Chronique Film – Ça

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Genre : Epouvante-horreur, thriller

Sortie officielle française: 20 septembre 2017

Durée : 2h15

Résumé

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

Mon avis

Attention, contient des spoilers !

Alors, pour faire cette chronique, il m’est apparu indispensable de revenir à la fois sur l’oeuvre dont est tiré le film, les deux romans Ça écrits par Stephen King, et le téléfilm de 1990. En effet,  Ça est considéré, à juste titre, comme l’une des oeuvres la plus aboutie des nombreux romans de Stephen King. Ensuite, le téléfilm en deux partie de 1990 a durablement marqué des générations, particulièrement la première partie, celle se déroulant principalement pendant la jeunesse des héros, la seconde partie ayant malheureusement une fin absolument ridicule avec un monstre en carton pâte et des acteurs adultes ne semblant pas convaincus et convaincants dans leurs rôles. Le clown, interprété par Tim Currin, a traumatisé nombre de gens par un jeu habile et un fort humour noir. Mais j’y reviendrai évidemment. Il me fut (et ça a dû être le cas d’un certain nombre de spectateur) difficile de ne pas comparer ces deux versions, notamment, le rôle de Pennywise et son impact sur la peur qu’il peut susciter durant le visionnage.

Le roman, avant même d’être un pur roman d’épouvante, est d’abord un film qui porte un regard à la fois sur l’enfance et le rapport d’un adulte sur l’enfance mais aussi une analyse de la peur, des différentes formes qu’elle peut prendre et de son influence sur le psyché global d’un être humain. J’ajouterai que Ça peut être aussi vu comme une sorte de chronique sociale d’une Amérique des années 50/60 avec des éléments chers à Stephen King et que l’on retrouve dans nombre de ses autres romans avec la musique avec beaucoup de référence au rock, des voitures mythiques avec la Plymouth, Bill Denbrough est écrivain, l’intrigue se déroule dans l’état où a vécu King, des personnages , en tout cas les personnages quand ils sont enfants, sont issues d’une classe moyenne voire pauvre etc. Honnêtement, il me faudrait des semaines pour réaliser une chronique des deux romans tant ils sont riches avec de nombreuses thématiques sous-jacentes que l’on peut cerner puis analyser. J’espère vous proposer un jour une chronique sur ce roman culte.

La question qui taraude quiconque projette d’aller voir le film, ce reboot est-il à la hauteur de la complexité du roman ?

Si vous allez voir ce film pour pousser juste des cris d’effroi et vous faire peur, vous risquez fort d’être déçu. En effet, le premier téléfilm avait marqué les esprits à cause du clown, brillamment joué par Tim Curry, résumant finalement le monstre au clown alors que le clown n’est qu’un des nombreux visages du monstre. La stratégie marketing avait d’ailleurs beaucoup joué sur la coulrophobie. Je dois d’ailleurs dire que la soirée Horror Night pour laquelle j’ai eu l’occasion de voir le film en avant-première voulait vraiment plonger le public dans l’ambiance avec des ballons partout dans la salle et un clown qui cherchait à faire peur alors que finalement, on n’est pas dans un film de clown maléfique. Mais, et c’est là où je veux en venir, le film est vraiment brillant. Oui, ce n’est pas un énième film d’épouvante. Car si vous voulez voir une adaption la plus fidèle possible de l’oeuvre de Stephen King et non un ersatz, le  Ça de 2017 remplit grandement ce rôle. On retrouve par exemple la maison sinistre du Neibolt Street, totalement absente du téléfilm ou certains personnages qui avaient été oubliés tel Patrick Hockstetter. De plus, en se concentrant sur la partie de l’enfance des héros, le film permet d’approfondir réellement les liens entre eux, leur amitié, leur club des Ratés tel qu’ils la définissent, étant l’épine dorsale du roman.

En revisitant le roman en l’adaptant à la hype du moment, les années 80, qu’on a vu notamment avec le succès de la série Stranger Things (il faut signaler que l’acteur qui a joué Richie est aussi dans cette série), j’ai été au départ décontenancée mais je trouve l’idée assez intéressante. Cependant, certains passages n’ont, à mon avis, pas eu la meilleure musique. Je pense évidemment à l’homérique bataille de cailloux entre les Ratés et Henri Bowers et sa bande. L’aspect horrifique qui n’est pas aussi intense à laquelle on s’attendait, ce qui a surpris un certain nombre de spectateurs. On ne peut pas dire qu’on sursaute vraiment. Mais le diable se cache dans les détails et c’est vraiment le cas dans Ça où on peut même dire que, certes le clown est l’entité démoniaque, mais nombre d’autres personnages possèdent quelques choses de maléfiques, comme le père de Bev, le pharmacien et, bien sûr, Henri Bowers, la terreur des cours de récréation, qui bascule dans le meurtre de son paternel après avoir martyrisé la bande des Ratés. Et le réalisateur a plutôt bien cerné le propos du roman.

Concernant Pennywise, il ne devait pas être facile de succéder à Tim Curry qui avait imprégné et donné un visage presque indétrônable à un mythe avec ce côté clown de carnaval, facétieux et pourtant terrifiant avec une bonne dose d’humour noir (« Jete ton aérosol et viens dans le sous-sol! » Purée, cette réplique reste juste énorme! ). Bill Skarsgård parle peu, contrairement à son prédécesseur, mais imprime sa marque avec son sourire de psychopathe. De plus, j’ai beaucoup apprécié son costume qui a été revisité façon année 1900.

Quant aux enfants, c’est dommage que certains n’ont pas su se démarquer, comme Stan, car tous ont une raison de faire partie du club des Ratés. Néanmoins, les acteurs jouant Richie et Bev sont particulièrement remarquables. Dans leurs terreurs, on y retrouve aussi la peur des adultes ou de devenir adulte, le thème par excellence du roman.

Mon principal regret est que le film est à la fois très court (malgré 2h15 de bobine !), oubliant certaines scènes du roman et à la fois longs sur certaines séquences. Néanmoins, ne râlons pas trop ; le réalisateur a quand même respecté les grandes lignes du roman et su en capter l’essence.

En conclusion, Ça est un bon film et sans doute, l’une des meilleures adaptations de l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Il y aurait aussi de nombreuses choses à dire autours du film mais le mieux, c’est encore d’aller le voir !

 

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3 réflexions sur “Chronique Film – Ça

  1. Je n’ai pas encore lu le roman (cela fait partie de mes projets – j’ai déjà le livre) mais j’ai trouvé cette version bien plus intéressante que le téléfilm (pas mal mais quand même vieillot avec pas mal de défauts). Tu expliques bien le ressenti : on ne peut pas dire qu’il fait peur (même s’il y a une ambiance) mais il parvient bien à parler de la peur. Perso j’ai beaucoup aimé les mômes ! Et Skargard s’en sort quand même plus que très bien. Comme tu le dis, c’est quand même pas facile de passer après Tim Curry !

    • Je te recommande vraiment la lecture du roman, il permet de vraiment comprendre l’univers créé par S. King.
      Concernant les films et téléfilms, il faut quand même souligner que le téléfilm était destiné, comme dit, pour la télévision et reposait beaucoup, au final, sur la prestation de Tim Curry, même si, dans le film comme dans le téléfilm, il faut souligner la qualité de jeu d’acteurs des enfants. J’ai juste trouvé un peu dommage que, dans le film, tous n’ont eu une sorte de temps de parole égal (je sais pas si je suis super claire).
      Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié la réappropriation de Skargard dans le rôle du clown, même s’il parle peu, il dégage quand même un sacré côté malsain!

      • Oui c’est certain qu’il faut juger le téléfilm… comme un téléfilm, on a tendance à l’oublier !
        Je vois ce que tu veux dire. Il faut dire que le téléfilm réussissait par contre à évoquer chaque histoire séparément, là c’est vrai que ça semble plus bref.

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