèves s’adonnent au voyeurisme en filmant les ébats des uns et des autres sont les séquences dérangeantes de l’anime  puisque c’est le moment clé où tout part en vrille et tout le monde semble avoir jeté aux orties la moindre retenue. Le seul personnage qui, malgré le fait de sombrer dans la démence, garde au final un minimum de cohérence et de sincérité est bien Kotonoha pour qui on éprouve un peu de pitié alors que ses camarades de classe se moquent d’elle et que le garçon qu’elle aime lui ment dès le départ, la trompe et la blackliste de son téléphone.

Revenons, si vous le voulez bien, sur le personnage de Sekai, personnage des plus ambigus, tout du moins en apparence. En effet, sous son air de « bonne-copine-qui t’arrange-le-coup-avec-le-mec-de-tes-rêves » qu’on a tous plus ou moins côtoyée une fois à l’école, se cache là aussi une redoutable manipulatrice qui justifie ses actes sur le fait qu’elle ait tout accepté de Makoto en particulier ses innombrables tromperies quasiment sous ses yeux. Sekai est, à mon avis, encore plus détestable que Makoto. Peut-être que ses actes se justifiraient par une éventuelle jalousie envers son amie supposée, Kotonoha mais je crois tout simplement qu’elle aime aussi simplement traiter les autres comme des pantins.

La fin est évidemment ce qui a ajouté un énorme bonus à l’anime et lui a conféré cette aura sulfureuse et gore. Même s’il n’y a pas des litres d’hémoglobines, le meutre de Sekai sur Makoto, puis quand Kotonoha tue à son tour Sekai restent deux séquences solidement troussés pour trancher encore plus radicalement avec le côté school romance. On est loin du traditionnel choix du héros et de celle qui n’a pas été choisie regardant tristement la mer à perte de vue. Tout au contraire, les personnages principaux ont totalement sombré pour atteindre un point de retour où la haine entre les héroïnes et leur amour possessif envers Makoto se manifestent par le meurtre pur et simple.

L’anime, de par ses thématiques, aborde donc le moment délicat entre l’adolescence et l’âge adulte, de manière certes exagérée. De plus, on notera l’absence d’adulte (y compris des enseignants) pour encadrer et donner des repaires à cette jeunesse en perdition qui souligne encore plus le titre de l’oeuvre « Jours d’école ».  Loin d’un GirlFriend Beta (précédemment chroniqué), ce School Days est aussi un cri d’alerte sur ces adolescents livrés à eux-mêmes, découvrant la sexualité et le désir mais ignorant, voire méprisant les sentiments de ceux qu’ils prétendent aimer.

Côté graphisme, l’anime n’est pas le plus réussi mais l’intrigue prenant le pas sur le visuel, on pardonnera les erreurs de proportions des dessinateurs. On peut en revanche souligner la qualité des chansons des endings (une chanson pour deux endings) qui sont juste magnifiques.

En conclusion, School Days reste un anime qui continuera de diviser mais qui propose des pistes de réflexion intéressants. Il y aurait de nombreuses autres choses à dire mais je crois qu’il faut le découvrir pour mieux l’appréhender.

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