Réaction/Roman – Outrage de Maryssa Rachel

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Cet article est un peu particulier car il ne s’agit absolument pas d’une chronique mais d’une réflexion suite au bad-buzz qui a suivi la sortie d’un roman : Outrage par Maryssa Rachel.

Quatrième de couverture du roman

Le roman de l’emprise. Le roman de l’injustice des sentiments. Le roman de l’amour qui s’enfuit.

 » L’amour, le seul, l’unique, celui dont on n’oubliera jamais le nom, porte les stigmates de nos plus terribles douleurs. « 
Rose est une femme libre, indépendante, torturée, traumatisée, elle s’est construit une carapace de survie.

Elle fuit l’amour par peur de l’attachement. Elle est perverse, passionnée, cyclique, addict au sexe et à l’alcool mondain. Mais ce soir-là, dans un bar, elle tombe amoureuse d’un être qui lui ressemble, peut être un peu trop. Tout en lui la repousse et pourtant… Lui, c’est Alex, un artiste paumé, un je-m’en-foutiste tout aussi névrosé qu’elle.

Rose va vivre cette passion destructrice où Alex la guide, la commande, la déconstruit, la fabrique, la façonne… Rose n’écoute pas la bête qui rugit en elle et qui lui dit  » fuis « . Son corps, son sexe deviennent chaque jour plus douloureux, mais elle tient, par amour pour cet homme qui la dévore chaque jour un peu plus…

Puis vient la douleur du déchirement. Alors, elle va essayer de noyer ses maux dans la seule addiction qui lui permet d’échapper à la douleur : le sexe.

Une information importante à connaître est le mot de l’éditeur que je vous copie-colle :

Dans une vie d’éditeur, il est des textes qui vous marquent et vous « signent » pour toujours. Il en fut ainsi d’Histoire d’O de Pauline Réage pour Jean-Jacques Pauvert, de La Mort Propagande d’Hervé Guibert pour Régine Deforges ou de Baise-moi de Virginie Despentes pour Florent Massot…

Pour ma part, il y eut La femme de papier de Françoise Rey, Le Lien de Vanessa Duriès, Dolorosa soror de Florence Dugas et L’Orage de Régine Deforges. Tous ces textes ont été importants car ils ont marqué l’histoire d’une littérature. Ils ont balayé toutes les incertitudes et dessiné d’autres contours. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice, et a contribué à renouveler un genre.

Outrage de Maryssa Rachel est l’un d’entre eux. Il s’inscrit dans la veine de ces textes qui vous remuent jusqu’aux tréfonds de vous-même et y déposent une empreinte qui, tel un tatouage, ne pourra jamais s’effacer. Et longtemps après, le livre refermé, perdurera l’écho de tout ce qu’il a provoqué en vous.

Outrage c’est le livre de la démesure amoureuse et de l’urgence sexuelle pour réparer les dégats de l’emprise. C’est le livre de la perte de contrôle et de l’abandon, du renoncement et de l’instinct de survie. Maryssa Rachel parle à nos sens, à notre animalité, dussions-nous en mourir.

Véritable « coup de boule littéraire », Outrage est destiné à devenir un classique.

Franck Spengler

L’une des polémiques porte sur le fait que le roman n’aborde un bandeau d’avertissement. En effet, le roman, non content de décrire des scènes sexuelles (de façon assez direct, pour le peu que j’en ai lu), aborde des thèmes violents comme l’inceste, la pédophilie, l’urophilie et la zoophilie ! Rien que ça !

Et les critiques pleuvent sur le Net avec des titres de commentaires pour le moins éloquents : « Ignoble! », « DANGEREUX », « Tromperie et immoralité » etc. Bref, Outrage semble vouloir pulvériser la réputation du roman le plus scandaleux possible. Beau coup marketing en effet !

Tout d’abord, au delà du contenu, ceci est très personnel, je suis étonnée qu’on s’étonne ! Certes, le résumé aurait pu faire penser que ce roman était un énième roman de Dark Romance comme il en fleurit un peu de partout, suite au phénomène 50 Shades et vont souvent plus loin. Héroïne souvent kidnappée et séquestrée par un richissime homme d’affaire. Malgré viols et humiliations, l’héroïne tombe amoureux de son geôlier. On use et on abuse du syndrome de Stockholm, dans une grande majorité de cas, sans connaissance réelle de conséquences psychologiques. De plus, sur l’un des plus célèbres sites de publication en ligne, Wattpad pour ne pas le nommer, circulent aussi un certain nombre d’écrits qui traitent de violence sexuelle (viol, inceste et j’en passe) avec une désinvolture proprement révoltante et parfois, qui ne sont même pas mis dans les catégories appropriées. La culture du viol a encore de beaux jours devant elle ! Dans une certaines mesures, il n’est guère surprenant de voir émerger des textes de plus en plus subversifs dans le circuit littéraire classique.

Or, des quelques chapitres déjà parcourus (oui, j’ai acheté le livre pour me faire une opinion), Outrage n’entre absolument pas dans la catégorie « Romance » et son dérivé « Dark Romance ». Et je crois sincèrement l’écrivaine quand celle-ci dit (je cite) :

Je n’écris pas pour faire rêver, ni pour offrir des histoires mielleuses à souhait, je crois que je ne sais pas faire ce genre d’histoires. J’ai du mal à brosser le lecteur dans le sens du poil, je préfère le provoquer, le chambouler, le perturber, le faire réagir… Je ne veux pas être étiquetée auteure érotique, mes écrits ne sont pas masturbatoires…

L’erreur, sans doute voulue inconsciemment pour attirer le chaland, a été tant que par le résumé et tant aussi, peut-être, par la couverture de laisser entendre qu’il s’agissait d’une romance. De plus, lors de l’achat, au vu du contenu, j’ai été quand même été surprise de le voir trôner dans les nouveautés dans le rayon « Romance », renforçant ou pouvant renforcer la confusion avec en outre, l’absence de bandeau ou de message d’avertissement (et aussi d’emballage sous cellophane comme on l’a fait pour un certain nombre de mangas Yaoi et/ou érotico-porno). Alors, des lecteurs et lectrices non avertis pourraient très bien prendre Outrage comme un énième After parmi la pléthore de romans classifiés « New Romance » et avoir la désagréable surprise du contenu à la lecture du roman. Surtout, et sans vouloir spoiler, que les premiers chapitres ne vont pas avec le dos de la cuillière puisque Rose évoque de façon très brutale et très crue les violences sexuelles dont elle a été victime étant enfant par son propre père.

Honnêtement, je ne sais pas si je parviendrais à poursuivre ma lecture, en particulier de par le style d’écriture qui, s’il possède un côté enlevé, donnant l’impression d’un journal de bord où Rose jette littéralement tout ce qui lui passe par la tête avec d’indéniables qualité (rendons à César… car, un livre c’est un tout), ne m’a pas enthousiasmée des masses. Après, évidemment, ce n’est qu’un ressenti au niveau stylistique qui n’engage évidemment que moi.
Sur ce qui est du contenu et des passages qui ont fait polémiques, j’ai lu certaines critiques qui, si je peux parfaitement comprendre le sentiment de révolte, voudraient interdire les romans traitant de ces sujets me hérissent. Le fameux passage est certes, brute de décoffrage mais ne fait pas l’apologie (loin, très loin de là) de l’inceste et/ou de la pédophilie ! Il est vrai que, de vouloir écrire les pensées d’une gamine de 7ans violée par son père est, disons-le, un peu (totalement ?) casse-gueule mais je n’ai pas vu la moindre complaisance dans ce passage. Le fait de traiter de sujets comme le viol, l’inceste,  les pratiques sexuelles extrêmes, l’autodestruction ou même la drogue (qui peut en faire partie de ce roman puisqu’on peut considérer l’héroïne et certains des personnages qui gravitent autours d’elle, finalement drogués au sexe) sans tomber dans le voyeurisme le plus cynique est quelque chose qui n’est pas à la portée de tout le monde, reconnaissons-le. Rappelons-nous ce vieil adage : « La critique est aisée mais l’art est difficile. ». Jamais tel aphorisme ne s’est autant vérifié que depuis la sortie d’Outrage.
Autre remarque qui m’a fait, disons poliment, bondir au plafond a été de lire qu’on faisait une comparaison avec Sade, comparaison des plus falacieuses. Tout d’abord, les écrits du divin Marquis l’ont été dans un contexte politique particulier, la fin de l’Ancien Régime et les débuts de la Révolution française et avec des revendications politiques sous-jacente. Les écrits de Sade, encore moins qu’Outrage, ne sont PAS de la romance, une erreur monumentale et historique extraordinaire. Ils n’ont rien à voir. A travers la sexualité, somme toute débridée, Sade a voulu dénoncer l’hypocrisie de toute une société décadente, notamment avec ses deux héroïnes Justine et Juliette. D’ailleurs, il n’a jamais fait le dixième de ce qu’il raconte dans ses livres. Il a été embastillé pour sodomie (un crime à l’époque) et pour des questions de dettes sur lettre de cachet demandée par sa belle-mère, justice des plus sommaires, si on peut appeler le système de cachet de la justice. Il n’a jamais, au grand jamais, assassiné ou torturé qui que ce soit. Je ne vais pas vous livrer une analyse approfondie (il me faudrait au moins une année pour ça) de ses oeuvres mais Sade a été simplement une sorte d’objecteur de conscience de l’époque. Un conseil, relisez le célèbre passage « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » de La philosophie dans le boudoir, certes difficile à aborder tant Sade utilise l’absurde comme argumentaire, mais qui, à sa façon, comme Olympe de Gouge, prône l’égalité homme-femme (qui commence par la sexualité) ou réclame la séparation du politique et du religieux.
Outrage ne s’inscrit absolument pas dans la diatribe de Sade comme le roman ne se veut absolument pas une énième Dark Romance. Je dirai même plutôt que c’est une anti-dark romance tant on sent un gros « fuck » à toute cette prolifération de romans.

En conclusion, l’erreur majeure de ce roman n’est finalement pas le roman en lui-même mais plutôt la stratégie marketing qui a voulu séduire une frange de lecteurs, sans nul doute, mal informés de la teneur réelle du roman. Il s’agit d’un roman difficile à aborder et il faut vraiment lire avec un esprit ouvert et critique.

 

Un article intéressant sur le sujet -> https://www.actualitte.com/article/monde-edition/outrage-roman-d-une-humanite-terrible-dont-l-existence-derange/84382

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Chronique Livre – Les derniers jours des reines

 

Titre : Les derniers jours des reines
Auteurs : collectif
Genre : historique

Résumé

Comment sont mortes les souveraines les plus célèbres de l’Histoire ? Du suicide de Cléopâtre au dramatique accident d’Astrid de Belgique en passant par la décapitation de Marie Stuart et de Marie-Antoinette, l’assassinat d’Agrippine, de Sissi et d’Alexandra de Russie, ou l’agonie édifiante de Catherine de Médicis, Anne d’Autriche, Catherine II, la reine Victoria ou l’impératrice Eugénie, les meilleurs historiens et écrivains d’histoire racontent leurs derniers jours dans des textes incisifs où la limpidité du récit s’appuie sur des enquêtes puisées aux meilleures sources.

Toujours tragiques, souvent brutales, parfois spectaculaires, inattendues ou interminables, leurs fins se ressemblent par une même dignité, une civilité monarchique de l’adieu exaltée par la conscience que ces reines avaient de leur rang, et leur volonté commune d’édifier la postérité après avoir marqué leur temps. Comme si toutes se retrouvaient dans la fière devise de Marie Stuart :  » En ma fin est mon commencement. « 

 » Une fresque du pouvoir suprême au féminin, de l’Antiquité au XXe siècle  » : c’est ainsi que Jean-Christophe Buisson et Jean Sévillia définissent cet ouvrage collectif de prestige qu’ils ont dirigé et qui fera date, autant par ses qualités littéraires que par le regard innovant qu’il porte sur les ultimes instants de ces femmes dont les règnes ont changé le monde à tout jamais.

Mon avis

Puisque je suis dans un moment intense de recommandations de livres, je vous propose un autre ouvrage historique absolument indispensable qui est un très beau cadeau à offrir ou à s’offrir : Les derniers jours des Reines qui est un ouvrage collectif dans lequel dix-neuf historiens (dont Didier Le Fur, Jean-François Solnon, Simone Bertière, Jean-Paul Bled, Jean Tulard, Jean des Cars, Arnaud Teyssier et les codirecteurs du livre) ont brossé le portrait de vingt souveraines à travers la fin de leur vie.

De Cléopâtre à l’impératrice Eugénie en passant par Marie-Antoinette, dernière reine de France et Alexandra Fedorovna, tsarine de Russie, le livre explore la royauté au féminin à travers la fin, parfois tragique, de ces femmes, reines et futures mères de rois et leur rend la place qui est la leur. Dans notre culture et notre tradition républicaines, on reste encore fascinée par la royauté et son incarnation, le meilleur exemple restant bien évidemment Elisabeth II, reine d’Angleterre avec la  presse people qui guette chaque geste, chaque apparition de la souveraine ou de ses proches mais Marie-Antoinette n’est pas en reste, avec tous les livres, expositions, films sur sa vie en forme de tragédie grecque. Petite anecdote, la plupart des visiteurs du château de Versailles ne viennent pas pour admirer le chef d’oeuvre architecturale et les incroyables jardins du château de Louis XIV mais bien pour voir les endroits où vécu Marie-Antoinette, de ses appartements au petit Trianon en passant par le Hameau ou la laiterie, elle est la seule reine de France universellement connue. Moi-même, je l’avoue, j’adore la dernière Reine de France, je suis une vraie Marie-Antoinette-mania.

Chaque histoire, bien que basée sur des recherches rigoureuses, est écrite comme une nouvelle romancée, permettant de s’immerger complètement dans l’intimité de ces femmes de pouvoir. Je n’ai pas lu toutes les biographies mais, globalement, elles sont toutes passionnantes. On comprend que n’est pas reine qui veut, que ce n’est pas juste porter une couronne et monter sur un trône d’or mais c’est véritablement devenir l’incarnation vivante du pouvoir et du pays. A ce titre, j’ai envie de citer Jean Sévillia dans le Figaro qui dit : « La reine d’Angleterre est un des personnages les plus photographiés de la terre, et pourtant on ne peut pas lui appliquer l’étiquette de people. Vous verrez que, lorsqu’elle disparaîtra, ce sera un événement planétaire, et que les plus républicains des Français seront touchés eux aussi. » On ne peut qu’être d’accord puisqu’à l’instar de son illustre ancêtre, la reine Victoria, elle incarne à elle seule non seulement tout le Royaume-Uni et les états du Commonwealth, bien plus qu’un David Cameron, le Premier Ministre britannique, mais aussi tout une époque. Si la reine Victoria est le symbole du XIXeme siècle, la reine Elisabeth sera celui du XXeme siècle.

En conclusion, Les derniers jours des Reines est un très bon livre qui rend hommage à ces femmes qui ont changé la face du monde.

Chronique livre – Louis II de Bavière & Elisabeth d’Autriche : Âmes soeur Auteur


Titre : Louis II de Bavière & Elisabeth d’Autriche : Âmes soeur
Auteur : Philippe Collas
Genre : Histoire, réflexion

Résumé :

On croit bien connaître la vie du roi Louis II de Bavière et celle de sa cousine Elisabeth, l’impératrice d’Autriche, la légendaire Sissi. Pourtant, aucune histoire n’a jamais été écrite sur leurs destinées parallèles et les croisements de leurs existences respectives. Or comment mieux comprendre la vie de ces deux  » âmes sœurs « , sinon en déchiffrant l’une à travers l’autre ? Névrosés, géniaux, plus grands que la vie, les deux cousins se sont profondément aimés et compris.

Au-delà des clichés, les personnalités de ces souverains hors du commun pourront alors apparaître sous un jour nouveau : révolutionnaires et avant-gardistes, Louis et Elisabeth furent des visionnaires qui posèrent en plein cœur du XIXe siècle les questions cruciales qui allaient déterminer le sanglant XXe siècle. Ils furent aussi l’un et l’autre les victimes de leur lucidité, comme le dévoile la mécanique du complot qui allait aboutir à l’assassinat du roi de Bavière. Philippe Collas propose ainsi une relecture originale du destin et de la personnalité de deux grandes figures historiques du XIXe siècle.

Mon avis

Passionnée par la vie des personnages de Elisabeth d’Autriche, dite Sissi, et par Louis II de Bavière, réputé pour sa folie et ses châteaux baroquo-roccoco fantastiques, c’est avec plaisir que j’ai découvert il y a déjà quelques années, l’ouvrage de Philippe Collas qui fait le parallèle de la vie de ces deux personnalités hors du commun. Souvent réduite soit à une viennoiserie sucée  dans la trilogie des Sissi d’Ernst Marischka, soit en cousin et cousin proches de l’inceste et de la décadence dans l’immense mais méconnu chef d’oeuvre « Le Crépuscule des Dieux » par Visconti, film que je recommande chaudement, on (re)découvre à travers cet ouvrage la vraie Elisabeth, anorexique, dépressive, égocentrique, autodestructrice et le véritable Louis II, jeune roi tourmenté par son homosexualité, tous deux en recherche permanente d’un bonheur impossible dans une société bourgeoise au bord de la destruction.

Ces deux personnages sont d’abord et avant tout le symbole même d’un monde disparu, d’une Europe qui marche à pas feutrés vers la guerre et la destruction, le monde des grands Empires. Mais pas que. Souvent qualifiés de « fous », l’ouvrage nous montre à quel point Sissi et Louis sont incompris, voire vilipendés par leurs contemporains (alors que des études récentes font apparaître que la « folie » présumée de Sissi était tout simplement une dépression profonde, dépression des plus légitimes puisqu’elle a perdu quand même deux enfants, dont Rodolphe qui s’est suicidé et a vu un grand nombre de ses proches morts dans des circonstances dramatiques, comme sa soeur Sophie, brûlée vive dans le bazar de la Charité à Paris, son beau-frère Maximilien, éphémère empreur du Mexique, fusillé etc, doublée d’une anorexie qui, comme les anorexiques d’aujourd’hui, est un moyen de dompter un corps qui lui échappe, et celle de son royal cousin qui souffrait plus de troubles autistiques que d’une folie dans le sens premier du terme. Rappelons-le, l’autisme n’est PAS une maladie mentale mais un trouble du développement tout comme l’homosexualité qui était, alors, malheureusement, considéré comme maladie mentale et souvent passible de prison. Voir Oscar Wilde).

Sissi et Louis II de Bavière ont, chacun à leur manière, pressenti les changements à venir alors qu’ils ont été propulsés très jeunes au sommet du pouvoir (Sissi a épousé François-Joseph à 15ans et Louis est devenu roi de Bavière à 18ans, donc, ce sont deux enfants qui se retrouvent à la tête d’un royaume ou d’un empire.). A travers l’ouvrage, on découvre un peu plus les dessous de l’Histoire, notamment les complots de l’entourage de Louis qui souhaitait s’allier à la Prusse et à son maître Bismark, semant, sans le savoir, les germes qui allaient donner naissance à la montée du nazisme, un demi-siècle plus tard. Evidemment, on ne parler de Louis II de Bavière sans parler de son autre grand amour, celui qu’il éprouva pour le compositeur Richard Wagner, tout comme on ne peut pas décrire ses constructions absolument incroyable, comme le féérique château de Neuschwanstein, Le Château de Herrenchiemsee, réplique grandiose du château de Versailles ou le Château de Linderhof. Concernant Sissi, il est impossible de ne pas parler de son oeuvre qui fut la création de la double monarchie et de son amour pour la Hongrie, alors méprisée du côté autrichien, mais aussi de ses combats personnels pour le très grand poète juif, Heinrich Heine et la reconnaissance des nationalités et de toutes les minorités et des aspirations de ces dernières. Souvent qualifiée « d’impératrice anarchiste », Sissi était surtout en avance sur son temps, une femme moderne par ses aspirations, ses extravagances (par exemple, elle était une adepte d’une vie saine et hygènique par sa pratique du sport) et ses combats.

En conclusion, cet ouvrage est bien écrit et permet vraiment de comprendre pourquoi Louis II de Bavière et Sissi sont absolument indissociables et ne sont pas des images surannées mais bien des personnages de notre temps et auxquels on peut vraiment s’identifier.

Chronique Livre – la Guerre des Clans : Cycle I

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Titre : La Guerre des Clans (Warriors en VO)

Auteur : Erin Hunter

Genre : Animal fantasy, aventure

Nombre de volumes : 6

Résumé du volume 1

Seul le courage pourra les sauver…

 Le roman s’ouvre sur un prologue guerrier où le clan du Tonnerre, et celui de la Rivière s’affrontent. Le clan du Tonnerre est dominé en nombre et leur lieutenant ordonne la retraite. Une allusion cachée est faite au héros sous la forme d’une prophétie du clan donnée par les esprits de leurs ancêtres : « Seul le feu sauvera notre clan ».

Rusty est un chat domestique ordinaire qui rêve d’une vie sauvage, chasser son propre gibier et dormir à la belle étoile. Une nuit, il décide d’explorer la forêt avoisinant sa maison. Rusty pénètre tout de même dans les bois, où il rencontre Étoile Bleue, la meneuse du Clan du Tonnerre. Après un combat contre Nuage Gris, Rusty accepte sa proposition de rejoindre la troupe et est baptisé Nuage de Feu, apprenti du Clan du Tonnerre. Les autres membres du Clan n’acceptent pas immédiatement Nuage de Feu en raison de ses gènes de chat domestique, mais il se fait peu à peu une place en prouvant sa bravoure, son courage et sa loyauté envers le Clan du Tonnerre.

Les chats ont des ennemis naturels dans la forêt tel que les blaireaux ou les renards, ils peuvent se battre entre eux pour gagner de nouveaux terrains de chasse, régler un différend ou même chasser des guerriers adverses d’un territoire qui n’est pas le leur. Trois autres clans se partagent ce territoire : le clan de la Rivière, le clan du Vent et le clan de l’Ombre.

Nuage de Feu devient rapidement le meilleur ami de Nuage Gris et Nuage de Jais, d’autres apprentis du Clan, et tombe amoureux de Petite Feuille, la guérisseuse du clan du Tonnerre. Durant son apprentissage, il découvre la chasse, le combat, la survie et comprend les traditions des Clans. Il se fait une grande amie, Croc Jaune, vieille, arrogante, mais très intelligente guérisseuse exilée du Clan de l’Ombre, et plus tard, ramenée au Clan du Tonnerre, où Nuage de Feu prendra soin d’elle. Étoile Brisée le meneur du Clan de l’Ombre menace la forêt, il vole les chatons des autres clans et ne respecte pas le code du guerrier et Nuage de Feu va prouver sa valeur en le chassant. Il reçoit alors son nom de guerrier : « Cœur de Feu ».

Mon avis

J’avais fait déjà une rec sur Book Is Not The Enemy mais j’ai eu envie de la reprendre car, faire une recommandation sur une saga comme La Guerre des Clans me semblait un peu courte. Je me propose donc de faire une chronique, non pas sur l’ensemble de la saga (qui compte, au total, pas loin d’une cinquantaine de livres, manga compris !) mais, dans un premier temps, une chronique sur chaque cycle de la saga (6 volumes à chaque cycle), puis sur les romans hors-série comme La prophétie d’Etoile Bleue ou le Secret de Croc Jaune.

Le premier cycle se concentre sur le destin de celui qui, de chaton domestique prénommé Rusty deviendra Etoile de Feu, l’un des grands chefs de légende parmi les chats sauvages.

Romans destinés à un public enfant ou adolescent, La Guerre des Clans n’en est pas moins une excellente saga littéraire, souvent et malheureusement oubliée au profit de sagas comme Hungers Game ou Twilight. Pourtant, Erin Hunter (qui est le pseudonyme de quatre écrivains : Kate Cary, Cherith Baldry et Victoria Holmes, rejointes ensuite par l’écrivain américaine Tui Sutherland) possède une plume d’une grande qualité, ce qui peut surprendre étant donné que l’écriture à quatre mains n’est pas forcément chose aisée, alors à douze mains… On sent par conséquent un véritable travail en amont pour proposer à la fois une écriture de qualité et une intrigue très recherchée.

Au début de la saga, il y a un certain nombre de personnages et les noms composés des animaux (Nuage de feu, Nuage Gris, Etoile Bleue, Poil de Souris etc) peuvent facilement dérouter et gêner le repérage des chats principaux de l’intrigue, d’autant que les chats changent de noms quand ils montent en grade, par exemple, d’apprenti à guerrier. Néanmoins, grâce à la liste des personnages et une carte des lieux en début de chaque roman, ces petites gênes sont vite gommées devant la richesse de l’univers imaginé par Erin Hunter. De plus, durant le premier cycle, l’intrigue est entièrement placée du point de vue de Rusty/Nuage/Coeur/Etoile de Feu (oui, c’est un peu compliqué mais je vous assure, une fois dedans, on se repère très vite).  De plus, chaque chat possède une véritable personnalité qui le différencie de ses compagnons ou ennemis. Erin Hunter a su souffler dans ses personnages une véritable complexité, ce qui ne devait pas être simple au vu du nombre de protagonistes de l’intrigue. Enfin, à l’heure où une re-traduction (réécriture serait plus juste) du célèbre Club des Cinq avec une simplification absurde, voire un total nivellement vers le bas qui, à juste raison, fait scandale, c’est un plaisir de lire une saga destinée aux enfants ou adolescents avec un vocabulaire diversifié, d’autant qu’en se plaçant à hauteur de félin, il fallait imaginer comment eux se représentent notre monde avec son propre vocabulaire sans pour autant l’appauvrir (par exemple, les humains sont les bipèdes, les voitures sont les monstres etc). Petite parenthèse, à force de prendre nos enfants ou adolescents pour des attardés, on finit par réellement les rendre totalement idiots. Le scandale autours du Club des Cinq est malheureusement symptômatique de cette débilisation de la société qui prend petits et grands pour des demeurés. Heureusement, un certain nombre d’auteurs jeunesse continuent de vouloir proposer à nos jeunes des romans de qualité, nous montrant que la médiocrité n’est pas une fatalité. Fin de la parenthèse.

La Guerre des Clans, bien que s’adressant à un public enfant, n’élude absolument pas des thèmes comme la mort (plusieurs personnages meurent au cours du cycle, parfois de façon naturel, parfois dramatiquement voire héroïquement), la haine de l’autre, la vengeance, la soif de pouvoir et de conquête mais aussi l’amour, le sacrifice, l’amitié. Véritable Game of Thrones des félins (oui, je n’ai pas peur d’élever LGDC au niveau de l’oeuvre de Georges Martins, les scènes de sexe en moins), Erin Hunter offre une aventure littéraire pleine de magie et de rêves.

A découvrir et/ou à offrir absolument.

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Chronique Livre – la Guerre des Clans : Cycle I

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Titre : La Guerre des Clans (Warriors en VO)

Auteur : Erin Hunter

Genre : Animal fantasy, aventure

Nombre de volumes : 6

Résumé du volume 1

Seul le courage pourra les sauver…

 Le roman s’ouvre sur un prologue guerrier où le clan du Tonnerre, et celui de la Rivière s’affrontent. Le clan du Tonnerre est dominé en nombre et leur lieutenant ordonne la retraite. Une allusion cachée est faite au héros sous la forme d’une prophétie du clan donnée par les esprits de leurs ancêtres : « Seul le feu sauvera notre clan ».

Rusty est un chat domestique ordinaire qui rêve d’une vie sauvage, chasser son propre gibier et dormir à la belle étoile. Une nuit, il décide d’explorer la forêt avoisinant sa maison. Rusty pénètre tout de même dans les bois, où il rencontre Étoile Bleue, la meneuse du Clan du Tonnerre. Après un combat contre Nuage Gris, Rusty accepte sa proposition de rejoindre la troupe et est baptisé Nuage de Feu, apprenti du Clan du Tonnerre. Les autres membres du Clan n’acceptent pas immédiatement Nuage de Feu en raison de ses gènes de chat domestique, mais il se fait peu à peu une place en prouvant sa bravoure, son courage et sa loyauté envers le Clan du Tonnerre.

Les chats ont des ennemis naturels dans la forêt tel que les blaireaux ou les renards, ils peuvent se battre entre eux pour gagner de nouveaux terrains de chasse, régler un différend ou même chasser des guerriers adverses d’un territoire qui n’est pas le leur. Trois autres clans se partagent ce territoire : le clan de la Rivière, le clan du Vent et le clan de l’Ombre.

Nuage de Feu devient rapidement le meilleur ami de Nuage Gris et Nuage de Jais, d’autres apprentis du Clan, et tombe amoureux de Petite Feuille, la guérisseuse du clan du Tonnerre. Durant son apprentissage, il découvre la chasse, le combat, la survie et comprend les traditions des Clans. Il se fait une grande amie, Croc Jaune, vieille, arrogante, mais très intelligente guérisseuse exilée du Clan de l’Ombre, et plus tard, ramenée au Clan du Tonnerre, où Nuage de Feu prendra soin d’elle. Étoile Brisée le meneur du Clan de l’Ombre menace la forêt, il vole les chatons des autres clans et ne respecte pas le code du guerrier et Nuage de Feu va prouver sa valeur en le chassant. Il reçoit alors son nom de guerrier : « Cœur de Feu ».

Mon avis

J’avais fait déjà une rec sur Book Is Not The Enemy mais j’ai eu envie de la reprendre car, faire une recommandation sur une saga comme La Guerre des Clans me semblait un peu courte. Je me propose donc de faire une chronique, non pas sur l’ensemble de la saga (qui compte, au total, pas loin d’une cinquantaine de livres, manga compris !) mais, dans un premier temps, une chronique sur chaque cycle de la saga (6 volumes à chaque cycle), puis sur les romans hors-série comme La prophétie d’Etoile Bleue ou le Secret de Croc Jaune.

Le premier cycle se concentre sur le destin de celui qui, de chaton domestique prénommé Rusty deviendra Etoile de Feu, l’un des grands chefs de légende parmi les chats sauvages.

Romans destinés à un public enfant ou adolescent, La Guerre des Clans n’en est pas moins une excellente saga littéraire, souvent et malheureusement oubliée au profit de sagas comme Hungers Game ou Twilight. Pourtant, Erin Hunter (qui est le pseudonyme de quatre écrivains : Kate Cary, Cherith Baldry et Victoria Holmes, rejointes ensuite par l’écrivain américaine Tui Sutherland) possède une plume d’une grande qualité, ce qui peut surprendre étant donné que l’écriture à quatre mains n’est pas forcément chose aisée, alors à douze mains… On sent par conséquent un véritable travail en amont pour proposer à la fois une écriture de qualité et une intrigue très recherchée.

Au début de la saga, il y a un certain nombre de personnages et les noms composés des animaux (Nuage de feu, Nuage Gris, Etoile Bleue, Poil de Souris etc) peuvent facilement dérouter et gêner le repérage des chats principaux de l’intrigue, d’autant que les chats changent de noms quand ils montent en grade, par exemple, d’apprenti à guerrier. Néanmoins, grâce à la liste des personnages et une carte des lieux en début de chaque roman, ces petites gênes sont vite gommées devant la richesse de l’univers imaginé par Erin Hunter. De plus, durant le premier cycle, l’intrigue est entièrement placée du point de vue de Rusty/Nuage/Coeur/Etoile de Feu (oui, c’est un peu compliqué mais je vous assure, une fois dedans, on se repère très vite).  De plus, chaque chat possède une véritable personnalité qui le différencie de ses compagnons ou ennemis. Erin Hunter a su souffler dans ses personnages une véritable complexité, ce qui ne devait pas être simple au vu du nombre de protagonistes de l’intrigue. Enfin, à l’heure où une re-traduction (réécriture serait plus juste) du célèbre Club des Cinq avec une simplification absurde, voire un total nivellement vers le bas qui, à juste raison, fait scandale, c’est un plaisir de lire une saga destinée aux enfants ou adolescents avec un vocabulaire diversifié, d’autant qu’en se plaçant à hauteur de félin, il fallait imaginer comment eux se représentent notre monde avec son propre vocabulaire sans pour autant l’appauvrir (par exemple, les humains sont les bipèdes, les voitures sont les monstres etc). Petite parenthèse, à force de prendre nos enfants ou adolescents pour des attardés, on finit par réellement les rendre totalement idiots. Le scandale autours du Club des Cinq est malheureusement symptômatique de cette débilisation de la société qui prend petits et grands pour des demeurés. Heureusement, un certain nombre d’auteurs jeunesse continuent de vouloir proposer à nos jeunes des romans de qualité, nous montrant que la médiocrité n’est pas une fatalité. Fin de la parenthèse.

La Guerre des Clans, bien que s’adressant à un public enfant, n’élude absolument pas des thèmes comme la mort (plusieurs personnages meurent au cours du cycle, parfois de façon naturel, parfois dramatiquement voire héroïquement), la haine de l’autre, la vengeance, la soif de pouvoir et de conquête mais aussi l’amour, le sacrifice, l’amitié. Véritable Game of Thrones des félins (oui, je n’ai pas peur d’élever LGDC au niveau de l’oeuvre de Georges Martins, les scènes de sexe en moins), Erin Hunter offre une aventure littéraire pleine de magie et de rêves.

A découvrir et/ou à offrir absolument.

Chronique Livre – Saga 80 notes de Vina Jackson

80-1 copie

Auteur : Vina Jackson

Editeur : Milady

Genre : Romance  M/F, érotique, drame

Rating : +16/+18

Etat : saga en elle-même terminée. Une nouvelle suite est en cours toujours chez Milady

Quatrième de couverture de 80 Notes de jaune 

Prisonnière d’une relation en demi-teinte, Summer, violoniste passionnée, trouve refuge dans la musique. Elle passe ses après-midi à interpréter Vivaldi dans le métro londonien. Quand son instrument est détruit, elle reçoit le message d’un admirateur secret.
Dominik, séduisant professeur d’université, se propose de lui offrir un violon en échange d’un concert… très privé.
Dominik et Summer se jettent alors à corps perdu dans une liaison sulfureuse aussi imprévisible qu’excitante. La jolie violoniste laisse libre cours à des pulsions interdites et s’abandonne enfin à la passion, mais elle va découvrir qu’il n’y a pas de plaisir sans souffrance…

Mon avis

Pour ma première chronique de livre, je vous propose de découvrir une saga qui a été un coup de coeur.

Le phénomène 50 Shades a été l’occasion d’une vague de livres dans la même veine avec de la romance à gogo et de l’érotisme soft s’adressant à un public féminin entre 20 et 50ans, parfois surnommé Mummy Porn (porno pour maman). Dans cette vague de romance, outre 50 Shades, on a eu le droit aussi à quelques révélation avec les romans de Silvia Day et sa trilogie Crossfire,  ou la romancière Portia da Costa. Mais aussi Vina Jackson et sa double trilogie 80 Days ou 80 Notes en français.

50 Shades a souvent été pointé (avec raison) sur la qualité du texte plus que moyen, ses nombreux clichés véhiculés (l’héroïne forcément vierge, innocente et forcément étudiante en littérature, le héros, sorte de Prince charmant 2.0, beau et riche sinon, c’est pas drôle) et surtout le fait qu’à la base, il s’agissait d’une fanfiction de l’univers Twilight « défandomisée » pour être publiable par une maison d’édition et sans enfreindre les droits d’auteur. Mais ces nombreux défauts s’appliquent-ils forcément à ces livres qui « ont surfé sur la vague »? Pas obligatoirement. Et pour moi, la saga 80 Notes relève le niveau et prouvent que la romance érotique n’est pas toujours synonyme de médiocrité.

Tout d’abord, enfin on a Summer, une héroïne  un peu plus originale qui joue du violon dans le métro londonien pour gagner sa vie et qui est un peu punky et un peu déphasée sur les bords. Elle n’est plus vierge (ouf!). Le héros, Dominik, n’est plus un jeune garçon mais bien un quadra qui s’assume pleinement.

La romance et les scènes sensuelles ne se cantonnent pas à Summer et Dominik puisque chacun n’hésite pas à se découvrir ailleurs et parfois dans des lieux très étranges, ce qui donnent l’impression, surtout pour Summer, d’une quête initiatique dans des cercles particuliers.

La qualité littéraire est aussi au rendez-vous avec une plume agréable.

Si la première trilogie s’intéresse principalement à Summer, la seconde se concentre sur d’autres personnages du roman (la danseuse Luba, Lily et Aurelia) et nous fait voyager à la Nouvelle Orléans dans une atmosphère moite, à Brighton ou même au coeur de New York. Même si 80 Notes de blanc est le moins bon des 6 volumes, globalement, 80 Notes ravira les amateurs et amatrices de romances pimentées.

Une petite perle à découvrir.