Réaction/Roman – Outrage de Maryssa Rachel

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Cet article est un peu particulier car il ne s’agit absolument pas d’une chronique mais d’une réflexion suite au bad-buzz qui a suivi la sortie d’un roman : Outrage par Maryssa Rachel.

Quatrième de couverture du roman

Le roman de l’emprise. Le roman de l’injustice des sentiments. Le roman de l’amour qui s’enfuit.

 » L’amour, le seul, l’unique, celui dont on n’oubliera jamais le nom, porte les stigmates de nos plus terribles douleurs. « 
Rose est une femme libre, indépendante, torturée, traumatisée, elle s’est construit une carapace de survie.

Elle fuit l’amour par peur de l’attachement. Elle est perverse, passionnée, cyclique, addict au sexe et à l’alcool mondain. Mais ce soir-là, dans un bar, elle tombe amoureuse d’un être qui lui ressemble, peut être un peu trop. Tout en lui la repousse et pourtant… Lui, c’est Alex, un artiste paumé, un je-m’en-foutiste tout aussi névrosé qu’elle.

Rose va vivre cette passion destructrice où Alex la guide, la commande, la déconstruit, la fabrique, la façonne… Rose n’écoute pas la bête qui rugit en elle et qui lui dit  » fuis « . Son corps, son sexe deviennent chaque jour plus douloureux, mais elle tient, par amour pour cet homme qui la dévore chaque jour un peu plus…

Puis vient la douleur du déchirement. Alors, elle va essayer de noyer ses maux dans la seule addiction qui lui permet d’échapper à la douleur : le sexe.

Une information importante à connaître est le mot de l’éditeur que je vous copie-colle :

Dans une vie d’éditeur, il est des textes qui vous marquent et vous « signent » pour toujours. Il en fut ainsi d’Histoire d’O de Pauline Réage pour Jean-Jacques Pauvert, de La Mort Propagande d’Hervé Guibert pour Régine Deforges ou de Baise-moi de Virginie Despentes pour Florent Massot…

Pour ma part, il y eut La femme de papier de Françoise Rey, Le Lien de Vanessa Duriès, Dolorosa soror de Florence Dugas et L’Orage de Régine Deforges. Tous ces textes ont été importants car ils ont marqué l’histoire d’une littérature. Ils ont balayé toutes les incertitudes et dessiné d’autres contours. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice, et a contribué à renouveler un genre.

Outrage de Maryssa Rachel est l’un d’entre eux. Il s’inscrit dans la veine de ces textes qui vous remuent jusqu’aux tréfonds de vous-même et y déposent une empreinte qui, tel un tatouage, ne pourra jamais s’effacer. Et longtemps après, le livre refermé, perdurera l’écho de tout ce qu’il a provoqué en vous.

Outrage c’est le livre de la démesure amoureuse et de l’urgence sexuelle pour réparer les dégats de l’emprise. C’est le livre de la perte de contrôle et de l’abandon, du renoncement et de l’instinct de survie. Maryssa Rachel parle à nos sens, à notre animalité, dussions-nous en mourir.

Véritable « coup de boule littéraire », Outrage est destiné à devenir un classique.

Franck Spengler

L’une des polémiques porte sur le fait que le roman n’aborde un bandeau d’avertissement. En effet, le roman, non content de décrire des scènes sexuelles (de façon assez direct, pour le peu que j’en ai lu), aborde des thèmes violents comme l’inceste, la pédophilie, l’urophilie et la zoophilie ! Rien que ça !

Et les critiques pleuvent sur le Net avec des titres de commentaires pour le moins éloquents : « Ignoble! », « DANGEREUX », « Tromperie et immoralité » etc. Bref, Outrage semble vouloir pulvériser la réputation du roman le plus scandaleux possible. Beau coup marketing en effet !

Tout d’abord, au delà du contenu, ceci est très personnel, je suis étonnée qu’on s’étonne ! Certes, le résumé aurait pu faire penser que ce roman était un énième roman de Dark Romance comme il en fleurit un peu de partout, suite au phénomène 50 Shades et vont souvent plus loin. Héroïne souvent kidnappée et séquestrée par un richissime homme d’affaire. Malgré viols et humiliations, l’héroïne tombe amoureux de son geôlier. On use et on abuse du syndrome de Stockholm, dans une grande majorité de cas, sans connaissance réelle de conséquences psychologiques. De plus, sur l’un des plus célèbres sites de publication en ligne, Wattpad pour ne pas le nommer, circulent aussi un certain nombre d’écrits qui traitent de violence sexuelle (viol, inceste et j’en passe) avec une désinvolture proprement révoltante et parfois, qui ne sont même pas mis dans les catégories appropriées. La culture du viol a encore de beaux jours devant elle ! Dans une certaines mesures, il n’est guère surprenant de voir émerger des textes de plus en plus subversifs dans le circuit littéraire classique.

Or, des quelques chapitres déjà parcourus (oui, j’ai acheté le livre pour me faire une opinion), Outrage n’entre absolument pas dans la catégorie « Romance » et son dérivé « Dark Romance ». Et je crois sincèrement l’écrivaine quand celle-ci dit (je cite) :

Je n’écris pas pour faire rêver, ni pour offrir des histoires mielleuses à souhait, je crois que je ne sais pas faire ce genre d’histoires. J’ai du mal à brosser le lecteur dans le sens du poil, je préfère le provoquer, le chambouler, le perturber, le faire réagir… Je ne veux pas être étiquetée auteure érotique, mes écrits ne sont pas masturbatoires…

L’erreur, sans doute voulue inconsciemment pour attirer le chaland, a été tant que par le résumé et tant aussi, peut-être, par la couverture de laisser entendre qu’il s’agissait d’une romance. De plus, lors de l’achat, au vu du contenu, j’ai été quand même été surprise de le voir trôner dans les nouveautés dans le rayon « Romance », renforçant ou pouvant renforcer la confusion avec en outre, l’absence de bandeau ou de message d’avertissement (et aussi d’emballage sous cellophane comme on l’a fait pour un certain nombre de mangas Yaoi et/ou érotico-porno). Alors, des lecteurs et lectrices non avertis pourraient très bien prendre Outrage comme un énième After parmi la pléthore de romans classifiés « New Romance » et avoir la désagréable surprise du contenu à la lecture du roman. Surtout, et sans vouloir spoiler, que les premiers chapitres ne vont pas avec le dos de la cuillière puisque Rose évoque de façon très brutale et très crue les violences sexuelles dont elle a été victime étant enfant par son propre père.

Honnêtement, je ne sais pas si je parviendrais à poursuivre ma lecture, en particulier de par le style d’écriture qui, s’il possède un côté enlevé, donnant l’impression d’un journal de bord où Rose jette littéralement tout ce qui lui passe par la tête avec d’indéniables qualité (rendons à César… car, un livre c’est un tout), ne m’a pas enthousiasmée des masses. Après, évidemment, ce n’est qu’un ressenti au niveau stylistique qui n’engage évidemment que moi.
Sur ce qui est du contenu et des passages qui ont fait polémiques, j’ai lu certaines critiques qui, si je peux parfaitement comprendre le sentiment de révolte, voudraient interdire les romans traitant de ces sujets me hérissent. Le fameux passage est certes, brute de décoffrage mais ne fait pas l’apologie (loin, très loin de là) de l’inceste et/ou de la pédophilie ! Il est vrai que, de vouloir écrire les pensées d’une gamine de 7ans violée par son père est, disons-le, un peu (totalement ?) casse-gueule mais je n’ai pas vu la moindre complaisance dans ce passage. Le fait de traiter de sujets comme le viol, l’inceste,  les pratiques sexuelles extrêmes, l’autodestruction ou même la drogue (qui peut en faire partie de ce roman puisqu’on peut considérer l’héroïne et certains des personnages qui gravitent autours d’elle, finalement drogués au sexe) sans tomber dans le voyeurisme le plus cynique est quelque chose qui n’est pas à la portée de tout le monde, reconnaissons-le. Rappelons-nous ce vieil adage : « La critique est aisée mais l’art est difficile. ». Jamais tel aphorisme ne s’est autant vérifié que depuis la sortie d’Outrage.
Autre remarque qui m’a fait, disons poliment, bondir au plafond a été de lire qu’on faisait une comparaison avec Sade, comparaison des plus falacieuses. Tout d’abord, les écrits du divin Marquis l’ont été dans un contexte politique particulier, la fin de l’Ancien Régime et les débuts de la Révolution française et avec des revendications politiques sous-jacente. Les écrits de Sade, encore moins qu’Outrage, ne sont PAS de la romance, une erreur monumentale et historique extraordinaire. Ils n’ont rien à voir. A travers la sexualité, somme toute débridée, Sade a voulu dénoncer l’hypocrisie de toute une société décadente, notamment avec ses deux héroïnes Justine et Juliette. D’ailleurs, il n’a jamais fait le dixième de ce qu’il raconte dans ses livres. Il a été embastillé pour sodomie (un crime à l’époque) et pour des questions de dettes sur lettre de cachet demandée par sa belle-mère, justice des plus sommaires, si on peut appeler le système de cachet de la justice. Il n’a jamais, au grand jamais, assassiné ou torturé qui que ce soit. Je ne vais pas vous livrer une analyse approfondie (il me faudrait au moins une année pour ça) de ses oeuvres mais Sade a été simplement une sorte d’objecteur de conscience de l’époque. Un conseil, relisez le célèbre passage « Français, encore un effort si vous voulez être républicains » de La philosophie dans le boudoir, certes difficile à aborder tant Sade utilise l’absurde comme argumentaire, mais qui, à sa façon, comme Olympe de Gouge, prône l’égalité homme-femme (qui commence par la sexualité) ou réclame la séparation du politique et du religieux.
Outrage ne s’inscrit absolument pas dans la diatribe de Sade comme le roman ne se veut absolument pas une énième Dark Romance. Je dirai même plutôt que c’est une anti-dark romance tant on sent un gros « fuck » à toute cette prolifération de romans.

En conclusion, l’erreur majeure de ce roman n’est finalement pas le roman en lui-même mais plutôt la stratégie marketing qui a voulu séduire une frange de lecteurs, sans nul doute, mal informés de la teneur réelle du roman. Il s’agit d’un roman difficile à aborder et il faut vraiment lire avec un esprit ouvert et critique.

 

Un article intéressant sur le sujet -> https://www.actualitte.com/article/monde-edition/outrage-roman-d-une-humanite-terrible-dont-l-existence-derange/84382

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[Texte] Le 7eme Art ? Non, juste de la production à la chaîne !

Ce texte a été écrit dans le cadre « Ateliers : Esprit-Livre » dont la consigne d’écriture était : « Le dysfonctionnement : ce que vous aimeriez changer. » J’ai choisi le thème du cinéma.


 

Je suis devenue allergique au cinéma du circuit classique actuel. Je le vilipende et le vitupère tellement il m’insupporte. Non ! Je ne comprends pas tout cet engouement pour les films de super héros ultra-stéréotypés, pas plus que les frétillements émoustillés de petites jouvencelles devant un « 50 Shades of Grey » dont l’érotisme se réduit à la vision d’un bout de culotte ou encore de cette mode des reprises de vieux films pour tenter de les mettre au goût du jour, oubliant le contexte dans lesquels ils ont été réalisés et le message transmis, pour n’en faire qu’une machine à pognon. Le dernier film qui m’a vraiment scotchée sur mon fauteuil n’a pas été un film du circuit classique mais bien un film de la face obscure du Septième Art. Désormais, les rares fois où je me rends dans une salle de cinéma, j’éprouve, dans le meilleur des cas, un goût amer d’inachevé ou, plus souvent désormais, d’un profond ennui, en restant polie.

A l’heure actuelle, le cinéma, ou tout autre forme d’art d’ailleurs, tout est devenu uniforme, aseptisé, convenu. Le politiquement correct et la bien-pensance gagnent dangereusement du terrain. L’originalité, le jusqu’au-boutiste ont presque disparu des circuits classiques. Où sont l’insolence, l’irrévérence, le subversif des années 70-80 avec ses films qui osaient absolument tout et n’importe quoi ? Les pâles épigones tels les « 50 Nuances », « Saw » et autres films de super héros sortis du festival du rire ne parviennent pas à cacher ce misérabilisme visuel et cette vacuité effrayante d’imagination. Ne retrouverons-nous pas, un jour, le cinéma de Pasolini avec son scandaleux, prémonitoire et sans concession « Salò ou les 120 jours de Sodome » dénonçant le monde à venir, consumériste, individualiste, eschatologique, bestiale, voyeuriste, blasé et décadent qui, encore, quarante ans après, déchaîne les passions dans les trop rares festivals qui tentent le diffuser ? Où sont les excès délirants de « Caligula » de Tinto Brass, la rage de « Orange Mécanique » de Kubrik, la sensualité vénéneuse de mon film préféré « Portier de nuit » de Liliana Cavani ? Comment peut-on trouver un « 50 Shades » subversif et pornographique alors qu’il y a une cinquantaine d’années, on se pressait pour voir « Gorge profonde », « Emmanuelle » ou « Histoire d’O » au cinéma, qui, il faut le dire, étaient d’un autre niveau que l’adaptation du bestseller de E.L. James ?

Sincèrement, pour ne reprendre que les films de super héros, on dirait que les réalisateurs se sont contentés de les produire avec une photocopieuse en changeant juste la tête du héros, la tête du méchant et, éventuellement, la tête de la pauvre damoiselle en détresse. Affligeant ! J’en viens même presque à trouver le nanard le plus célèbre du cinéma, à savoir « Hitman le cobra » et ses dialogues au sommet de l’art de l’injure et de la nullité absolue comme bien plus  authentique que ces productions à la chaîne que nous pond Hollywood avec une ponctualité maniaque, c’est dire !

Et les films d’horreurs ? Je ne comprends pas tout ce cinéma (!) d’une obscure association pour tenter de faire interdire « Saw 3D » alors que l’on trouve facilement des films bien plus violents et malsains, avec pour étendard, le monstrueux « Cannibal Holocauste », considéré encore comme un sommet des films hardcore et connu du grand public. Ne parlons pas de toutes ces productions, heureusement et joyeusement oubliées comme « Ilsa la chienne des SS » (ou la louve, ça dépend des sites) et autres Nazisploitations ou, plus vulgairement surnommés Naziporns, des Women in Prison ou des Rape And Revenge qui ont eu, souvent, l’insigne honneur d’être classés « Nasty » en Grande Bretagne, c’est-à-dire qu’ils furent purement et simplement bannis du territoire britannique. Quand on voit ces sommets des tréfonds de la bêtise la plus crasse et la plus malsaine qui soit, joués par des acteurs de troisième plan cherchant à arrondir leur fin de mois dans, passez-moi l’expression, des daubes dantesques, on se demande ce qui a pu passer par la tête des censeurs tant il est impossible de prendre au sérieux un tel amas d’âneries ! Même « Auschwitz » d’Uwe Boll, le réalisateur le plus haï du monde avec ses adaptations complètement foirées de jeux vidéo et ses montages hystériques et épileptiques, est d’une grande qualité cinématographique à côté des productions d’un Bruno Mattei ou Luigi Batzella, besogneux de ces sinistres ouvrages du Septième Art. Si la saga « Saw » livre bien la marchandise côté gore, elle est largement surpassée par d’autres productions, bien plus choquantes et extrêmes, accessibles sur diverses plateformes en ligne et qui ne semblent pas interpeller nos parangons de vertu.

Faudra-t-il nous contenter, pour satisfaire cette soif de cinéma jusqu’au-boutiste, des trop rares productions de Marian Dora, illustre inconnu pour le grand public mais maître incontesté des fans de cinéma extrême et underground et qui ferait passer « Saw » pour une comédie familiale ? Ou chercher du côté du Pays du Soleil Levant avec les mangas et autres animations nippones pour trouver enfin l’originalité et l’absence de tout manichéisme qui manquent tant, résultat d’une vision simpliste et simplifiée du monde venant d’une fabrique de films à la chaîne avec des relents nationalistes et impérialistes ?

Je terminerai cette diatribe contre le cinéma actuel et ses blockbusters par cette citation tirée de « Salò ou les 120 jours de Sodome » que je trouve appropriée et qui pourrait bien sortir de la bouche de ces cinéastes avides d’argent et avares de qualité qui n’attendent qu’une chose : ouvrir notre porte-monnaie pour nourrir la poubelle du cinéma :

« Faibles créatures enchaînées, destinées à notre plaisir, j’espère que vous ne vous attendez pas à trouver la liberté ridicule que vous concède le monde extérieur ! »

Réflexion/Coup de gueule – l’uniformisation et l’asceptisation de la Culture

Cet article me taraudait depuis quelques temps. Mais avant, permettez-moi de vous copier-coller deux choses qui m’ont décider à réfléchir sur le sujet vaste de ce qu’on appelle aujourd’hui culture.

Tout d’abord, un article -> George R. R. Martin, auteur du Games of Thrones fustige Ant-Man qui me paraît dans l’ensemble une réflexion des plus pertinentes.

Et ensuite, une discussion sur le fil Facebook de Talk is not the Enemy, le petit frère de Fic Is Not The Enemy (Le sujet de base et ma réponse) ouvert par mon amie et co-admin du projet, Valerie Kumfu

Une discussion sur l’effet (pervers) des commentaires des lecteurs sur les sites de vente, pour les intéressés.
C’est désormais la norme : tous les sites de vente proposent à leurs lecteurs de mettre leur avis sur ce qu’ils achètent. Or, les avis mis ne sont quasi jamais des avis de « qualité », je remarque, mais des avis qui prennent clairement en élément numéro 1 les « goûts » des personnes. Chez Amazon, c’est clair : Amazon ne demande pas aux lecteurs s’ils pensent que le roman qu’ils ont acheté est bon ou moins bon mais s’ils ont « aimé » ou non.
En pratique, qu’est-ce que ça donne, du coup : d’excellents bouquins, très bien écrits, sans fautes, très bien gérés, sans incohérences, sans clichés, originaux… descendus parce que, ben voilà, ils sont « originaux » : ils n’ont donc pas correspondu aux goûts du plus grand nombre. Et des bouquins mal écrits, mal fichus, avec des fautes, des incohérences à la pelle et des camions bennes de clichés, exposant des contenus vus et revus… montés aux nues parce que, ben voilà, ils correspondent aux goûts du plus grand nombre.
Je trouve ça désespérant…
Ça fait un moment que j’ai compris qu’il ne fallait pas que je me fie à ces avis et que je regarde avec suspicion en particulier les bouquins blindés de 5 étoiles, mais je ne peux pas cesser de me désespérer, tout de même, quand je vois de vrais bons bouquins, intéressants, fins, originaux, et qui sont vraiment bons, pour de vrai… être descendus par une ou deux pauvres étoiles lapidaires, qui les aura coupé du reste de leur lectorat.
J’ai le sentiment qu’on est en train d’aller vers une uniformisation totale du contenu que l’on va pouvoir avoir en tant que lectrices et lecteurs : des bouquins, tous les mêmes, mis en avant non pas selon des critères de qualité mais selon des critères de goûts les plus communs et fuck l’originalité, quoi. Pour lire autre chose, déjà, et pour trouver les perles cachées, il faut fouiller et encore fouiller (et trouver soi-même les voies alternatives que l’on peut suivre). Bientôt, peut-être ne trouvera-t-on tout simplement plus ces livres-là en vente. 

Et ma réponse

Je ne puis qu’agréer avec ces remarques. Mais il suffit même pas seulement de regarder les commentaires. Rends-toi à l’espace culturel du lecler le plus proche (si tant est qu’on peut appeler ce genre d’endroit « culturel » mais passons) et de regarder globalement les livres en rayons. On dirait des clones des uns des autres. Il n’y a plus rien de vraiment original, même les couvertures manquent d’originalité, c’est dire… Alors le contenu… Au pire, tu auras le dernier Houellebecq qui tranchera au milieu des 50 Shades et After. Mais c’est partout pareil, la musique actuelle est totalement uniformisée, les émissions télé, le cinéma classique également, les gens ne recherchent plus vraiment les sentiers inconnus, ils préférent la sécurité, tant pis si c’est pourri. Sur mon WP, j’essaie de chroniquer des films underground, mais, grosso modo, l’époque glorieuse des Pasolini et autres qui osaient et le montraient, faut chercher dans les méandres du Net pour trouver des trucs vraiment originaux…

Permettez-moi d’approfondir ma pensée, fil facebook oblige, je n’arrive pas à écrire des pavés comme sur mon WP.

Commençons par quelques anecdotes, certes courtes mais plutôt symboliques de ce qui est servi à l’heure d’aujourd’hui.

Tout d’abord, les vacances m’ayant plongée avec la chaleur dans une totale apathie, incapable d’écrire la moindre ligne tant mon cerveau avait fondu dans l’étuve de ma chambre exposée plein sud, je passe quelques après-midis à regarder un peu le programme TV qui, sans surprise, sont d’une vacuité effrayante. Je veux bien que ce sont les vacances mais à toujours nous ressortir les éternels et indéboulonables « Le Gendarme de St Tropez » et autres films de campings d’une sottise beauf qui ne font rire qu’eux-mêmes, cela devient à peine supportable, peut être uniquement en bruit de fond pour repasser le linge. A moins d’avoir une box permettant de recevoir quelques chaines cinéma, serie TV ou documentaires (mon péché, j’aime beaucoup les chaines sur la nature ou les animaux. Science et Vie est aussi une chaîne pas trop mal). Ne parlons pas de Canal+ ou de ses Guignols passés en Crypté (pour mieux les supprimer par la suite, ne nous leurrons pas). Mais la rentrée venant, ce n’est guère plus brillant. Vraiment, si l’on devrait faire une analyse des programmes TV sur la plupart des chaînes nationales ou même TNT, on ne pourrait que reprendre ce que de Gaule disaient : « les français sont des veaux ».

Les programmes d’appauvrissement intellectuel, télé-réalité en tête, ces jeux montrant de pauvres gugusses n’hésitant pas à amuser la galerie, à se vautrer lamentablement dans le ridicule avec des blagues limite pipi caca, les téléfilms du dimanche, les épisodes multi-rediffusés ou les pseudo-reportages qui tiennent plus de la télé-réalité que du vrai documentaire. La qualité est devenu synonyme d’élitisme, pratiquement devenus des gros mots dans nos société archi-cons-uméristes béates, confirmant un véritable nivellement par le bas.

La même chose s’applique au cinéma grand public, à la littérature, à la musique ou à tout ce qui touche au mass-media. Depuis combien de temps ne suis-je pas allée au cinéma et pas uniquement pour une question financière mais aussi et surtout à cause de la pauvreté des films proposés qui ne me donne absolument pas envie d’aller voir? Bien sûr, ce que je nomme le « divertissement vide-tête » fait du bien, vous savez, le genre de truc, on sait que c’est nul au possible mais que, parfois, on a quand même besoin pour se vider la tête après une journée de travail. Mais à haute dose, c’est nocif pour la réflexion et encourage un certain abrutissement des foules, prêtes à avaler tout et n’importe quoi, bêlant de joie quand on flatte leurs plus bas instincts de voyeurisme, exacerbé avec la mise en avant de l’intime sur la place publique par ces mêmes émissions.

Prenons un autre exemple, la culture japonaise et la forte de demande de licence de mangas en France. Quelques années auparavant, le marché du manga, bien qu’en plein boom, proposait moins de titres mais qui était de qualité, sans compter une parution régulière des mangas proposés. On peut voir ce changement notamment avec les titres Yaoi qui inondent le marché et dont une partie, je suis désolée, sont loin des très bons titres comme « Le jeu du chat et de la souris », « Viewfinder » ou « Seven days ».  Beaucoup d’entre eux semblent être des photocopies des uns des autres ou sont de qualité en dessous des plus mauvais doujinshis qu’on peut trouver avec les pires déviances possibles traitées avec une légèreté qui laisse pantois, tout cela pour satisfaire la fangirl moyenne. Au risque de me faire des ennemis, non, je ne comprends pas qu’on puisse proposer des scènes de viol avec syndrome de stockholm à gogo, parler d’inceste comme une relation amoureuse des plus ordinaires et j’en passe sur des thèmes graves, comme si tout ça était parfaitement naturel.

Bref, c’était mon petit coup de gueule du jour.

Réflexion – « Glamourisation » et imaginaire des lieux qui nous inspirent

 

Derrière ce titre, j’ai eu envie de proposer une réflexion autours du fait qu’un certain nombre d’auteurs francophones placent leurs intrigues très souvent dans une ville américaine, notamment New York ou, plus récemment Seattle avec les phénomènes 50 Shades, dans lesquelles pourtant, peu se sont déjà rendues. Sans recherche approfondie ou en se contentant d’infos glanées dans les séries à succès, il en résulte des résultats parfois curieux, loin de la réalité des villes en question.

Cette réflexion provient d’une discussion que Valéry Kumfu et moi-même avions eu hier à la Yaoi Yuri Con et, l’argument ressorti de la part de ses auteurs semblent que ces villes sont plus « glamour » que d’écrire une intrigue qui se déroulerait à Bourges ou à Toulouse. Je ne me permets pas de juger cela. Même moi, si je devais citer une ville que je considère comme « glamour », la première ville qui me vient à l’esprit, ce n’est pas une ville française mais bien la capitale autrichienne, Vienne.

Dans notre discussion, quelque chose m’a frappée concernant le choix des lieux d’un nombre de fictions francophones, ce serait le non-choix de villes où elles vivent ou connaissent, tout simplement. Alors que outre-Atlantique, Paris reste encore une ville glamour par excellence (Sex and the City et Gossip Girl ont eu un épisode spécial se déroulant à Paris, justement pour le côté sexy), nombre de mes compatriotes préfèrent le rêve américain. Je ne dis pas cela par chauvinisme mais je crois qu’on peut se réapproprier ces lieux qui nous sont familiers et ordinaires par l’imaginaire et leur donner ce côté un peu exotique et, avouons-le, un peu bling bling, qui fait le succès des séries teenagers tant appréciés. Par exemple, en ce qui concerne, j’ai vécu 5ans à Lyon dans le cadre de mes études et y fait des sauts réguliers pour du shopping. Récemment, la journaliste Sophie Jovillard d’Echappées Belles a consacré une émission spéciale Lyon et sa gastronomie. Au détours d’un bouchon et dans le secret des traboules, je me suis prise à redécouvrir cette ville. Lyon by night est une ville aussi qui se prête beaucoup aux mysères et à la sensualité. Autre exemple, une petite ville a imprégné ma rétine quand j’étais gamine, c’était Hyères les Palmiers, dans le Var. Loin de la folie Saint Tropez, de ses milliardaires à bord de Yacht aussi extravagants qu’indécents en période de crise et de ses boutiques de luxe qui, disons-le, ont totalement dénaturé ce petit village de pêcheurs du sud de la France (surtout dans la période estivale, en dehors, la ville, ou plutôt le village ne compte qu’un petit millier d’habitants), j’ai préféré Hyères dans le cadre d’une de mes fictions. Même si la ville a beaucoup changé de physionomie en une dizaine d’années, la vieille ville se prête remarquablement bien à l’imaginaire.

Après, évidemment, tout le monde a une image, parfois un peu cliché, d’une ville et, pour nous autres auteurs, notre perception joue évidemment dans l’envie de placer nos intrigues et nos personnages dans telle ville et non dans celle-ci ou celle-là. Pour reprendre l’exemple du Var, une ville qui ne me fait pas fantasmer des masses, c’est bien Toulon (malgré le superbe aménagement de la plage du Mourillon). Trop  « port militaire » à mon goût sans doute (et pourtant, je kiffe les sous-marins et les bateaux militaires en général et croyez-moi, le porte-avion Charles de Gaule est un sacré monstre en vrai).

En conclusion, je pense qu’on peut écrire une fiction, y compris une romance, sexy, glamour qui ne se déroule pas obligatoirement dans une ville comme NY ou Seattle mais aussi à Strasbourg ou Bordeaux.

Réflexion – Multi-fandoms, multi-genres et évolution de la fanfiction à l’originale

Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas chroniquer un film ou une oeuvre quelconque mais consacrer un article à l’écriture et mon expérience pour répondre à une question posée par loufoca sur son Twitter à savoir :

« préférez-vous rester dans le même fandom ou en changer régulièrement ? Pourquoi ?  »

Je vais dévier comme indiqué dans l’intitulé de l’article, puisque je vais aussi évoquer ma transition de l’écriture de fanfictions vers l’écriture de fictions originales. En ce qui me concerne, la question posée va au delà du choix du fandom unique ou du multi-fandom puisque ce choix influence directement mon évolution en tant qu’auteur.

Tout d’abord, je me permets de citer ce billet de lilou-black sur son LiveJournal, en particulier ce passage :

« Comme je l’ai dit un peu plus tôt, je fonctionne par « périodes ». Il y a des fandoms dans lesquels je suis sûre de « retomber » à un moment ou à un autre et dans le même temps, j’ai laissé tomber certains univers définitivement.  »

Je me reconnais entièrement dans ce propos. Quand j’ai découvert et commencé la fanfiction, j’ai débuté avec l’univers Sailor Moon pour poursuivre vers d’autres fandoms avec plus ou moins de « fidélité » si je puis dire ou de récurrence (parmi mes fandoms fétiches, je peux citer Prince of Tennis/Shin Prince of Tennis, Bleach, Claymore, Hakuouki. Sporadiquement, j’ai aussi fait quelques détours ou même quelques cross overs. Citons entre autres : La Guerre des Clans, Harry Potter, Ghost in the Shell, Ikkitousen, Naruto, Kuroshitsuji, Vampire Knight et Pretty Little Liars. Petite exception sur Diablo 2/3 sur lequel j’ai un projet plutôt conséquent dans les cartons). Côté lecture de fanfictions, j’étais beaucoup plus variée au niveau des fandoms et, ce, en fonction de mes coups de coeur ou intérêts du moment.

Quelles peuvent être les raisons du désintérêt envers un fandom, que ce soit en  lecture ou en écriture?

L’une des raisons, qui peut paraître évidente mais n’est pas forcément vraie, y compris dans mon cas, c’est la fin de l’oeuvre sur laquelle on écrit/lit.  En effet, on aurait pu s’attendre, par exemple, à un tarissement des fanfics Harry Potter après le dernier volume et les deux derniers films, d’autant que le volume en question a déçu beaucoup de fans. Ce qui n’est pas le cas. Les Potterfictions se portent pas trop mal et reste l’un des gros fandoms des sites de publications comme fanfiction.net ou fanfic-fr. Ce raisonnement s’applique pour n’importe quelle autre oeuvre. Les fandoms comme Lord of Ring, Buffy ou même Naruto en sont quelques exemples. Personnellement, ce n’est pas un critère qui joue sur l’intérêt que je porte ou non à une oeuvre et par extension, à toute forme de fan-création (fanfiction, fanvids etc).

Pour moi, au delà du fonctionnement par période, il y a quelque chose qui joue beaucoup dans le désintérêt que je vais porter à un fandom en terme de lecture, ce sont les fanfictions que l’on peut trouver, notamment en matière de qualité, bien sûr mais et surtout d’originalité. Au bout d’un certain temps, lire pour la énième fois une school fic mettant en scène le mystérieux Sasuke dans une romance avec Naruto et la groupie Sakura/Ino pour un girl bashing à peine dissimulée… Je dis : STOP! De plus, les années passant, mon niveau d’exigence est beaucoup plus élevé qu’il y a quelques années et une certaine lassitude m’a envahie devant la profusion de textes aux qualités plus que variables. Et phénomène que l’on retrouve sur les grosses plateformes de publication en ligne, les bonnes fics sont noyées sous la masse de fictions de moindre qualité. Sur le forum/site Fic Is Not The Enemy, blog de recommandation de fanfiction/fiction fondé il y a déjà 4ans dans le but, justement, de proposer et mettre en valeur des textes de qualité, en ce qui me concerne, je rec très peu, pour la simple et bonne raison que, même si une fiction m’a plu, cela ne signifie pas forcément qu’elle remplisse objectivement tous les critères de qualité que j’attends d’un texte. Sans compter que je lis beaucoup moins (pour ne pas dire pratiquement plus) de fanfictions depuis plus d’un an et les rares textes que j’apprécie proviennent plus ou moins toujours des mêmes auteurs, comme kumfu ou Opelleam, pour ne citer que mes auteurs favorites.

Cela me permet de venir à ce changement d’auteur de fanfic à celui de textes originaux. En réalité, j’ai commencé à écrire très jeune, au début de mon adolescence, bien avant l’ère et surtout la démocratisation d’Internet. Puis, j’ai découvert comme expliqué plus haut le monde de la fanfiction. Cela m’a permis, au delà de trouver mon propre style, de créer des liens avec d’autres passionnés de fanfictions et, plus globalement, des personnes partageant les mêmes passions que moi. (petit coup de pub en passant pour Alice in Oliver, Inthemoodforgore et les bloggueurs d’un blog cinémachoc dont j’attends chaque chronique avec impatience, avec qui je partage pour les films underground et qui m’ont donné l’envie de chroniquer à mon tour des films, séries etc. ) J’ai écrit et publié un certain nombre de fanfictions dont certaines sont encore en cours d’écriture.

Cependant, je n’avais pas perdu de vue les trames de mes romans originaux et, après pratiquement dix ans de fanfictionnage intensif, ce fut naturellement que je suis revenue vers l’original. L’inconvénient que je trouve concernant la fanfiction, personnellement, c’est un certain bridage. Et à force de m’éloigner des univers originaux des fandoms que j’apprécie (notamment pour ma fanfic Prince of Tennis Dans la volupté des jeux cruels du plaisir et ma fanfiction Naruto Erotica eXchange) que je sentais le besoin de m’émanciper de cette impression de carcan de l’écriture de fanfiction. C’est sans doute pour cela que je suis multi-fandom, pour la possibilité de ne pas m’enfermer dans un univers avec ces codes qui me donnent la sensation à la longue de me brider.

L’autre avantage que j’ai pu développer avec le multi-fandom, c’est aussi la possibilité de ne pas écrire qu’un seul et unique genre (bien que la majorité des fanfics publiées soient de la romance érotique). Cela m’a permis de développer à la fois des personnages et des univers différents pour des projets de polars, de medieval fantasy, de fantastique etc.

En conclusion, je crois que le principal à garder, c’est tout d’abord le plaisir d’écrire, de faire travailler son imagination, qu’importe le choix (mono ou multi fandom ou autres).