Chronique Film – Ça

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Genre : Epouvante-horreur, thriller

Sortie officielle française: 20 septembre 2017

Durée : 2h15

Résumé

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

Mon avis

Attention, contient des spoilers !

Alors, pour faire cette chronique, il m’est apparu indispensable de revenir à la fois sur l’oeuvre dont est tiré le film, les deux romans Ça écrits par Stephen King, et le téléfilm de 1990. En effet,  Ça est considéré, à juste titre, comme l’une des oeuvres la plus aboutie des nombreux romans de Stephen King. Ensuite, le téléfilm en deux partie de 1990 a durablement marqué des générations, particulièrement la première partie, celle se déroulant principalement pendant la jeunesse des héros, la seconde partie ayant malheureusement une fin absolument ridicule avec un monstre en carton pâte et des acteurs adultes ne semblant pas convaincus et convaincants dans leurs rôles. Le clown, interprété par Tim Currin, a traumatisé nombre de gens par un jeu habile et un fort humour noir. Mais j’y reviendrai évidemment. Il me fut (et ça a dû être le cas d’un certain nombre de spectateur) difficile de ne pas comparer ces deux versions, notamment, le rôle de Pennywise et son impact sur la peur qu’il peut susciter durant le visionnage.

Le roman, avant même d’être un pur roman d’épouvante, est d’abord un film qui porte un regard à la fois sur l’enfance et le rapport d’un adulte sur l’enfance mais aussi une analyse de la peur, des différentes formes qu’elle peut prendre et de son influence sur le psyché global d’un être humain. J’ajouterai que Ça peut être aussi vu comme une sorte de chronique sociale d’une Amérique des années 50/60 avec des éléments chers à Stephen King et que l’on retrouve dans nombre de ses autres romans avec la musique avec beaucoup de référence au rock, des voitures mythiques avec la Plymouth, Bill Denbrough est écrivain, l’intrigue se déroule dans l’état où a vécu King, des personnages , en tout cas les personnages quand ils sont enfants, sont issues d’une classe moyenne voire pauvre etc. Honnêtement, il me faudrait des semaines pour réaliser une chronique des deux romans tant ils sont riches avec de nombreuses thématiques sous-jacentes que l’on peut cerner puis analyser. J’espère vous proposer un jour une chronique sur ce roman culte.

La question qui taraude quiconque projette d’aller voir le film, ce reboot est-il à la hauteur de la complexité du roman ?

Si vous allez voir ce film pour pousser juste des cris d’effroi et vous faire peur, vous risquez fort d’être déçu. En effet, le premier téléfilm avait marqué les esprits à cause du clown, brillamment joué par Tim Curry, résumant finalement le monstre au clown alors que le clown n’est qu’un des nombreux visages du monstre. La stratégie marketing avait d’ailleurs beaucoup joué sur la coulrophobie. Je dois d’ailleurs dire que la soirée Horror Night pour laquelle j’ai eu l’occasion de voir le film en avant-première voulait vraiment plonger le public dans l’ambiance avec des ballons partout dans la salle et un clown qui cherchait à faire peur alors que finalement, on n’est pas dans un film de clown maléfique. Mais, et c’est là où je veux en venir, le film est vraiment brillant. Oui, ce n’est pas un énième film d’épouvante. Car si vous voulez voir une adaption la plus fidèle possible de l’oeuvre de Stephen King et non un ersatz, le  Ça de 2017 remplit grandement ce rôle. On retrouve par exemple la maison sinistre du Neibolt Street, totalement absente du téléfilm ou certains personnages qui avaient été oubliés tel Patrick Hockstetter. De plus, en se concentrant sur la partie de l’enfance des héros, le film permet d’approfondir réellement les liens entre eux, leur amitié, leur club des Ratés tel qu’ils la définissent, étant l’épine dorsale du roman.

En revisitant le roman en l’adaptant à la hype du moment, les années 80, qu’on a vu notamment avec le succès de la série Stranger Things (il faut signaler que l’acteur qui a joué Richie est aussi dans cette série), j’ai été au départ décontenancée mais je trouve l’idée assez intéressante. Cependant, certains passages n’ont, à mon avis, pas eu la meilleure musique. Je pense évidemment à l’homérique bataille de cailloux entre les Ratés et Henri Bowers et sa bande. L’aspect horrifique qui n’est pas aussi intense à laquelle on s’attendait, ce qui a surpris un certain nombre de spectateurs. On ne peut pas dire qu’on sursaute vraiment. Mais le diable se cache dans les détails et c’est vraiment le cas dans Ça où on peut même dire que, certes le clown est l’entité démoniaque, mais nombre d’autres personnages possèdent quelques choses de maléfiques, comme le père de Bev, le pharmacien et, bien sûr, Henri Bowers, la terreur des cours de récréation, qui bascule dans le meurtre de son paternel après avoir martyrisé la bande des Ratés. Et le réalisateur a plutôt bien cerné le propos du roman.

Concernant Pennywise, il ne devait pas être facile de succéder à Tim Curry qui avait imprégné et donné un visage presque indétrônable à un mythe avec ce côté clown de carnaval, facétieux et pourtant terrifiant avec une bonne dose d’humour noir (« Jete ton aérosol et viens dans le sous-sol! » Purée, cette réplique reste juste énorme! ). Bill Skarsgård parle peu, contrairement à son prédécesseur, mais imprime sa marque avec son sourire de psychopathe. De plus, j’ai beaucoup apprécié son costume qui a été revisité façon année 1900.

Quant aux enfants, c’est dommage que certains n’ont pas su se démarquer, comme Stan, car tous ont une raison de faire partie du club des Ratés. Néanmoins, les acteurs jouant Richie et Bev sont particulièrement remarquables. Dans leurs terreurs, on y retrouve aussi la peur des adultes ou de devenir adulte, le thème par excellence du roman.

Mon principal regret est que le film est à la fois très court (malgré 2h15 de bobine !), oubliant certaines scènes du roman et à la fois longs sur certaines séquences. Néanmoins, ne râlons pas trop ; le réalisateur a quand même respecté les grandes lignes du roman et su en capter l’essence.

En conclusion, Ça est un bon film et sans doute, l’une des meilleures adaptations de l’un des plus grands écrivains américains contemporains. Il y aurait aussi de nombreuses choses à dire autours du film mais le mieux, c’est encore d’aller le voir !

 

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Chronique film d’animation – Ghost in the Shell

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Titre : Ghost in the Shell
Genre : Thriller, cyberpunk
Année : 1995

Résumé

Dans un Japon futuriste régi par l’Internet, le major Motoko Kusunagi, une femme cyborg ultra-perfectionnée, est hantée par des interrogations ontologiques. Elle appartient, malgré elle, à une cyber-police musclée dotée de moyens quasi-illimités pour lutter contre le crime informatique.

Le jour où sa section retrouve la trace du ‘Puppet Master‘, un hacker mystérieux et légendaire dont l’identité reste totalement inconnue, la jeune femme se met en tète de pénétrer le corps de celui-ci et d’en analyser le ghost (élément indéfinissable de la conscience, apparenté à l’âme) dans l’espoir d’y trouver les réponses à ses propres questions existentielles…

Mon avis

Attention ! Film culte en perspective qui se taille la part du lion dans mon top 10 de films préférés !

Je vous avais déjà chroniqué auparavant deux autres animes adaptées du manga de Masamune Shirow : la saison 1 de la série animée GitS : Stand Alone Complex et l’OAV Solid State Society. Aujourd’hui, je vous propose le film qui a popularisé cette oeuvre qui reprend simplement le titre de Ghost in the Shell.

Lui-même qui trouve une inspiration dans une autre oeuvre majeure des films d’animation, à savoir le cultissime Akira, GitS a été à son tour source d’inspiration pour de nombreux auteurs, réalisateurs, mangakas, la plus célèbre étant Matrix mais on peut citer une autre oeuvré déjà chroniquée ici : Serial Experiments Lain.

La sortie de l’adaptation américaine du film a soulevé un certain nombre de polémiques et, bien que ne l’ayant pas vu, j’ai été particulièrement gênée du passé physique de Motoko et du Puppet Master ainsi que l’héroïne retrouve sa mère… Blablabla… Ok, je peux comprendre qu’on voulait s’adresser d’abord à un public américain et que ce genre de narration a quelque chose de typiquement américain. Et là, non, pour la puriste que je suis, je refuse de voir un film qui dénature et corrompt totalement le propos même du l’oeuvre. Il en sera d’ailleurs de même pour le film Death Note où, je dois dire, Netflix me déçoit profondément. Fin de la disgression.

Avec plus de 20 ans au compteur, on peut déjà dire que le film n’a quasiment pas pris une ride, malgré les progrès depuis lors de l’animation.  Le scénario, complexe et nébuleux, propose plusieurs thématiques qui, aujourd’hui encore, trouvent un curieux écho et que j’ai déjà profondément et longuement évoquées : la fusion du réel et du virtuel, la relation homme-machine, la définition même de l’humanité, le transhumanisme, la possibilité de l’émergence d’une conscience dans l’océan du Net. Le film de 1995 a su véritablement transcender ces thématiques de manière à la fois magistrale et à la fois contemplative. On n’est pas face à un bête film d’action pure ou à un simple thriller futuriste. Le film invite les spectateurs à la réflexion comme le fait l’héroïne. Le long passage de contemplation après que Motoko exprime de manière énigmatique ses doutes et ses interrogations concernant sa présence au sein de la Section 9 est éminemment symbolique. Mais la toute fin possède aussi un symbole fort que l’on retrouve dans l’arbre généalogique fgravé dans le mur.

Il y aurait beaucoup à dire et même à redire dans ma chronique sur ce film qu’il faudrait l’aborder pratiquement séquence par séquence car, toutes ont leur importance et apporte une pierre à la réflexion générale qu’il soulève. L’une des choses qui, très personnellement, m’éblouira toujours a été la bande son qui, est encore aujourd’hui, l’une des plus belles. Mais pour mieux appréhender cette oeuvre, la visionner vaudra mieux que mille mots pesés et réfléchis.

En conclusion, Ghost in the Shell, le film de 1995, est LE film d’animation qu’il faut avoir vu et que je recommande plus que chaudement.

Chronique Anime – Serial Experiments Lain

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Titre : Serial Experiments Lain
Genre : Cyberpunk, thriller, psychologique
Année : 1998
Nombre de saisons et d’épisodes : 1 saison pour 13 épisodes

Résumé

La petite Lain mène une vie morne au milieu d’une famille qui ne se parle pas. Un jour, elle reçoit un e-mail d’une camarade d’école qui s’est suicidée. Elle apprend à Lain qu’elle s’est fondue dans le réseau de communication appelé Wired et qu’elle y a rencontré Dieu. Lain, intriguée par ces messages, demande à son père de lui acheter un Navi, un ordinateur de la dernière génération. Commence pour elle un voyage dans le monde des hackers et du réseau, à la recherche de l’existence de Dieu et d’elle-même.

Mon avis

Chronique rédigée dans le cadre du Movie/Serie/Livre Challenge.
Pour le challenge lancé par Tinalakiller, je vous propose cette chronique Un film/série d’animation et Un film/série/livre qui a marqué mon enfance/mon adolescence.

Après une très longue période sans chronique (manque de temps, d’envie), je reviens vers vous avec la chronique d’un Anime qui rentre dans le top 10 de meilleurs Animes de tous les temps, un pur chef d’oeuvre du Cyberpunk à la japonaise. Serial Experiments Lain a d’ailleurs, comme son illustre aîné, Ghost in the Shell, clairement inspiré les Wachowski pour Matrix.

Je ne vais pas vous livrer une analyse approfondie de la série tant elle possède une quantité impressionnante de niveaux de lecture et vous invite à lire plutôt cette analyse et la seconde partie, absolument complètes par Laurence Camite.

Si je vous recommande cette série qui va fêter ses 20ans, c’est tout d’abord qu’elle se détache clairement de l’animation habituelle par l’ambiance unique, pratiquement sous acide, qu’elle dégage. Avec Lain, on est invité dans un voyage onirique dans un monde où le virtuel (le Wired, sorte d’Internet encore plus évolué) et le réel se mélangent  de telle sorte que la frontière entre les deux n’existe plus. Là où Matrix faisait encore la distinction entre réalité et virtuel, il est très difficile dans Lain de savoir si ce qu’on voit est la réalité ou une réalité avec des projections quasi-physique du monde virtuel, bref un monde où virtuel et réel ne sont plus séparés et les supports physiques pour les connecter ne sont plus nécessaires. On peut même dire le monde de demain. Dans une de mes précédentes chroniques, je pense et je crois même que la prochaine mutation de l’humanité ne sera pas une évolution naturelle du corps comme elle a pu l’être mais une mutation où l’organique, la chair se mêleront à l’électronique et à l’artificiel par l’intermédiaire de l’homme. L’unique frein n’est pas ni une question financière ni une question d’avancement technologique mais une simple question d’éthique. Jusqu’où peut-on modifier volontairement un corps ? Bien sûr, à tout cela, se pose aussi la question de la liberté (peut-on accepter d’être en permanence géolocalisé et donc pisté ?) et de la sécurité des données? La problématique est loin d’être anecdotique puisqu’elle agite constamment le spectre d’une disparition complète de la vie privée et par là-même, pourrait être une menace à terme des libertés individuelles.
Lain fait justement se poser toutes ces questions et ce, il y a déjà 20 ans, avec des technologies qui nous paraissent déjà obsolètes (le Navi, sorte d’ordinateur qui permet de se promener dans le Wired, garde une physionomie très année 90 du matériel informatique). Hormis le fait que le Wired utilise déjà le protocole 7, nous nous dirigeons vers la version 6 (IPv6). Réalisé en 1998, année où Internet n’était pas déployé comme ces dernières années, ces technologies mais encore plus ce que les humains en font ne sont finalement qu’une anticipation de notre monde actuel et en devenir.

L’une des répliques marquante de la série, on cite évidemment : « Peu importe où tu vas, tout le monde est relié » fait figure de l’un des fils conducteurs de l’intrigue et à la fois d’une fatalité à laquelle personne ne peut plus échapper. N’oublions pas que « Wired » signifie « câblé », « grillagé » et qui est aussi la manière de représenter le Net, une sorte de maillage entre tous les utilisateurs, qui ne possède pas de centre. Dans un univers ultra-connecté, en proie à la solitude, conséquence direct de l’individualisme, la figure de Lain constitue le nouveau Dieu d’un monde en perte de repères. La notion de religion est omniprésente dans la série, moins tant dans le sens liturgique (quoique…) que dans le pur sens philosophique du terme. Pour revenir à cette notion d’absence de centre et donc de repères, la famille de Lain en est le symbole le plus évident : une mère froide et indifférente, un père qui donne les clés à Lain pour se connecter et vivre dans ce monde virtuel, une soeur qui finit folle après avoir les frais des projections physiques de Wired dans la réalité.

La quête de divinisation de Eiri Masami est aussi, finalement, une quête aussi vieille que l’Humanité, la quête de l’immortalité. La peur de la mort semble effacée puisque la série commence par le suicide de Chiza et d’autres le suivront. Si l’esprit, la consience sontt en quelque sorte copiés dans le Wired, le corps peut bien mourir, se décomposer et disparaître, la personne continue d’exister sous forme d’information. D’ailleurs, l’idée sous-jacente et expliciter au cours de l’épisode 9 que le corps n’est qu’une projection holographique et que l’Humain n’est finalement qu’une masse de données et d’informations. Cette hypothèse est encore renforcée avec les Résonances de Schumann, utilisés par Masami pour faire disparaître la frontière entre le Wired et le monde réel. Je paraphraserai cette idée « La conscience humaine n’est rien d’autre qu’un phénomène physique, un peu d’électricité stimulant les synapses du cerveau. la chair n’existe que pour confirmer ton existence, tout comme ce doute, ce doute qui t’étreint en ce moment. » en disant que finalement : « la réalité n’existe pas. La réalité n’est que la projection physique des impulsion électriques du cerveau.« . Enfin, deux autres problématiques émergent au fil des épisodes, à travers la déchéance de Lain qui se perd dans ce monde virtuel : le premier est ce contrôle des données qui échappe aux utilisateurs et la possibilité de les effacer, de les formater. A plusieurs reprise, Lain tente de faire des Reset pour effacer ses actions qui ont affectés ses proches, en particulier, Alice, sa seule amie et celle qui lui permet encore de garder une petite once d’humanité. Mais même elle fera les frais de la folie de l’héroïne puisqu’elle sera, elle aussi, qu’un pantin dans les mains de Lain.
L’autre problématique est cette espèce de schizophrénie et, d’une manière globale, les troubles mentaux (cyberdépendance, paranoïa) qui enfoncent Lain dans ses délires et sa paranoïa. Cette folie se matérialise par le fait que Lain n’a aucun souvenir de son passé (même proche). Dans l’épisode 9, impressionnant, Infonography, pour conserver sa mémoire, Lain est obligée de « télécharger » ses souvenirs dans son cerveau et ce, dans le sens propre du terme. Ce qui signifie que si elle disparaissait, ce n’est pas juste une bibliothèque qui disparaîtrait mais bien tout un univers.

Pour accréditer tout cela, il est important de faire remarquer que les épisodes sont des « Layer » soient « couche » enn français. Une « Couche » est une notion fondamentale de la compréhension de fonctionnement du Net. Pour plus d’information, ne pas hésiter à consulter Wikipédia qui vous expliquer bien mieux que moi tous ces concepts.

Si dans un premier temps, Serial Experiments Lain semble d’abord s’adresser aux fans d’ésotérisme, aux geeks et autres nerds, avec des notions parfois difficiles à appréhender pour les néophytes en informatique, les nombreux dissegressions la rendant parfois difficile à comprendre qu’à la toute fin et, souvent, un revisionnage pour mieux assembler les pièces de cet immense puzzle, la série est aussi un excellent moyen de réfléchir aux  nombreuses problématiques soulevées précédemment et à d’autres que chacun peut dégager à son visionnage. Aucune réponse n’est donnée, c’est à chacun, avec sa philosophie, ses valeurs, son expérience de trouver ses propres réponses.

En conclusion, cette série mériterait une chronique beaucoup plus longue mais le plus simple est de la regarder, tout simplement.

Chronique série – 13 reasons why

Année : 2017
Genre : Drame
Nombre de saisons/épisodes : une saison pour 13 épisodes (saison 2 très certainement à venir)

Résumé
Inspirée des best-sellers de Jay Asher, 13 Reasons Why suit Clay Jensen, un adolescent qui découvre sous son porche au retour du lycée une mystérieuse boîte portant son nom. À l’intérieur, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est tragiquement suicidée deux semaines auparavant. Les enregistrements révèlent que la jeune fille, dont il était amoureux, a décidé de mettre fin à ses jours pour treize raisons. Clay est-il l’une de ces raisons ?

Mon avis

Quelques temps auparavant, j’avais rédigé deux chroniques : Megan is missing et School Days. Quel rapport avec la série qui a et qui fait encore énormément parler d’elle, à savoir 13 reasons why? Avant même d’entrer dans les détails, cette série réunit la quintessence des deux autres oeuvres pré-citées. Et venant de finir de visionner les 13 épisodes, je tiens à vous livrer à chaud mon avis sur cette série.

Tout d’abord, cette série m’a tout simplement bouleversée, de part les thématiques abordées, à savoir le difficile passage de l’adolescence à l’âge adulte, le harcèlement, la violence scolaire, le viol et de façon plus générale, la culture du viol qui règne dans certains campus et, bien évidemment, le suicide.

Avant même de vous livrer mon analyse personnelle, je tiens à revenir sur une des polémiques que la série a soulevées, à savoir qu’elle inciterait au suicide à cause de la fin. Cette polémique est tout simplement ridicule, comme le sont souvent les polémiques qu’on a eu avec Scream qui inciterait les gens à tuer. En venir à mettre fin à ses jours est le résultat d’un processus d’une maladie mentale mal ou pas prise en charge comme la dépression. Ces dernières années, les suicides d’adolescent(e)s qui ont défrayé la chronique sont la conséquence de mois, voire d’années de harcèlement, de moqueries, d’insultes à l’école, à une période délicate de la vie et couplée à une dépression sous-jacente. 13 reasons why aborde frontalement ce sujet et frappe là où ça fait mal et que, souvent, on refuse de voir. De plus, avoir pris le parti de montrer à la caméra le suicide d’Hannah dans le dernier épisode a également suscité la polémique qui montrerait une sorte de « suicide : mode d’emploi ». Là aussi, c’est n’importe quoi. Je pense que, en dépit de la violence psychologique de cette scène, ce passage était nécessaire à l’intrigue. Mais j’y reviendrai. Mais sincèrement, pour avoir vécu moi-même plusieurs épisodes dépressifs avec des TS, ce n’est une série qui me donnerait envie d’en finir. Et si cette série permet à des adolescents (mais aussi toute personne d’ailleurs) de pouvoir exprimer son mal-être, a libéré la parole parce que, justement, les personnages et/ou les situations leur parlaient, je trouve que pour moi, la série a réussi à atteindre son but et ce ne peut être que positif.

L’un des très grands points forts de la série est le jeu de chaque acteur, tout en finesse et en réalisme. On s’attache évidemment à Hannah qui, finalement, ne voulait vivre qu’une vie normale d’adolescente : avoir des amis, un petit copain, écrire des poèmes dans son journal intime, s’amuser… mais qui descend peu à peu en enfer. Abandonnée par ses amies, humiliée par les garçons en qui elle veut accorder sa confiance, le viol dont elle sera victime avant d’être quasiment rejetée par le conseiller scolaire qui lui conseille de tourner la page si elle a peur de dire qui l’a agressée ou si elle ne sent pas la force de porter plainte. Ce passage m’a tout simplement révoltée. Pas parce que la série a osé montrer ce qui se passe souvent pour les victimes de viol mais parce que c’est malheureusement la réalité que rencontrent nombre victimes d’agressions sexuelles lorsqu’elles osent en parler, à savoir souvent le déni total de la part de leur interlocuteur. Non seulement, elles sont atteintes dans leur chair mais aussi dans leur parole. Il est déjà difficile d’en parler mais de voir que personne, et surtout un adulte, ne vous soutient, est tout simplement honteux. Cette attitude non seulement protège les agresseurs mais entretient cette culture du viol qui règne sur ces campus.

L’acteur incarnant Clay a également bien interprété cet adolescent qu’on sent mal dans sa peau et qui cherche à (se) comprendre, à travers l’écoute des cassettes laissées par Hannah et dont l’évolution suit le parcours d’Hannah en miroir. Même s’il peut exaspérer par ses nombreuses tergiversations lorsqu’il découvre certains faits racontés par Hannah, j’ai trouvé qu’il a, au cours des 13 épisodes, su à sa façon, se libérer et à appris à s’affirmer.

Petite mention pour l’actrice qui interprète Jessica qui a su jouer avec brio toute l’ambivalence d’un personnage.

Côté intrigue, beaucoup ont reproché, avec raison, aux scénaristes de ne pas avoir mise en avant la dépression dont souffrait très certainement l’héroïne ainsi que ses véritables motivations. Très personnellement, en dépit de cela, je pense que ce parti pris est justement intéressant. Il ne faut pas oublier qu’on a une version audio de la vie d’Hannah et qu’on peut considérer les flash back, non pas comme la vérité vraie et objective des faits qui ont conduit Hannah à mettre fin à ses jours, mais bien les souvenirs de Clay de ces moments en question et de son interprétation imagée après écoute. De plus, on laisse au spectateur le soin d’interpréter ses motivations. Vengeance ou faire éclater la vérité? Finalement, Hannah n’aurait pas orchestré tout cela dans le but de seulement se venger de ses bourreaux au lieu de les dénoncer?

Concernant le suicide, là aussi, c’est assez personnel mais cette me paraissait (je vais peut être vous choquer et mon explication ne va pas vous paraître claire) mais indispensable à la série. En effet, la série commence une ou deux semaines après son décès. Quand Clay a en sa possession les fameuses cassettes, Hannah commence à raconter son vécu des mois avant son suicide. Et, la mise sur pellicule ce suicide acte finalement ce qu’on savait, qu’Hannah avait mis fin à ses jours. Sa mort n’était plus quelque chose d’abstrait mais quelque chose de devenu concret.

Néanmoins, la série n’est pas exempt de défaut. Le gros défaut à mon avis reste la fin qui laisse présager une seconde saison avec, probablement une tuerie de masse par un des personnages à la fois clé et pourtant en retrait dans la série, à savoir Tyler.  Je trouve que cela était tout à fais dispensable, d’autant qu’on peut craindre un redit avec treize cassettes qui expliquerait, si évidemment les rumeurs sur cette 2nde saison se confirme, la possible tuerie de masse par Tyler. Là où, justement, la série avait su se montrer originale et fougueuse dans le message délivré en toute fin en frappant très fort, je crains que la 2nde saison sombre dans la surenchère. Même si, come j’ai pu le lire ça et là, cela ferait plaisir de voir Bryce derrière les barreaux.
D’autres personnages en retrait mais qu’il aurait été intéressant de voir beaucoup plus développés tout comme leur relation avec Hannah. Je pense en particulier à Tony qui, lui aussi, se montre finalement, très ambivalent face aux évènements.

En conclusion, 13 reasons why a été pour moi une excellente découverte et que je recommande vraiment. Elle amène tout un tas de réflexions dont les réponses ne sont pas dans la série mais qui oblige le spectacteur à réflechir au delà.

Chronique Série – Hannibal (saison1)

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Titre : Hannibal
Genre : Thriller, horreur, psychologique
Année : 2013
NB d’épisodes de la Saison 1 : 13 épisodes de 43 min

Résumé

Will Graham, professeur en criminologie à l’académie du FBI mais n’ayant pas le statut d’Agent Spécial (il a échoué aux tests psychologiques), est recruté par Jack Crawford, chef de la Division des Sciences Comportementales, qui souhaite utiliser son « talent » sur une enquête problématique. Graham souffre en effet d’une forme d’empathie extrême qui lui permet de « se mettre dans la peau » de n’importe quel sujet, de ressentir ses émotions et de comprendre son raisonnement. Cependant, ce don est très lourd à assumer psychologiquement et le condamne à une existence asociale.

Will ne bénéficiant pas du statut d’Agent Spécial, il doit obtenir l’approbation d’un psychiatre pour intervenir sur le terrain. Son suivi est donc confié au Dr Hannibal Lecter par Jack Crawford, qui souhaite garder cette collaboration discrète en évitant de faire appel à un psychologue du FBI. Il est alors loin de se douter que ce fin gastronome aux manières impeccables est en fait le meurtrier le plus recherché de Baltimore…

Mon avis

Chronique réalisée dans le cadre de Movie/Serie/Book Challenge 2017

Pour le challenge lancée par Tinalakiller, je vous propose une série dans les catégories Policier/Thriller et un série avec un prénom dans le titre

Très grande fan de l’univers de Thomas Harris et du film Le Silence des agneaux, à l’annonce de la série Hannibal, je n’ai pu que me réjouir à l’idée de retrouver le plus célèbre cannibal du cinéma, Hannibal Lecter. Sobrement intitulée du prénom de notre héros, la série nous propose une plongée vertigineuse dans le duel entre le profiler Will Graham et notre fin gourmet de chair humaine, Hannibal le cannibal. Je le dis en toute honnêteté, cette série fait partie de mon top 10 des séries sorties ces dernières années.

La série se démarque radicalement de son auguste aînée cinématographique avec une ambiance feutrée avec de grands moments de contemplations avec des séquences où la violence éclate intelligemment. On sent que Mad Mikkelsen s’est approprié à sa manière le personnage d’Hannibal en le dépoussiérant sans chercher à copier son illustre modèle que fut Anthony Hopkins des années auparavant. Sous son costume soigné, son visage à l’expression indéchiffrable, il parvient à donner à notre anthropophage préféré le côté inhumain du monstre qu’il est réellement et qu’il cache avec talent sous une allure distinguée et raffinée.
Le personnage de Will Graham est également brillamment interprété par Hugh Drancy qui parvient habillement à nous faire douter de sa propre perception de la réalité. Plus qu’un cauchemard éveillé, on peut parler dans son cas de folie éveillée puisqu’il lui-même ne parvient parfois plus à savoir ce qui est vrai et ce qui est dans sa tête. La manipulation mentale auquel se livre Hannibal et dont il est victime nous entraîne à nous poser la question de sa santé et même de ses propres limites. Il peut basculer lui-même à son tour dans le meurtre.
Les autres personnages sont tout autant soigné et ne bénéficient pas forcément d’un destin enviable à l’image d’Abigail ou même de l’agent Crawford, là aussi brillamment interprété par Laurence Fishburne et dont le rôle ne se résume pas qu’à encadrer son équipe.

Loin des séries du type Profiler ou Esprits Criminels, Hannibal propose une vision presque onirique de la démence. Même si on retrouve le code propre à un thriller avec des psychopathes avec quelques grandes lignes narratives (un ou plusieurs meurtres suivis d’une traque du criminel), les meurtres sont certes loin d’un meurtre « réel »avec des mobiles réalistes (untel transforme les gens en jardins, un autre en violioncelle etc), néanmoins, on sent toute la folie qui peut se nicher en tout un chacun.

L’épisode finale en est le triste reflet avec l’internement de Graham alors que le vrai tueur, à savoir Hannibal, lui rend ironiquement visite. Graham, pourtant persuadé d’avoir mis à jour le vrai visage de son psychatre, parvient quand même à semer le doute sur sa propre santé mentale.

En conclusion, la saison 1 d’Hannibal est plus que brillante, intelligente et une réappropriation fascinante de l’oeuvre de Thomas Harris.

Chronique Anime – School Days

Année : 2007
Genre : Romance, drame, psychologie, Ecchi (int -16)
Nombre d’épisodes et durée : 12 épisodes de 22 min

Résumé

Makoto est amoureux de Kotonoha. Il la voit chaque jour dans le train qui les mène à l’école, seulement, il n’a pas le courage de lui dire quoi que ce soit et se contente de la regarder de loin. Tout change lorsqu’il prend une photo d’elle avec son téléphone portable. Photo que Sekai, une de ses camarades de classe, voit avant de proposer au timide Makoto de lui arranger le coup avec la jeune fille. Le trio se retrouve donc à un déjeuner improvisé par l’entremetteuse, afin que les deux tourtereaux fassent plus ample connaissance. Mais si Sekai est elle aussi amoureuse de Makoto, pourquoi tient-elle tant à le voir avec Kotonoha ?

Mon avis

Cela faisait un moment que je voulais rédiger cette chronique et bien, c’est fait ! School Days, comme un certain nombre d’animés, est à l’origine un jeu vidéo type novel game avec plusieurs fins selon les choix de l’utilisateur. Mais c’est de la version animée qu’aujourd’hui je vais évoquer.

Alors depuis, en matière de visionnage, les Japonais ont proposé largement pire mais School Days est un anime absolument dérangeant, malsain avec le héros le plus méprisable qu’on puisse imaginer pour un anime de type school romance. Mais j’y reviendrai. Cet anime a choqué un certain nombre de personnes et qui, encore aujourd’hui, divise les internautes.

Si les deux premiers épisodes semblent être un copié collé d’un millier d’autres animes avec de la romance lycéenne, du triangle amoureux et même le côté harem, on réalise, au fur et à mesure que la série prend une tournure beaucoup plus cynique et sombre, où les relations entre les personnages deviennent de plus en plus tordues et perverses. Sous son air nonchalant, le héros Makoto est en réalité un adolescent manipulateur dont le peu de cerveau qu’il avait a migré en dessous de la ceinture et dont les actes totalement irréfléchis le conduisent à sa perte dans un final halluciné. Mais les personnages féminins ne sont pas non plus réduites à l’état de victimes de la soif de sexe de Makoto puisque leurs comportements contribuent à l’ambiance malsaine de la série. On peut vraiment parler dans le cas de anti-héros et ce, pour absolument tous les personnages. Leurs objectifs se concentrent finalement sur leur seule satisfaction égoiste d’un moment de plaisir. Les conséquences de leurs actes ne semblent pas les inquiéter outre mesure.  Même si les aspects psychologiques sont caricaturales, ils proposent quand même quelque chose de crédibles, loin d’Epinal de l’adolescence au coeur pur et innocent qui mène une vie agréable au lycée dans un cadre idyllique. Tout au contraire, chacun possède ses vices et ses défauts et certains thèmes, en l’occurrence le harcèlement scolaire, sont loin d’être occultés. Le viol de Kotonoha par le meilleur ami de celui qu’elle croit être son petit ami (même si, en la matière, on a, malheureusement, fait bien pire) et la fête de l’école où les élèves s’adonnent au voyeurisme en filmant les ébats des uns et des autres sont les séquences dérangeantes de l’anime  puisque c’est le moment clé où tout part en vrille et tout le monde semble avoir jeté aux orties la moindre retenue. Le seul personnage qui, malgré le fait de sombrer dans la démence, garde au final un minimum de cohérence et de sincérité est bien Kotonoha pour qui on éprouve un peu de pitié alors que ses camarades de classe se moquent d’elle et que le garçon qu’elle aime lui ment dès le départ, la trompe et la blackliste de son téléphone.

Revenons, si vous le voulez bien, sur le personnage de Sekai, personnage des plus ambigus, tout du moins en apparence. En effet, sous son air de « bonne-copine-qui t’arrange-le-coup-avec-le-mec-de-tes-rêves » qu’on a tous plus ou moins côtoyée une fois à l’école, se cache là aussi une redoutable manipulatrice qui justifie ses actes sur le fait qu’elle ait tout accepté de Makoto en particulier ses innombrables tromperies quasiment sous ses yeux. Sekai est, à mon avis, encore plus détestable que Makoto. Peut-être que ses actes se justifiraient par une éventuelle jalousie envers son amie supposée, Kotonoha mais je crois tout simplement qu’elle aime aussi simplement traiter les autres comme des pantins.

La fin est évidemment ce qui a ajouté un énorme bonus à l’anime et lui a conféré cette aura sulfureuse et gore. Même s’il n’y a pas des litres d’hémoglobines, le meutre de Sekai sur Makoto, puis quand Kotonoha tue à son tour Sekai restent deux séquences solidement troussés pour trancher encore plus radicalement avec le côté school romance. On est loin du traditionnel choix du héros et de celle qui n’a pas été choisie regardant tristement la mer à perte de vue. Tout au contraire, les personnages principaux ont totalement sombré pour atteindre un point de retour où la haine entre les héroïnes et leur amour possessif envers Makoto se manifestent par le meurtre pur et simple.

L’anime, de par ses thématiques, aborde donc le moment délicat entre l’adolescence et l’âge adulte, de manière certes exagérée. De plus, on notera l’absence d’adulte (y compris des enseignants) pour encadrer et donner des repaires à cette jeunesse en perdition qui souligne encore plus le titre de l’oeuvre « Jours d’école ».  Loin d’un GirlFriend Beta (précédemment chroniqué), ce School Days est aussi un cri d’alerte sur ces adolescents livrés à eux-mêmes, découvrant la sexualité et le désir mais ignorant, voire méprisant les sentiments de ceux qu’ils prétendent aimer.

Côté graphisme, l’anime n’est pas le plus réussi mais l’intrigue prenant le pas sur le visuel, on pardonnera les erreurs de proportions des dessinateurs. On peut en revanche souligner la qualité des chansons des endings (une chanson pour deux endings) qui sont juste magnifiques.

En conclusion, School Days reste un anime qui continuera de diviser mais qui propose des pistes de réflexion intéressants. Il y aurait de nombreuses autres choses à dire mais je crois qu’il faut le découvrir pour mieux l’appréhender.

Chronique film – American Nightmare 3 : Elections

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Réalisation : James DeMonaco
Scénario : James DeMonaco
Genres : Action, horreur, science-fiction, thriller (Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement)
Durée : 109 minutes

Résumé

En 2022, une fillette assiste impuissante à la mort de sa famille durant la Purge annuelle.

18 ans plus tard, la tradition américaine, la Purge, prend des proportions inégalées lorsque des touristes viennent d’autres pays pour participer à la Purge. Prenant une ampleur considérable, la Sénatrice Charlene Roan demande au gouvernement conservateur d’abolir la Purge. Provoquant un scandale auprès de ces derniers et craignant pour sa sécurité, la Sénatrice se voit protégée par l’ancien officier de police Leo Barnes qui est promu chef de la sécurité. Alors que la Sénatrice est à la tête de la prochaine élection présidentielle en raison de son souhait d’éliminer la Purge, le gouvernement tentera de s’en débarrasser. Pendant la nuit qui devrait être la dernière Purge, une trahison au sein du gouvernement oblige Barnes et Roan à se mettre à découvert en pleine rue durant la nuit, où ils devront se battre pour leur survie face aux américains et aux touristes qui souhaitent libérer leurs pulsions les plus meurtrières.

Mon avis

Et voici la troisième chronique sur la saga d’American Nightmare. Alors, autant le dire tout de suite, elle ne sera probablement ni très longue ni très analytique comme le furent les deux précédentes. Néanmoins, ce film est le plus politique des trois sortis jusqu’à présent et, sans doute, le plus engagé. Ironie de l’histoire, la sortie de la Purge 3, baptisé Elections a trouvé un curieux parallèle puisque cette même année a vu des élections américaines où le débat n’a pas été des plus élévés, sombrant souvent dans le pugilat et le ridicule pour s’achever avec l’élection prévisible de Trump. Bien que se défendant de toute influence, DeMonaco n’a pu faire taire l’idée que son film s’est nourri de cette ambiance et des personnages pour la réalisation du troisième volet de son univers.

Si ce troisième volet reprend peu ou prou les grandes lignes du second volet en les faisant coller à la survie de Barnes et Roan, la fin fait davantage penser à un pur film d’action où le côté survival semble mis de côté pour se concentrer sur l’élimination de l’équipe de commando chargé de s’occuper de la sénatrice. Néanmoins, le réalisateur, assez maladroitement d’ailleurs, tente d’injecter son message politique et même un message à connotation religieuse où les textes saints sont totalement dévoyés pour servir la cause de la Purge. C’est d’ailleurs là aussi, le même défaut qu’on retrouve dans chacun des American Nightmare : un postulat de base qui propose une idée des plus originales mais est totalement noyé dans un mélange de survival, action et thriller. Les films n’ont jamais su transcender le sujet d’origine et c’est fort regrettable.  Autre chose passé à la trappe alors qu’il y avait un énorme réservoir à idées : les fameux « touristes du meurtre » venant du monde entier pour vivre la Purge. Là aussi, il y avait un potentiel qui se résume à quelques minutes. Regrettable !
Un point positif : des purgeurs de plus en plus stylés avec des mises à mort qui tentent de nous rappeler ce qu’est la Purge (on notera le passage trop court… que dis-je, aussi furtif qu’un chat ninja, de l’utilisation de la guillotine). Mais là aussi, ils sont anecdotiques par rapport finalement au rôle qu’ils ont dans la réalité.

En conclusion, ce American Nightmare 3 : Elections se situe dans la lignée du 2 mais malheureusement, là aussi, il n’arrive pas corriger pleinement ses défauts.

Chronique Films – Hakuouki Dai-isshou Kyoto Ranbu (Danse sanglante à Kyotô) Hakuouki Dai-nishou Shikon Soukyuu (Le firmament des samouraïs)

Type : Film
Année : 2013
Durée : 1er film 95min, 2nd film 87min
Genre : Aventure, romance, harem inversé, samouraï

Résumé

Yukimura Chizuru, une jeune femme venue d’Edo se rend à Kyoto à la recherche de son père disparu. À son arrivée dans la capitale, des rônin la prennent en chasse dès la nuit tombée. Cachée dans une ruelle, elle voit ses assaillants se faire pourfendre par des monstres et finit par s’évanouir. À son réveil, Chizuru se trouve ligotée dans les quartiers du Shinsengumi dont les membres débattent sur les mesures à prendre afin de la faire taire. Alors que son sort semble prendre une mauvaise tournure, elle apprend que la milice est également à la recherche de son père et se propose de les aider. La jeune fille intègre le Shinsengumi en tant que servante et compte bien poursuivre ses recherches à leurs côtés et découvrir quel lourd secret ses nouveaux compagnons semblent cacher…

Mon avis

Chronique réalisée dans le cadre de Movie/Serie/Book Challenge 2017

Pour le challenge lancé par Tinalakiller, je vous propose cette chronique qui correspond à plusieurs défis : Un film d’un réalisateur asiatique et Un film  qui se déroule avant le XXe siècle et un film  d’action/d’aventure.

Après vous avoir chroniqué la version série animée de l’oeuvre Hakuouki, je vous propose cette fois la version cinéma qui est divisée en deux films, chacun reprenant logiquement et grosso modo chacune des deux saisons avec Chizuru (à priori, pas de film prévu concernant le saison Reimeiroku). Néanmins, les films et particulièrement le second complètent la série animée et, notamment, le passé de Chizuru quand elle était toute petite et avant que sa famille ne soit décimée.

Graphiquement, les films bénéficient d’un visuel particulièrement soigné, presque plus que la série qui était elle aussi déjà très travaillée de ce point de vue-là. Le chara-design des garçons qui sont évidemment très très très sexy (surtout Hijikata et Saito, ❤ ❤  Je le répète mais c’est vraiment un crime de dessiner des mecs aussi canons mais qui n’existent pas en vrai !) ne souffrent que peu de défauts (sauf si on est totalement allergique au style manga et/ou au fan-girl service assumé). On pourrait regretter néanmoins que Chizuru porte de nouveau son éternel kimono rose bonbon alors qu’on aurait pu varier son style vestimentaire ou lui faire porter au moins un Yukata un peu plus féminin d’autant que, si dans la version animée, elle devait passer pour un garçon, dans les films, elle est déguisée en servante qui s’occupe des tâches domestiques du quartier général, un petit effort pour varier les vêtements n’auraient pas été de trop. Il est aussi un peu regrettable qu’on n’ait pas non plus eu l’occasion de la voir en version de Geiko où, il faut le dire, elle est particulièrement belle.

 Le soundtrack lui aussi n’a pas à rougir de sa version série. Les musiques de combat ont même un peu plus de punch que leurs aînées. Les chansons sont aussi chantées aussi par Aika Yoshioka qui a fait les openings des différentes saisons et, pour de la chanson pop, elles sont vraiment très belles et nostalgiques.

Concernant l’histoire, certains passages ont été réarrangés, notamment avec Chizuru qui est à chaque fois à deux doigts de nous dévoiler sa forme d’Oni (contrairement à l’anime qui a été plutôt avare sur cette partie d’elle-même et qui est, quelque part, la cause de l’inimité entre Hijikata et Kazama). On peut même souligner qu’elle possède bien plus qu’un simple pouvoir de régénération mais à ce sujet, il ne s’agit que d’hypothèses. De plus, le second film nous dévoile les lieux de la prime enfance de l’héroïne et change son père adoptif en un être avide de pouvoir, fier d’avoir berné à la fois la famille Yukimura mais aussi Chizuru elle-même. Et c’est un point qu’il est intéressant de relever.

L’histoire reste bien plus sombre que la version animée où les nombreux passages comiques ont été éludés. Le côté historique en revanche est bien plus respecté et mis en avant que l’animé (malgré les éléments fantastiques comme l’eau de Jouvance qui permet de ne pas faire vraiment mourir, ou de façon différente de la réalité, certains des personnages comme Heisuke ou Okita qui meurt au combat et non dans un hôpital dû à sa tuberculose.).

En conclusion, pour moi, les films de Hakuouki complètent la version série TV et peuvent être un bon moyen pour aborder cette oeuvre qui, n’oublions-le pas, est à l’origine un jeu vidéo.

Chronique film(OAV) – Ghost in the Shell : Solid State Society

Type : film d’animation (anime OAV)
Année : 2006
Durée : 105 minutes

Résumé

En 2034, cela fait deux ans que le major Motoko Kusanagi a quitté la section 9 et travaille à son compte, suite aux évènements survenus lors de la saison deux de Ghost in the Shell: Stand Alone Complex. Togusa (en) est devenu le leader d’une équipe agrandie, toujours sous la tutelle d’Aramaki.

Cette nouvelle section 9 est confrontée à une série de suicides inexpliqués parmi les membres d’une junte militaire menaçant d’accomplir des actes terroristes dans le pays pour faire obstacle à un projet de loi du premier ministre. Leur enquête révèle bientôt l’implication d’un mystérieux hacker surnommé le Marionnettiste.

Alors que Batou suit une piste, il croise le major qui lui conseille de se tenir à l’écart du Solid State. De son côté, la section 9 découvre bientôt qu’un grand nombre d’enfants auraient été enlevés dans un but inconnu.

Mon avis

Chronique rédigée dans le cadre du Movie/Serie/Livre Challenge.

Pour le challenge lancé par Tinalakille, je vous propose cette chronique Un film/série d’animation à savoir Ghost in the Shell : Solid State Society.

Le chef d’oeuvre de Masamune Shirow, Ghost in the Shell, a été décliné par moult films d’animation, série animée, OAV et même, prochainement, un film live qui sort le 29 mars prochain (et évidemment, une grosse angoisse pour une puriste de l’oeuvre comme moi) et aujourd’hui, je vais vous chroniquer l’un de ces OAVs qui fait suite aux deux saisons Stand Alone Complex.

Autant le dire tout de suite, cet OAV est une vraie réussite et une perle qui n’a pas à rougir des films comme le premier GitS ou Gits Innocence. L’OAV ouvre une réflexion profonde à travers son intrigue et qui est au coeur des inquiétudes actuelles au Japon (et aussi, finalement de nos sociétés occidentales) à savoir la chute démographique, le vieillessement de la population et une immigration en masse mal perçue dans une  société où la tentation et la montée des nationalismes et du repli soi n’a jamais été aussi forte. L’idée du Solid State, une sorte de système fédérateur autonome qui trie les enfants en souffrance pour les « associer » à des personnes âgées en mal d’héritiers, peut nous sembler inconcevable mais peut-être pas si irréaliste que ça. De plus, la question sous-jacente que l’on retrouve en fil rouge dans tous les GitS est évidemment la question de la relation homme-internet et le résultat de ce vaste réseau qui serait un inconscient collectif, question qui trouve un curieux écho dans nos sociétés ultra-connectées et qui remettrait en cause beaucoup de nos fondamentaux et même de l’éthique actuelle qui régit le domaine des nouvelles technologie et limite le transhumanisne à un fantasme pour les uns, vision de cauchemar pour les autres. En effet, la cybernétisation qui, à mon avis, sera la prochaine mutation de l’évolution humaine, pose de nombreuses interrogations, éthiques d’une part et morales  d’autre part. A l’heure où, en France, on se pose (trop tard) la question de la puissance des algorithmes, qui nous montre le retard, devrais-je dire, le dépassement complet des gouverments face à ces nouvelles technologies, les technologies de GitS (et d’autres d’ailleurs que l’on retrouve pas exemple dans Lain) ne semblent plus si lointaines.

Mais, comme toujours avec GitS, aucune réponse claire n’est fournie à ces question, c’est au téléspectateur d’y réfléchir et de trouver ses propres réponses.

En conclusion, pris seul, GitS : Solid State Society pourrait être difficile à appréhender sans connaître l’univers d’origine. Mais pour les autres, une vraie perle de culture cyberpunk.

Chronique Anime – Hakuouki Shinsengumi Kitan (saison 1)

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Type : Anime (série)
Année : 2010
Durée : 12 épisodes de 25 min
Genre : Aventure, romance, harem inversé, samouraï

Résumé

Yukimura Chizuru est la fille d’un docteur qui travaille à Edo, Yukimura Kōdō. Un jour, le père part d’Edo, sans sa fille, afin de travailler en tant que médecin volontaire à Kyoto. N’ayant plus de nouvelles depuis un mois, elle décide de se déguiser en garçon et d’aller à Kyoto. Là-bas, pendant la nuit, elle se fait attaquer par des voleurs, ensuite tués par d’étranges guerriers aux cheveux blancs et aux yeux rouges portant les couleurs du Shinsengumi, les Rasetsu (démons sanguinaires originaires du folklore indien). Ceux-ci, devenus fous, attaquent Chizuru, mais elle est sauvée par trois samouraïs appartenant au Shinsen gumi, une force de police spéciale composée de rônin et de samouraïs de faible rang social, mais tous jeunes idéalistes et guerriers talentueux ; ils sont chargés par le seigneur d’Aizu et l’Empereur de patrouiller dans les rues de la capitale pour protéger la population des troubles causés par les samouraïs du fief de Choshu et les bandits qui abondent dans les rues. Chizuru se fait enlever, bâillonner et attacher par Okita Sōji la séquestrant dans une chambre du Shinsengumi, ils menacent de la tuer, croyant que Chizuru est un garçon. Elle donne vite son identité et il se trouve qu’ils recherchent la même personne. Ils décident donc de la protéger et de l’aider à retrouver son père. Elle se liera par la suite d’amitié avec eux bien que leur relation ait mal commencé.

Mon avis

Chronique réalisée dans le cadre de Movie/Serie/Book Challenge 2017

Pour le challenge lancé par Tinalakille, je vous propose cette chronique qui correspond à deux défis : Un film/série/livre d’un réalisateur/écrivain asiatique et Un film/série/livre qui se déroule avant le XXe siècle.

Cela faisait longtemps que j’avais envie de partager sur le blog un de mes animes préférés, à savoir Hakuouki Shisengumi Kitan. Cette oeuvre a d’abord été à l’origine un jeu vidéo de type simulation et jeu de drague que, malheureusement, je n’ai pas pu tester (il n’est pas disponible en France et je n’ai pas de console) qui s’est vu adapté en série animée de trois saisons : celle de la chronique, Hakuouki Hekkesturoku, Hakuouki Reimeiroku et une série d’OAV Hakuouki Sekkaroku dont chaque OAV se concentre sur un personnage en particulier de la série.

Se basant sur une période cruciale de l’histoire du Japon, appelé le Bakumastu ou les derniers feux du Shogunat qui marqua près de deux cent ans de règne absolu sur le Japon, de son isolationnisme part rapport au reste du monde et où l’empereur n’avait qu’un rôle anecdotique, Hakuouki relate l’histoire réelle du Shinsengumi, milice au service du Shogun, basée à Kyoto, alors capitale impériale, et composée de ronin ou samouraïs sans maître. Le Shinsengumi est surtout célèbre pour son respect strict du code du guerrier, le Bushido qui obligeait automatiquement le seppuku lorsqu’un samouraï manque au respect des règles édictées par le Shinsengumi.

Cet anime qui, se basant sur l’histoire de cette terrible milice (on disait que le sang n’a jamais cessé de marquer les rues de la ville), introduit également des éléments fantastiques issus du folklore nippons comme les Oni (démon) mais aussi des références à l’Occident avec l’eau de Jouvence. Cela permet de rajouter un côté mystérieux à une ambiance nostalgique d’une époque révolue et qui, encore, aujourd’hui semble faire rêver et dont la fascination est source de créativité pour nombre de mangakas ou réalisateurs nippons.

Cet anime possède de solides arguments avec un graphisme soigné, une bande son vraiment très agréable. Les personnages, y compris Chizuru, sont attachants. Les créateurs ont su rendre le côté charismatique qui caractérisait le personnage de Hijikata.

D’un point de vue de la fanficqueuse que j’étais, Hakuouki a été une vraie source d’inspiration et pour laquelle j’avais créé une OC et d’ailleurs, encore aujourd’hui, me fournit nombre d’idées d’écriture.

En conclusion, cette première saison est une saison agréable à regarder et permet de se plonger dans une période trouble de l’histoire du Japon.